Mobilisation devant le tribunal de Bobigny

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Après les violences du 17 octobre, le gouvernement multiplie les accusations contre l’ « ultragauche », La France insoumise et plus généralement le mouvement social dans son ensemble pour éviter d’interroger sa propre responsabilité. Quitte à mentir pour discréditer toute opposition.

Une analyse à retrouver dans vos kiosques à journaux aujourd’hui et sur le site de l’Humanité :

Répression, accusations contre LFI, instrumentalisation de la police : les mensonges d’État sur le 17 octobre

12h01

« Ce qu’il s’est passé samedi dernier dans plusieurs villes du pays est inacceptable », a déclaré à la presse Emmanuel Macron à Doha, au Qatar, à l’issue de sa tournée de trois jours dans le Golfe destinée notamment à sécuriser des approvisionnements en carburant. « J’ai constaté ce qui s’était passé, j’ai demandé des clarifications et j’ai donné une feuille de route. »

Le président de la République appelle à la plus grande « fermeté ». Pour lui, les gens qui veulent semer le désordre dans les centres-villes samedi prochain, seront interdits de le faire. « En démocratie, il n’y a rien qui justifie la violence », poursuit-il. Le chef de l’Etat a également annoncé une réunion avec les services de renseignement sur le week-end passé et l’anticipation de mobilisations.

11h30

Ce mercredi 21 octobre, le parvis du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) est comble. 25 adolescents, dont deux du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, sont déférés devant le juge des enfants après 46 heures de garde à vue. « Cette décision est la preuve d’un acharnement que subissent nos jeunes depuis le début du mouvement », déplorent les personnels de Paul-Éluard dans un communiqué.

Entourée de ses collègues, une enseignante de ce lycée de Seine-Saint-Denis est venue soutenir ces jeunes. « Après de longues heures de garde à vue, les mineurs se sont retrouvés à dormir au dépôt du tribunal cette nuit. Nous sommes indignés », martèle-t-elle. Pour Alexis Durey, surveillant, dénonce une vendetta policière. « Nos élèves se font pourchasser jusqu’à leur détention. Pour exiger la fin de Parcoursup ou du 8h-18h, ces enfants subissent des coups de matraque, ils sont plaqués au sol et finissent fichés, égrène-t-il. La police cherche à semer la terreur ».

La porte-parole de Révolution permanente, Elsa Marcel, dénonce elle aussi la violence des autorités lors des interpellations. Un adolescente a notamment été percuté par une voiture de police. « La BAC lui aurait délibérément foncé dessus. Couverte de bleus, la victime aurait aussi été insultée à de nombreuses reprises. C’est comme cela que l’on traite un enfant ? », tempête-t-elle. Une autre jeune fille lui a aussi rapporté qu’elle aurait été menottée brutalement dans le dos et allongée face contre terre au beau milieu de gaz lacrymogène. « Ces enfants ont eu peur pour leur vie », ajoute Elsa Marcel.

10h30

10 h 30 sonne. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, démarre sa réunion avec les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA et FSU), policiers et gendarmes ainsi que David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale et Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur.

10h25

Quatre jours après les dégradations et pillages du 17 octobre, Serge Papin, ministre du Commerce, souhaite rassurer les commerçants lors de la prochaine manifestation, prévue le 24 octobre. « Ceux qui nous écoutent peuvent avoir confiance dans le rétablissement de l’ordre », a-t-il lancé ce matin sur BFM Business.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que le maintien de l’ordre pour samedi changerait d’échelle par rapport au 17 octobre, en termes de moyens et de forces, mais aussi en termes de réactivité et de mobilité. De son côté, le premier ministre, Sébastien Lecornu a promis un dispositif policier « massif ». Les violences policières seront-elles, elles aussi, massives ? C’est du moins ce que laisse indirectement comprendre le gouvernement…

« C’est moi qui serai aux commandes et comptez sur ma fermeté » : Laurent Nuñez veut déployer la BRI, le GIGN, le RAID et l’armée le 24 octobre

10h15
Témoignage

« Je me suis pris un coup de matraque, ou de bouclier, dans le sein gauche. » Traînée par terre par les cheveux, Amandine a été victime de violences policières ce 17 octobre au Mans, elle livre son témoignage à l’Humanité.

Blessée par un coup au sein gauche : le témoignage d’une victime de violences policières

Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.

Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que quatre nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.

L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche les boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.

Dans un communiqué, la CGT a dénoncé « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé·es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a estimé, mardi sur France Inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.

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Fonte: L'Humanité

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