Dans le cortège parisien, les CRS coupent la manifestation en deux, premières détonations entendues

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15h52

Selon l’AFP, la plainte pour tentative de meurtre déposée contre un policier par un adolescent de 17 ans, en marge du mouvement lycéen à Belfort, a été dépaysée à Vesoul, a indiqué ce mardi 6 octobre le parquet général de Besançon. Cette plainte, visant le policier « et sa chaîne de commandement », a été « transmise pour compétence au parquet de Vesoul », car l’enquête est « susceptible d’impliquer (…) un fonctionnaire de police habituellement, de par ses fonctions, en relation avec les magistrats du parquet de Belfort », a précisé le procureur général près la cour d’appel de Besançon, Olivier Caracotch.

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Il s’agit d’une décision « assez habituelle dans ce type de contentieux, elle ne présume en rien du sérieux des charges pouvant peser sur l’intéressé », a ajouté le magistrat. Selon l’avocat du lycéen, Arié Alimi, le policier, chef du renseignement départemental, aurait tenté de noyer le jeune homme en lui maintenant la tête sous l’eau, alors qu’il tentait de l’interpeller aux abords d’un ruisseau, après l’avoir identifié comme l’auteur de jets de projectiles et de feux de poubelles.

15h52

Sébastien Lecornu a annoncé ce lundi 6 octobre, à l’occasion des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale, la suspension des cours au lycée en fin de semaine pour organiser un « temps de démocratie interne » avec les élèves qui manifestaient à nouveau ce mardi pour réclamer des moyens supplémentaires pour leurs établissements.

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, « a décidé de libérer du temps. Dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur, d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale. Près de deux semaines après le début des mobilisations lycéennes…

15h33

Au milieu du cortège parisien, vers 15 heures, se sont réunis de nombreux enseignants de Seine-Saint-Denis. Gabriel a la double casquette de professeur d’histoire géographie au lycée Le Corbusier à Aubervilliers, mais aussi de père d’un lycéen en classe de terminale. « C’est ensemble ce matin, avec tous les élèves dont mon fils, que nous sommes venus depuis Aubervilliers pour cette grande manifestation, accompagnés d’autres professeurs et de parents d’élèves. »

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Il poursuit : « Notre rôle au début du mouvement était compliqué. Parce qu’on essaie de rester des éducateurs donc on est évidemment obligé à une forme de neutralité politique vis-à-vis de nos élèves, témoigne-t-il. Mais très vite, il nous a fallu intervenir surtout pour les protéger et éviter les débordements, faire en sorte que ça se passe bien entre la police et eux », rapporte-t-il, en partageant la peur qu’il ressent en tant que père d’un lycéen.

15h30

L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne appellent à une nouvelle journée d’action pour la journée du jeudi 8 octobre. Le syndicat étudiant affirme que, tant que ses revendications ne seront pas satisfaites, la mobilisation continuera.

Sabrine Kharbach, la porte-parole de l’Union étudiante, indique qu’avec « l’USL, avec les syndicats lycéens, avec les syndicats étudiants, on ne lâchera rien et on sera mobilisés », dès ce jeudi, lors d’une nouvelle journée d’action, qui sera «  une grande date de mobilisation ».

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Suzanne Nijdam, la présidente de la Fage, la première organisation étudiante, estime qu’« il faut un déblocage du budget » pour mettre fin au mouvement. Pour elle, le mouvement continuera tant qu’il n’y aurait pas de réponses du gouvernement aux dix revendications communes des lycéens et étudiants. « On va continuer à bloquer tant qu’il n’y a pas 10 milliards sur la table, a-t-elle ajouté. C’est le chiffrage qu’on a retenu pour les 10 mesures d’urgence. »

14h44
Reportage

Sur plusieurs centaines de mètres, les militants de la CGT encadrent le cortège jeune le long du boulevard Voltaire à Paris. « Nous accompagnons tant bien que mal la mobilisation lycéenne et étudiante. À la CGT, nous sommes tous choqués de la violence qui se déchaîne contre la jeunesse. Ce gouvernement en est à envoyer des LBD et des grenades de désencerclement sur des gamins », mesure Kamel Brahmi, le secrétaire de l’Union Départementale CGT 93.

Chasuble rouge sur les épaules, il assure qu’un tel dispositif pour une manifestation à l’initiative des jeunes est une première dans l’histoire récente du syndicat. « Nous faisons face à un péril démocratique et pour nos libertés », ajoute le cégétiste.

14h29

Les vidéos tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Un adolescent de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) a été pris en charge ce mardi matin par les secours après avoir été pris de convulsions.

Selon une source policière au Parisien, le jeune aurait tiré au mortier en direction de policiers. La riposte aux gaz lacrymogènes a déclenché chez lui de violentes convulsions. Pris en charge par les secours, ces derniers l’ont évacué sur un brancard. Son état de santé reste pour l’heure inconnu.

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Plusieurs centaines de milliers de personnes, lycéens mais aussi parents, professeurs et syndicalistes, manifestent ce mardi dans plusieurs villes de France. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France. Environ un quart des lycées du pays étaient bloqués ce mardi.

L’Union étudiante, la Fage et l’Union syndicale lycéenne appellent à une nouvelle mobilisation ce jeudi 8 octobre. « On va continuer à bloquer tant qu’il n’y a pas 10 milliards d’euros sur la table, prévient Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, première organisation étudiante. C’est le chiffrage qu’on a retenu pour les dix mesures d’urgence », publiées sur une plateforme commune aux lycéens et aux étudiants le 5 octobre.

Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.

Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.

La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.

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Fonte: L'Humanité

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