Les premiers cortèges s’élancent, 90 % des universités « bloquées » ou « fermées » selon l’Union étudiante
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12h46
Des lycéens ainsi que des étudiants de Paris 1, à la gare de Lyon ce matin pour faire connaître leur revendications.
12h44
Ce matin encore, le lycée Douanier Rousseau, l’un des trois lycées de Laval, était bloqué. Au pic de la mobilisation, jusqu’à 200 personnes étaient rassemblées devant l’établissement. Parmi elles, Julie, 17 ans, venue avec ses amis.
« Nous sommes dans une zone rurale. Il y a un internat dans notre lycée. La semaine dernière, on a reçu un mail de la direction disant aux internes que, s’ils participaient au blocus, ils ne pourraient plus dormir à l’internat. Les empêcher d’exprimer leurs revendications, c’est injuste. Ça veut dire que les élèves qui habitent loin et qui ne peuvent pas se loger à Laval ne peuvent pas venir au blocus ou en manif. Du coup, on s’est organisés pour essayer de les accueillir chez nous, pour qu’ils puissent dormir quelque part et se rendre au blocus. »
12h04
Les premiers cortèges du cinquième acte du mouvement lycéen et étudiant ont commencé à s’élancer ce mardi. À Saint-Étienne, plusieurs centaines de manifestants défilent depuis 11 heures. Des cortèges sont également partis à Nantes et à Saint-Nazaire. À Pau, environ un millier de lycéens, étudiants et représentants syndicaux se sont rassemblés devant la préfecture.
La mobilisation se poursuit également dans les universités. Selon l’Union étudiante, 90 % d’entre elles seraient « bloquées » ou « fermées » ce mardi.
11h37
Devant le lycée Claude-Monet, dans le 13e arrondissement de Paris, une bande de lycéens est assise sur un canapé bleu en velours, style faux Empire. « On est là contre Parcoursup. C’est un algorithme qui choisit notre vie et qui décide si on entre à l’université ou pas, alors que l’éducation, c’est un droit », explique Shadé, élève de seconde.
« Nous sommes aussi là en soutien aux lycées de banlieue. On nous parle de méritocratie, mais en réalité, ils n’ont pas de bonnes conditions pour étudier », renchérit Dalia. Serge, représentant des parents d’élèves et membre de la FCPE, est présent pour veiller au bon déroulement de la mobilisation : « Ce sont les élèves qui choisissent leur forme de mobilisation. Ils nous ont montré qu’ils sont solides sur leurs bases, qu’ils sont structurés. On n’a vraiment pas de leçon à leur donner. »
Ici, les lycéens n’ont pas directement fait l’expérience de violences policières, les forces de l’ordre étant restées à distance lors des précédents rassemblements. « Je savais que ça existait, mais je ne pensais pas que c’était à ce point-là », confie Dalia. « Je ne suis pas victime, mais je suis solidaire. Ça s’appelle de l’empathie, c’est la base. »
11h32
Sur le parvis de l’université de Nanterre, des « sans-fac » ont rejoint les étudiants mobilisés. Quyaine, 24 ans, s’est retrouvé sans master : « Je me répétais que c’était de ma faute, que je n’avais pas assez révisé. En discutant avec des membres du collectif sans-fac, je me suis rendu compte que les plateformes Mon Master et Parcoursup sont hypersélectives. »
À ses côtés, Héloïse, 35 ans et mère de deux enfants, espérait une reconversion professionnelle. En vain, à cause de Parcoursup. « Je me suis retrouvée sur des listes d’attente partout. Je n’ai eu aucune proposition. » Elle dénonce « un tri social » : « Nous, sans-fac, on vient tous des mêmes endroits. On est soit issus de l’immigration, soit on vient des banlieues. Moi, je viens du 93. »
Gabriella, lycéenne à Jeanne-d’Albret, à Saint-Germain-en-Laye, est elle aussi venue se mobiliser à Nanterre. « Cette convergence des luttes doit perdurer après les vacances scolaires. Leurs combats, c’est juste la suite logique des nôtres, c’est la même galère. » Elle souligne l’aide concrète des étudiants : « Ils nous prêtent des salles, nous impriment des tracts, nous filent du matériel. Ils nous apprennent à nous structurer et à manifester efficacement. »
Les étudiants face à la machine à trier de Parcoursup et mon Master
11h23
Des affrontements ont éclaté vers 7 heures ce mardi matin au centre Assas, à Paris, autour du blocus de l’établissement. Selon plusieurs vidéos filmées sur place, un groupe d’individus, pour la plupart cagoulés et vêtus de noir, a tenté de forcer le blocage et lancé des projectiles en direction des étudiants mobilisés.
Certains de ces individus sont présentés comme proches du GUD, groupuscule d’extrême droite. À ce stade, leur éventuelle affiliation à l’organisation n’a toutefois pas pu être confirmée de manière indépendante.
Le blocus a depuis été levé. Dans un mail adressé aux étudiants, la présidence de l’université a indiqué que les cours se dérouleraient à distance ce mardi.
Tensions et affrontements devant la faculté d’Assas: un étudiant blessé ce matin après des tirs de projectiles pic.twitter.com/JlkSj7Fva8
Les organisations lycéennes et étudiantes, pas convaincues par « les miettes » lâchées par le gouvernement, appellent ce mardi à un acte V de la mobilisation lancée en septembre pour obtenir des conditions d’études dignes. Fin de Parcoursup, des horaires à rallonges, des bâtiments insalubres, des profs non remplacés… un plan en 10 mesures et à 10 milliards d’euros a été mis sur la table notamment par l’Union syndicale des lycéens et l’Union étudiante.
L’exécutif a tenté d’apaiser la colère avec l’annonce de l’arrivée de 3 000 remplaçants en quelques jours – en réalité des enseignants en attente d’affectation depuis la rentrée – et renvoyer la présentation du reste de son « plan d’urgence » à la fin du mois d’octobre, misant sur les vacances scolaires pour éteindre le mouvement tout en communiquant abondamment sur une décrue de la mobilisation qui a compté plus de 450 000 personnes dans les rues mardi dernier. Malgré une violente répression et la multiplication des violences policières, les élèves, eux, sont déterminés à ne rien lâcher et sont de nouveau soutenus par l’intersyndicale de l’Éducation.
Cette nouvelle journée intervient également alors que l’Assemblée nationale s’apprête à débuter en séance l’examen du budget 2027 pour lequel Sébastien Lecornu a annoncé quelque 54 milliards d’austérité.
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Fonte: L'Humanité