Mediapart révèle que le gouvernement fait pression sur les services de police pour imputer les violences du 17 octobre à LFI
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10h50
L’acte II est en marche. « Nous étions 800 000 le 17 octobre. Le 24, on continue », a annoncé l’Unef sur ses réseaux sociaux. Les principales organisations étudiantes ont appelé ce lundi 19 octobre à manifester à nouveau le samedi 24 octobre pour réclamer une amélioration des conditions d’études de la jeunesse. L’Union Étudiante, l’Unef, la Fage et la Coordination nationale lycéenne ont pour le moment répondu présent.
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Cette annonce intervient au lendemain de l’allocution du président Emmanuel Macron qui s’est exprimé « sans apporter la moindre réponse à nos revendications », dénonce sur X L’union étudiante. « Pas un mot sur les bourses, le logement, la restauration, la santé étudiante ou l’accès aux études », écrit le syndicat.
10h45
Quatre jours après l’incendie qui a ravagé l’Hôtel de ville de Limoges (Haute-Vienne), lors de la mobilisation du 17 octobre, le principal suspect vient d’être interpellé par le Raid de Bordeaux, ce mardi 20 octobre. Il s’agirait d’un homme de 40 ans. Selon la procureure de la République de Limoges, le suspect serait « un activiste d’ultragauche, déjà fiché S », connu des services de police pour des faits de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique.
10h29
Après les violences du 17 octobre, le gouvernement entend s’attaquer aux prestations sociales des personnes impliquées. Gérald Darmanin et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, préparent une circulaire visant à intégrer les revenus issus d’activités illégales dans le calcul des aides. « Casseurs, pilleurs, voleurs : les prestations sociales, c’est terminé ! », a lancé ce dernier.
Concrètement, les informations seraient transmises au fisc et aux organismes sociaux, notamment aux CAF. La valeur des biens volés serait alors assimilée à un revenu illégal et pourrait entraîner une diminution, voire la perte, de certaines prestations, a expliqué mardi sur RTL Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice.
Une nouvelle offensive contre les aides sociales qui s’inscrit dans une logique défendue de longue date par l’extrême droite. Quelques mois plus tôt, le RN avait salué comme une « victoire idéologique » une proposition similaire portée par la droite. En juin, après les dégradations suivant la victoire du PSG en Ligue des champions, Sébastien Lecornu avait à son tour annoncé un projet permettant de saisir certaines APL et prestations familiales. Avec cette nouvelle circulaire, l’exécutif poursuit dans cette voie.
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10h20
« Ce qu’un gouvernement responsable devrait faire pour sortir de la crise » : le moins que l’on puisse dire, c’est que les députés écologistes n’y vont pas par quatre chemins. Trois jours après les manifestations massives et les très importants débordements qu’a connus le pays, le groupe présidé par Cyrielle Chatelain fait 13 propositions : sur le maintien de l’ordre, sur la mobilisation de la jeunesse et la vie chère.
« Organiser le dialogue », « démilitariser le maintien de l’ordre », « une riposte adaptée et proportionnée », « fin de l’usage de la force indiscriminé »… Sur la question sécuritaire, difficile de demander autre chose, mais les propositions sont, pour certaines, plus de l’ordre du slogan que de l’application concrète. À ce sujet, Cyrielle Chatelain, très ferme tout au long de la conférence de presse donnée ce mardi matin, refuse de considérer comme un succès la nuit calme qui a succédé à l’instauration d’un couvre-feu dans plusieurs villes de France : « C’est un échec cuisant de la part du gouvernement d’en arriver à avoir des hélicos qui tournent au-dessus de Paris et de restreindre les droits pour arriver à endiguer une situation non anticipée et en partie générée par la posture du gouvernement. »
Pour « répondre en profondeur à la crise sociale », les députés écologistes proposent, pour le coup nettement plus concrètement, l’abrogation de Parcoursup, le recrutement dès cette année de 5 000 encadrants et enseignants, 5,2 milliards d’euros « dès ce budget » pour la rénovation du bâti scolaire. Sur la vie chère, le groupe veut « imposer 100 aliments sains à prix coûtant et bloquer les marges de la grande distribution en outre-mer », dégeler les APL, encadrer les loyers, renforcer le leasing social des voitures électriques, taxer les superprofits pétroliers tout en bloquant les marges de raffinage et de distribution des carburants.
10h08
Malgré la mobilisation des lycéens, le gouvernement ne compte pas céder sur Parcoursup. Alors que la suppression de la plateforme figure parmi les principales revendications du mouvement, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a martelé ce 20 octobre qu’il n’était « pas question » de l’abolir. Il se dit toutefois prêt à des « évolutions profondes », notamment pour améliorer la lisibilité des formations et la transparence du dispositif.
À quelques jours de nouvelles mobilisations des lycéens et étudiants, jeudi 22 et samedi 24 octobre, le ministre a qualifié de « démagogie chimiquement pure » les propositions de suppression de Parcoursup, estimant qu’elles revenaient à « prendre les lycéens pour des imbéciles ».
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09h55
Selon une information de TF1 et LCI, Sébastien Lecornu recevra, ce jeudi 22 octobre à 14 h 30, les représentants des partis politiques à la demande d’Emmanuel Macron. Pour l’heure, le gouvernement n’a pas confirmé la liste des présents. Du côté de l’extrême droite, Jordan Bardella et Marine Le Pen y enverront des représentants, tandis qu’Éric Ciotti a décliné l’invitation.
Depuis le 17 octobre qui a réuni 800 000 manifestants partout en France et la vague de violences et de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux est mise en œuvre tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.
Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que 4 nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
Dans un communiqué, la CGT a dénoncé hier « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé· es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a également estimé, ce mardi sur France inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.
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Fonte: L'Humanité