Mobilisation lycéenne : ce que la république doit à sa jeunesse

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Por un collectif de professeurs d'histoire, de littérature et de philosophie — Libération

La colère des élèves à laquelle s’associent les professeurs ne réclame ni escouade ni de vagues promesses. L’Etat doit renoncer au tout policier et rendre à l’Ecole et à l’Université les moyens de leur mission, demande un collectif de professeurs.

Le 29 mai 1968, alors que les grèves et manifestations atteignaient leur paroxysme et que le pouvoir se sentait plus menacé que jamais, le préfet de police Maurice Grimaud écrivait à ses agents : «Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière.» Un demi-siècle plus tard, cette recommandation républicaine sonne comme une langue qu’on aurait cessé d’enseigner. Que le ministre de l’Intérieur assume de ne donner «aucune consigne de retenue» sur l’usage des armes intermédiaires, et c’est une autre grammaire qui s’énonce : celle d’une force qui ne songe plus à se justifier, qui ne connaît plus de limites.

Tout est parti, le 21 septembre, d’une cour de lycée à Créteil : 1 500 élèves, mais pas d’infirmière ni de proviseur adjoint, des cours qui n’étaient pas assurés. Des lycéens, bientôt rejoints par des étudiants, ont dit leur lassitude : des murs qui s’effritent, des classes pleines à craquer, des professeurs absents que nul ne remplace, un contrôle continu et une plateforme d’orientation qui ont fait de l’adolescence un long conco

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Fonte: Libération

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