Le Kremlin-Bicêtre, Villejuif, Arcueil, Gentilly… Dans le Val-de-Marne, les lycéens sont sur le pont
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10h20
Présence de cafards, fenêtres cassées, système de ventilation et ascenseur en panne, professeurs non remplacés, nombre insuffisant d’AESH, pôle médico-social incomplet… Au collège Pierre de Geyter à Saint-Denis, les professeurs racontent à l’Humanité l’état déplorable de leur établissement.
Au regard de leurs problématiques locales similaires à celles des lycéens de banlieue, le personnel du collège soutient la mobilisation en cours et dénonce par la même occasion « la répression policière et judiciaire invraisemblable ciblant des personnes mineures ».
« Ils oublient que nous sommes des enfants » : en grève, les élèves du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, victimes de violences policières
10h00
« Écoutez-nous », « On n’a pas besoin d’être adultes pour défendre nos droits », « On essaye de sauver notre avenir » … À Gentilly, sur le parvis du lycée polyvalent Darius Milhaud, des lycéens du Val-de-Marne se sont rassemblés pour dénoncer leurs conditions d’études dégradées.
Venus du Kremlin-Bicêtre, de Villejuif ou d’Arcueil, ils s’unissent dans ce combat pour leur avenir. Le Parti communiste français est à leur côté pour les soutenir. Depuis hier, nombre d’élus de gauche discutent avec les jeunes les soutiennent dans cette démarche, tels que Pierre Garzon (PCF) et Fatah Aggoune (DVG), maires de Villejuif et de Gentilly.
09h50
Pour approfondir
La répression policière à l’œuvre contre le mouvement dans les lycées et les facs est-elle inédite ? Comment expliquer que la police soit si hostile aux mouvements de la jeunesse ? Quel est le but de cette stratégie de provocation du pouvoir macroniste ?
09h47
Les jeunes sont réduits au silence. Invité sur le plateau de BFMTV ce vendredi matin, Manès Nadel, porte-parole du feu collectif Génération Espoir, Dignité et Résistance (EDR), est sans cesse coupé par les chroniqueurs. Ces derniers lui parlent de la France Insoumise, des poubelles brûlées et des policiers blessés sans jamais prendre le temps de l’écouter sur les revendications des lycéens. Manès Nadel a tout de même réussi à expliquer sa volonté d’interpeller le ministère de l’intérieur. Le jeune homme de 19 ans aimerait que ce dernier abroge la plateforme Parcoursup et permette l’ouverture de places en universités.
09h15
Le ministre de l’Éducation nationale a été reçu ce vendredi matin sur le plateau de BFMTV. Édouard Geffray note la violence à laquelle sont confrontés les lycéens depuis plusieurs jours. « Au départ, on n’a pas de lycéens violents, ou très peu. On a des individus extérieurs qui sont là pour nuire », estime-t-il avant d’ajouter que « les mortiers ne sont pas en vente libre ». Ces « gens-là ont une logistique qui leur permet de faire ce qu’ils font », déplore le ministre.
Tandis que Gérald Darmanin souhaite faire payer les parents de mineurs impliqués dans des dégradations, Édouard Geffray note que « dans ce genre de mouvement, on a beaucoup de lycéens qui se font confisquer leur mouvement par des casseurs, donc je resterais plus prudent. » Pour lui, les parents doivent se mobiliser pour « dire à leurs enfants de ne pas aller » dans les blocages.
Colère des lycées: “65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux”, détaille Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale pic.twitter.com/jW1ZRK1P3K
08h59
Hier, trois lycées, une université et un collège se sont retrouvés au lycée Suger (Saint-Denis) pour exprimer un ras-le-bol général des conditions d’études dégradées et une conscience aiguë d’avoir des formations dévalorisées. Ce lycée dionysien est devenu un point de convergence des lycéens et étudiants de la ville.
Chahinez et Tana sont élèves de première. Elles protestaient ce jeudi 1er octobre contre les violences policières, devenue la réponse du gouvernement à leur vaine colère. « Franchement, dit Chahinez, nous, on ne fait rien de méchant. On n’a pas jeté de mortier. On demande juste un peu plus de liberté, des droits. » Tana s’est alors emporté : « Demain, c’est nous qui ferons marcher l’économie française, on peut au minimum être écoutés. On est encerclés par douze camions de CRS et de gendarmes, ça veut dire quoi ? On est des criminels ? On n’est pas venus pour exploser le lycée, mais pour réclamer des droits. Tout ça dans le respect ».
Mobilisations lycéennes : « Regardez le 93 comme on est beaux ! On n’a pas de gaz, pas de mortier, mais une jeunesse éveillée, fière d’être banlieusarde »
Les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés à se mobiliser ce vendredi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé l’interdiction de manifester autour des 400 établissements annoncés fermés en raison du lock-out orchestré par le gouvernement via des cours en distanciel soumis à des contrôles d’assiduité.
L’exécutif tente par tous les moyens, en particulier une violente répression policière, d’étouffer dans l’œuf le mouvement qui a encore pris de l’ampleur jeudi. Après les 338 établissements mobilisés mardi, les 356 mercredi, ce sont « 1 027 établissements », sur environ 3 700 lycées en France, qui « ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Parti d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Et aussi l’enseignement supérieur avec une quarantaine de sites concernés jeudi à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre… L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne ont appelé à converger et à une journée de manifestations communes le mardi 6 octobre.
Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Le ministre Laurent Nuñez dénonce en boucle « une violence débridée » et avance le chiffre de 300 policiers et gendarmes blessés tandis que les cas documentés de violences contre les élèves se multiplient avec déjà 3 enquêtes ouvertes par l’IGPN et la saisie du Défenseur des droits. 65 personnels de l’Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, a également recensé le ministère.
Les seules autres réponses apportées pour l’heure oscillent entre pseudo-concertation et le retrait d’une mesure annoncée seulement quelques heures plus tôt. Les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires prévus dans le budget 2027 présentés jeudi matin et dont la suppression a été annoncée au 20 heures par le ministre de l’Éducation. Surcharges des classes, profs non remplacés, établissements dégradés… autant de revendications que les élèves devraient remettre sur la table ce vendredi.
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Fonte: L'Humanité