Couvre-feux : villes, horaires, personnes concernées…comment ça marche ?
Por Caroline Constant — L'Humanité
Depuis les troubles et les « pillages » qui ont suivi la manifestation du 17 octobre, plusieurs zones, en métropole et en Outre-Mer, subissent des couvre-feux. Qui est concerné ? Et comment cela fonctionne-t-il ? Nos réponses.
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Publié le 20 octobre 2026
Publié le 20 octobre 2026

Caroline Constant
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© OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Depuis les dégradations en marge des manifestations du samedi 17 octobre, un certain nombre de villes, dont la capitale, ont mis en place des couvre-feux, généralement sur des secteurs ciblés.
Plusieurs vont être reconduits, a affirmé le premier Ministre, Sébastien Lecornu sur X ce 20 octobre, en indiquant que les maires et les préfets, responsables de ces décisions selon le Code général des collectivités territoriales, décideront de « nouveaux couvre-feux là où la situation le nécessite ».
Quelles villes sont concernées ?
Toutes les villes de France ne sont pas sous couvre-feu, et pas sous les mêmes modalités. À Paris, depuis dimanche, le couvre-feu est en vigueur de 23 heures à 6 heures du matin, contre 21 heures à 6 heures du matin à Lyon ou à Nice, où il courra jusqu’au dimanche 25 octobre, a déclaré le maire de la ville, Éric Ciotti.
À Lille et dans plusieurs communes voisines, le couvre-feu a été en vigueur de 20 heures à 6 heures du matin, et à Bordeaux (jusqu’au 26 octobre), de 22 heures à 7 heures du matin. À Marseille, il est établi à partir du 20 octobre à 22 heures.
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Le maire de Marseille, Benoît Payan, a pris acte dans un tweet aujourd’hui « de la décision du Préfet d’instaurer à Marseille un couvre-feu, dès ce soir et pour les jours qui viennent. Celui-ci concerne uniquement les mineurs, et exclusivement les zones commerciales de notre ville, particulièrement touchées par les pillages survenus ce week-end et menacées si nous devions vivre de nouveaux épisodes de violences. Cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l’ordre, doit être accompagnée d’un déploiement suffisant de forces de police sur l’ensemble de la ville, afin que Marseille ne subisse plus les actes de violence, de casse et de vandalisme que l’on a connus ».
Depuis dimanche soir, deux communes de Guadeloupe, Pointe-à-Pitre et les Abymes, sont aussi visées par un couvre-feu pour mineurs de 20 heures à 6 heures. Dans la plupart de ces endroits, le couvre-feu, comme à Paris, ne court que sur certaines zones. Il faut se rendre sur les sites internet ou les réseaux sociaux des préfectures concernées pour obtenir l’ensemble des informations.
Qui est visé par ces mesures ?
Encore une fois, cela dépend des endroits. À Lille, Bordeaux, Nice et Marseille, les mineurs non accompagnés d’un représentant légal sont visés. À Paris ou à Lyon, adultes comme enfants doivent respecter le couvre-feu.
Pour autant, précise la préfecture de police de Paris, « les résidents qui peuvent justifier, par tout moyen, que leur domicile se situe dans les périmètres susvisés, les travailleurs qui sont dans l’obligation de rejoindre ces périmètres pour y exercer leur profession, les membres du service public des secours aux personnes et les commerçants » ne sont évidemment pas concernés par ces restrictions d’accès.
Que risque-t-on si l’on ne respecte pas le couvre-feu ?
La police a le pouvoir de demander à une personne de quitter une zone, et de procéder à un contrôle d’identité. En cas d’infraction, les agents de police peuvent établir une contravention de 135 euros, qui peut être majorée à 375 euros si elle n’est pas payée sur-le-champ, et 750 euros si elle arrive jusqu’au tribunal, en vertu de l’article R.644-5-1 du Code pénal.
Il est en théorie possible de contester ces amendes en déposant un recours devant le tribunal administratif contre les arrêtés préfectoraux ou municipaux qui imposent ces restrictions.
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Fonte: L'Humanité