Face à la colère sociale, les marchés financiers accentuent la pression sur la France

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13h58

Les marchés financiers mettent la France sous pression. Mardi, l’écart entre les taux d’emprunt français et allemand à dix ans a dépassé 1,5 point, un niveau inédit depuis 2012. La France emprunte désormais à 4,96 %, davantage que l’Italie ou l’Espagne. En cause, selon plusieurs analystes, la crainte que la mobilisation sociale entrave le plan de rigueur prévu pour 2027, qui doit représenter 43 milliards d’euros d’économies et de mesures budgétaires.

Alors que la contestation réduit les marges de manœuvre du gouvernement pour appliquer cette politique, les marchés réclament une rémunération toujours plus élevée pour financer la dette française.

13h47

Lors de son point presse à l’Assemblée nationale ce mardi matin, les socialistes ont dit tout leur soutien aux commerçants dont les boutiques ont été pillées, aux manifestants privés de leur droit et aux fonctionnaires – au sens large – blessés samedi. Le groupe des députés rose a dit aussi qu’il n’était, sur le papier, pas opposé au couvre-feu mis en place par certains préfets.

« Ça peut être une réponse à ce qui est en train de se passer dans notre pays à la condition que ce couvre-feu soit strictement proportionné, juge Mélanie Thomin. Et qu’il puisse permettre de façon sporadique, dans des lieux précis, de retrouver du calme dans certains quartiers. En revanche, ce que les députés socialistes disent avec force ce matin, c’est que la meilleure solution pour retrouver le calme dans notre pays, c’est de répondre à la crise sociale que nous traversons. (…) Pour tout simplement répondre aux attentes de la jeunesse et à la crise de la vie chère. Il faut y répondre urgemment. »

13h31

Lors des questions au gouvernement de ce mardi après-midi, c’est Émeline K/Bidi, la co-présidente du groupe GDR (où siègent des députés communistes), qui portera la parole sur les événements du 17 octobre. Une « question très dense avec des sujets extrêmement importants », promet l’élue réunionnaise.

« Il semblerait que notre gouvernement soit plus enclin à essayer de déstabiliser LFI, qu’il assimile sans aucune honte à l’ultragauche, plutôt qu’à donner des réponses aux manifestants », a-t-elle jugé lors du point presse du groupe. D’après Émeline K/Bidi, les revendications des manifestants sont pourtant « simples et parfaitement entendables ».

13h28

Deux enquêtes ont été ouvertes ce mardi pour déterminer les causes de la mort de deux hommes à Paris – un samedi et le second dans la nuit de dimanche à lundi -, ont confirmé le parquet de Paris et la préfecture de police (PP).

« La permanence criminelle du parquet de Paris a été avisée samedi soir du décès d’un homme de 59 ans rue du Château-d’Eau (…) des suites d’un probable malaise », a indiqué le parquet à l’AFP. Cette artère part de la place de la République dans le Xe arrondissement, point de départ de l’un des rassemblements. Des posts sur les réseaux sociaux mentionnaient ce week-end un homme inconscient, boulevard Magenta, tandis que les artères étaient saturées de gaz lacrymogène.

En outre « lundi à 1H10, rue Berger », dans le quartier des Halles, un homme de 48 ans est décédé sur la voie publique malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, selon la préfecture de police. La préfecture a aussi relevé que « des rumeurs avaient circulé sur les réseaux sociaux » prétendant que la victime décédée à Château d’Eau était « un jeune homme pris en charge par des policiers ». Un autre jeune homme a bien « été soigné par les sapeurs-pompiers », mais il n’a pas été pris en charge par des policiers, a assuré la PP. « Se déclarant victime de violences, une enquête a été ouverte », selon la préfecture.

Gaz lacrymogène : une arme dite « inoffensive » qui peut tuer

Un peu plus tôt, le parquet avait indiqué à la presse poursuivre ses « vérifications » concernant deux autres informations qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux : le cas d’un « street-medic », un volontaire pour les premiers secours aux manifestants, que des images montrent recevoir de nombreux coups de policiers place de la République, ainsi que celui « d’un décès allégué à Paris le dimanche ».

13h17

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, la présidente du groupe insoumis, a annoncé l’intention de son mouvement de saisir la Cour de justice de la République contre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

Le mouvement mélenchoniste se base sur les révélations, lundi soir, de Mediapart, qui indique, témoignages de fonctionnaires de police à l’appui, que des instructions du ministre ont été données pour faire porter le chapeau des débordements des manifestations à LFI.

« Dans n’importe quelle démocratie cela s’appelle un scandale d’État et nous saisissons donc la Cour de justice de la République et nous ne lâcherons pas le gouvernement sur cette question extrêmement importante. (…) Quand vous demandez aux renseignements territoriaux de faire des fausses déclarations, il nous semble normal qu’il puisse y avoir une enquête et des réponses. »

« Si on lui demande de taper sur des manifestants, il le fera sans états d’âme » : Laurent Nunez, la répression féroce derrière le « chic type »

13h09

Un étudiant âgé d’une vingtaine d’années, suspecté d’avoir « participé à la mise à feu » d’un bâtiment de l’université de Rouen le 17 octobre, a été interpellé mardi matin et placé en garde à vue, a annoncé le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois.
Il a le profil d’un étudiant « a priori banal » et « n’a pas agi seul, donc les enquêteurs vont devoir identifier avec qui il a pu monter ce projet » d’incendie de l’Espace Michel Serres, ajoute le procureur. L’étudiant vit sur le campus de Mont-Saint-Aignan, « presque en face du bâtiment qui a été brûlé », toujours selon le procureur de Rouen. D’après les premières constatations, le feu est parti d’un tas de détritus ou d’une poubelle devant l’entrée de l’établissement. L’incendie s’est déclaré le 17 octobre vers 02 h 30 et a endommagé deux étages du bâtiment ainsi qu’une partie de la toiture, sans faire de blessé.

Depuis le 17 octobre qui a réuni 800 000 manifestants partout en France et la vague de violences et de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux est mise en œuvre tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.

Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que 4 nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.

Dans un communiqué, la CGT a dénoncé hier « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé· es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a également estimé, ce mardi sur France inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.

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Fonte: L'Humanité

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