Un membre du service d’ordre de la CGT blessé au visage par une grenade de désencerclement
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19h15
À Rouen, pendant que les camions klaxonnent depuis le pont, les lycéens lèvent le poing. Après une semaine passée émaillée de casses et de violences policières ayant entraîné plus de 33 interpellations, Brune élève au lycée Corneille, se réjouit que la manifestation soit pacifique. « Je suis dans un lycée du centre-ville plutôt privilégié, reconnaît-elle, mais nous avons comme les autres la pression de Parcours sup ». Marina, prof de sociologie à l’université, syndiquée à la FSU, qui a participé le matin même au blocage de ce lycée remarque que l’université prolonge ce sentiment d’avenir précaire : « Non seulement la sélection est plus forte pour y entrer mais le manque de moyens est tout aussi important que dans le secondaire » déplore-t-elle.
La manifestation a réuni plus de 4000 personnes, les nombreux lycéens étaient mêlés aux parents, aux profs, mais aussi aux militants syndicaux, pour dénoncer à la fois la répression policière et l’immobilisme coupable du gouvernement.
« Lundi, en voulant aller bloquer un établissement, j’ai été ciblée au faciès et fouillée par la police. On m’a touché les parties intimes », explique une élève du lycée Jeanne d’Arc encore choquée. « Ça me rassure de savoir que des adultes nous protègent aujourd’hui ». Sa camarade, Rachel, embraie : « C’est malheureux de devoir hausser le ton pour que Macron nous entende, mais on ne peut pas continuer à travailler en étant jusqu’à 37 personnes par classe… »
En voyant la rue noire de monde, Reynald Ponty, représentant syndical CGT chez Renault Cléon, en charge du service d’ordre, se souvient des mobilisations monstres de son adolescence contre la loi Devaquet (visant à réformer les universités en 1986-NDLR) : « Aujourd’hui, on a du mal à faire sortir les ouvriers alors que nos conditions de travail n’ont jamais été aussi dégradées. C’est beau de voir cette jeunesse qui se soulève, on espère que ça va redynamiser tout le monde. »
19h11
L’Union régionale Ile-de-France (URIF) CGT fait savoir à l’Humanité qu’un militant, membre du service d’ordre de la manifestation parisienne, a été touché à l’arcade sourcilière, suite à un tir de grenade de désencerclement.
« Le cortège syndical a subi plusieurs provocations. Les policiers ont notamment tenté de couper le carré de tête de la manifestation lycéenne et étudiante, note Vincent Gautheron, secrétaire général de l’Urif CGT. Peut être ont ils été gênés par la forte mobilisation des organisations syndicales qui ont contribué à la réussite de ce 6 octobre ».
Dans la manifestation parisienne, des militants syndicaux venus principalement de la CGT, mais aussi de la FSU, CFDT et Solidaires ont formé une chaîne humaine autour des cortèges d’organisation de jeunesse. Derrière la banderole de tête, aucune violence n’était à signaler.
18h41
Le policier auteur du tir de lance-grenade qui a fracturé la mâchoire d’Eden, 14 ans, à Saint-Ouen-l’Aumône la semaine dernière en marge du mouvement lycéen, a été mis en examen ce mardi 6 octobre pour violences, a indiqué le procureur de Pontoise.
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Une information judiciaire pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », a été ouverte, passible en théorie de 15 ans de réclusion criminelle.
18h37
Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale pour dénoncer « une réponse sécuritaire totalement disproportionnée ». Les 30 000 premiers signataires y demandent « l’interdiction des gestes d’immobilisation à risque d’asphyxie : plaquage ventral (maintien au sol sur le ventre avec compression thoracique), clés d’étranglement (prises au cou bloquant la respiration ou la circulation sanguine), pliage corporel (compression du buste vers les genoux) ».
Ils réclament également « le retrait des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement » et « les pistolets à impulsion électrique (Taser) ».
Le lien de la pétition : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-7231.
18h28
Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Une adolescente de 14 ans a été interpellée à Metz ce lundi 5 octobre. Le policier procédant à son arrestation semble caresser les cheveux et la poitrine de l’élève.
L’IGPN, saisie le jour même, a interrogé la jeune fille. Celle-ci a « réfuté tout acte de violence et tout acte d’agression sexuelle sur sa personne dans le cadre de son interpellation », selon le parquet. Son représentant légal, présent à ses côtés, n’a pas souhaité porter plainte.
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L’enquête, qui « porte sur les conditions de l’interpellation de la jeune fille et est destinée à établir l’existence ou non d’actes relevant d’une agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans », est cependant toujours en cours.
Le fonctionnaire mis en cause a quant à lui déposé plainte pour diffamation. Les investigations « se poursuivent » également pour « identifier l’auteur de la diffusion de la vidéo », a affirmé le procureur de la République David Touvet.
17h48
Réaction plutôt inattendue sur le mouvement de la jeunesse française : celle de Donald Trump. Le président états-unien a jugé, sur son réseau Truth social, que « Ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s’agit pas des écoles, il s’agit de l’islam qui veut s’emparer d’un pays autrefois grand ! », a-t-il écrit. Encore une brillante analyse – hélas parfois partagée en France – du milliardaire méchu…
Plusieurs centaines de milliers de personnes, lycéens mais aussi parents, professeurs et syndicalistes, ont manifesté ce mardi dans plusieurs villes de France. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France. Environ un quart des lycées du pays étaient bloqués ce mardi.
L’Union étudiante, la Fage et l’Union syndicale lycéenne appellent à une nouvelle mobilisation ce jeudi 8 octobre. « On va continuer à bloquer tant qu’il n’y a pas 10 milliards d’euros sur la table, prévient Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, première organisation étudiante. C’est le chiffrage qu’on a retenu pour les dix mesures d’urgence », publiées sur une plateforme commune aux lycéens et aux étudiants le 5 octobre.
Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.
Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.
La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.
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Fonte: L'Humanité