Conflits d’intérêts au GIEC : comment l’Arabie saoudite et Aramco ont infiltré le prochain rapport
Por Simon Guichard — L'Humanité
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Employés par le géant pétrolier Saudi Aramco, des institutions et des entreprises saoudiennes, 11 auteurs du prochain rapport du groupe d’experts sur le climat sont en situation de conflits d’intérêts impliquant Riyad. Ces cas révélés par l’Humanité et ses partenaires, dont le quotidien britannique The Guardian, illustrent l’infiltration profonde des intérêts du royaume wahhabite au sein de l’organisation intergouvernementale. Au risque de ternir son intégrité scientifique.
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Pour avancer masqué, rien de tel que prétendre n’avoir rien à cacher. Pour son premier jour au sein du Groupe international d’experts sur le climat (Giec), à Édimbourg (Écosse) en avril 2019, la chercheuse suisse Julia Steinberger a pu vérifier l’adage au plus près. « Je ne connaissais personne. Je m’assois à la première table libre et je me présente. L’homme en face de moi me répond : « Bonjour, je m’appelle Mustafa Babiker et je travaille chez Saudi Aramco. » »
L’entreprise saoudienne, première compagnie pétrolière mondiale, est aussi la plus polluante de l’histoire. Elle joue un rôle majeur dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.
« Je lui ai demandé si ce n’était pas un conflit d’intérêts », se souvient Julia Steinberger. Babiker assure avoir dûment déclaré sa situation au comité du Giec chargé de lutter contre les conflits d’intérêts. « Cela ne m’a pas semblé être une réponse très convaincante », se remémore-t-elle
Auteur du Giec depuis le début des années 2000, Mustafa Babiker a rejoint Saudi Aramco en 2006. L’an dernier, il a été nommé au sein du groupe de travail 3, chargé d’étudier l’atténuation du changement climatique, comme auteur principal et coordinateur du chapitre dédié à l’analyse des politiques publiques dans le cadre du septième rapport du Giec (AR7, commencé en juillet 2023).
Cette nomination avait suscité une rare polémique dans le milieu très feutré de la science climatique, tant le contenu du chapitre a d’implications sur l’activité de son employeur. Contacté, celui-ci n’a pas donné suite à nos questions.
Le cas de Mustafa Babiker est pourtant loin d’être isolé au sein du groupe 3 du Giec, comme…
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Fonte: L'Humanité