«Le Monde à l’endroit», une plongée aux confins de la mémoire traumatique
Por Marlène Thomas Decreusefond — Libération
A travers les travaux de la psychiatre Muriel Salmona et la parole de quatre patients victimes de violences sexuelles dans l’enfance, le documentaire de Sylvie Meyer décrypte les tréfonds des «huis clos mentaux».
Comment filmer ce qui s’obstine à disparaître ? Dans le Monde à l’endroit, la cinéaste Sylvie Meyer s’attaque à l’un des dénis les plus tenaces de nos sociétés : celui des violences sexuelles faites aux enfants, à travers les mécanismes psychotraumatiques qui contribuent à les rendre invisibles. Déplaçant le regard sur les violences, le film entreprend une plongée – faisant directement écho au documentaire Let There Be Light, consacré aux soldats traumatisés durant la Seconde Guerre mondiale, de John Huston – dans le «huis clos mental» des victimes souffrant de stress post-traumatique. A travers les travaux majeurs de la psychiatre Muriel Salmona et la parole de quatre patients, le film documentaire éclaire le fonctionnement de la mémoire traumatique, de l’amnésie totale (touchant 40 % des enfants victimes de graves traumatismes, 50 % en cas de violences sexuelles incestueuses ou répétées dans la durée) ou partielle et de la dissociation.
Notre portrait
Muriel Salmona, oubli ni pardon
Pour lever le voile sur des violences occultées qui échappent aux victimes elles-mêmes, Sylvie Meyer invente une forme de réalisation hybride
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Fonte: Libération