Titres de séjour : 200 élus des Hauts-de-Seine exigent que le préfet Brugère cesse sa « fabrique à sans papiers »

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Por Simon GuichardL'Humanité

Alors que renouveler son titre de séjour à la préfecture des Hauts-de-Seine est toujours un calvaire pour les étrangers en situation régulière, une lettre ouverte signée par plus de 200 élus du département et une vingtaine d’associations enjoint le préfet Alexandre Brugère à faire cesser la « fabrique à sans papiers » à Nanterre.

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Publié le 21 septembre 2026

Publié le 21 septembre 2026

Simon Guichard

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Depuis sa prise de fonction fin 2024, la situation s’est durablement dégradée pour les étrangers du département.
© Thomas SAMSON / AFP

La pression s’intensifie sur le préfet des Hauts-de-Seine. Ce lundi, Alexandre Brugère s’est vu remettre une lettre ouverte signée par plus de 200 élus locaux de gauche du département et une vingtaine d’associations.

Les signataires de la missive, rédigée à l’initiative de la section départementale du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et consultée par l’Humanité, l’exhortent à mettre fin au blocage de sa préfecture pour renouveler les titres de séjour des étrangers en situation légale dans le département.

Depuis fin 2024 et la prise de fonction de l’ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin et actuel suppléant d’une députée macroniste à Nanterre, la situation s’est durablement dégradée pour les étrangers du département. À tel point qu’entre mai 2025 et mai 2026, le tribunal administratif de Pontoise a tranché 2 054 fois contre les services d’Alexandre Brugère, soit 158 décisions par mois.

Le préfet mis au pied du mur

Élus et associations dénoncent par ailleurs la communication du préfet, suite à l’action de groupe en cessation de manquement le visant, révélée par l’Humanité. Cette innovation juridique permet de prouver des dysfonctionnements systémiques et de forcer l’État à les faire cesser.

Alexandre Brugère avait choisi de réagir dans la presse de droite et d’extrême droite (Le Figaro et Europe 1, NDLR) pour se défendre, « assumant » de violer la loi et dissertant longuement sur les étrangers en situation irrégulière, au lieu de répondre sur le fond, à savoir l’impossibilité de faire renouveler son titre de séjour pour les étrangers en situation légale sur le territoire.

« En parlant d’admission exceptionnelle au séjour et de régularisations quand la question posée est celle des renouvellements de titre de séjour de celles et ceux qui en ont déjà, vous prenez le risque de laisser à penser que les étrangers en situation régulière n’ont pas plus de droits que celles et ceux qui sont en situation irrégulière », affirment les signataires.

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Alexandre Brugère, préfet des Hauts-de-Seine, fait l’objet d’une plainte déposée par l’association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), en raison des dysfonctionnements de sa préfecture en matière de renouvellement de titres de séjour. | Source: © Gregoire CAMPIONE/REA

Accusé d’empêcher les renouvellements de titres de séjour, le préfet des Hauts-de-Seine visé par une plainte


Les cinq revendications des signataires

La lettre formule aussi cinq revendications : maintenir l’effort enclenché par les services pour réduire les durées de traitement des renouvellements de titre et généraliser ces efforts aux autres démarches, « notamment celles qui concernent les titres de séjour ‘’vie privée et familiale’’ et les cartes de résident » ; rétablir un accueil physique en préfecture ; informer les étrangers dont le renouvellement de titres est bloqué au motif du « trouble à l’ordre public » ; permettre des régularisations par l’admission exceptionnelle au séjour (AES), actuellement réduites à peau de chagrin et accélérer la délivrance de titres pour les jeunes étrangers pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

Pour le député LFI des Hauts-de-Seine, Aurélien Saintoul, « le gouvernement porte une lourde responsabilité en organisant la pénurie dans les préfectures. Mais le préfet des Hauts-de-Seine pousse cette politique à l’extrême et revendique des pratiques dont nous contestons la légalité, estime l’élu signataire. L’initiative de RESF doit permettre de les mettre en lumière et d’amplifier la mobilisation pour y mettre un terme. »

En attendant, des centaines d’étrangers en situation régulière sont toujours privées de droits, faute de renouvellement de leurs titres de séjour dans les Hauts-de-Seine.

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Titres de séjour : 200 élus des Hauts-de-Seine exigent que le préfet Brugère cesse sa « fabrique à sans papiers »

Fonte: L'Humanité

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