Carburants, tensions avec la Russie… Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron

0

Por Rachel Garrat-Valcarcel,Avec l’AFP — L'Humanité

Le président de la République s’est invité jeudi soir sur TF1 et France 2 pour une interview de 40 minutes largement dominée par les questions internationales et les tensions sur le prix de l’énergie.

Politique

4min

Publié le 24 septembre 2026

Publié le 24 septembre 2026

Rachel Garrat-Valcarcel

Avec l’AFP

Écouter cet article
–
réservé aux abonné·e·s

Sur la question de la flambée des prix des carburants, Emmanuel Macron s’est surtout concentré sur les efforts diplomatiques de la France pour « éviter » des pénuries.
© Ludovic MARIN / AFP

À peine de retour de l’assemblée générale des Nations Unies, à New York, Emmanuel Macron était ce jeudi 24 septembre sur TF1 et France 2 pour une nouvelle interview en majesté depuis le palais de l’Élysée, face à Caroline Roux et Gilles Bouleau. Les tensions avec la Russie et la flambée des prix des carburants étaient au programme… Sans quasiment aucune annonce.

Le président de la République a d’emblée dramatisé la situation internationale en estimant que la France pourrait être visée par une tentative d’attaque à l’aide d’un drone chargé d’explosifs comme à l’aéroport de Leipzig début août, que l’Allemagne avait attribuée à la Russie. La France n’a pas encore connu d’attaques de ce type « mais quand vous me posez la question « est ce que ça peut arriver ? » ma réponse est oui », a-t-il rétorqué, ajoutant que la Russie considère que « l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine ».

Emmanuel Macron a par ailleurs affirmé que la CIA « n’a pas informé les services français » d’une possible attaque de drones russes visant le sud de la France, contrairement à des allégations publiées dans des médias étrangers.

En revanche, le chef de l’État considère que « le signal qu’est en train d’envoyer aujourd’hui la Russie est : on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass ». D’après lui, « le scénario crédible aujourd’hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes » prochainement mobilisés par Moscou.

Sur les carburants, Macron ne se mouille pas

Sur la question de la flambée des prix des carburants, Emmanuel Macron s’est surtout concentré sur les efforts diplomatiques de la France pour « éviter » des pénuries. À ce titre, le président a évidemment jugé qu’une interdiction des exportations de gazole américain, comme s’y est dit favorable Donald Trump, serait une « mauvaise » décision. Il préférerait une action concertée de mise sur le marché d’une partie des stocks stratégiques de pétrole.

Sur le même thème

Le blocage des prix à la pompe ou la contribution des grands pétroliers à l’effort, par exemple réclamé par La France Insoumise et le Parti Communiste Français, n’est toujours pas à l’ordre du jour. | Source: © Gauthier Bedrignans / Hans Lucas

Carburant : ce qu’il faut retenir des mesurettes annoncées par le gouvernement contre les hausses de prix


L’envoi par la France de « moyens militaires » pour « protéger » le site de Yanbu, un maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite, est la seule annonce de l’interview. « Nous allons envoyer des moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site, pas nous engager dans quelque conflit mais protéger ce site », afin d’œuvrer la détente des marchés pétroliers, a-t-il détaillé.

Cet oléoduc a joué un rôle crucial au fil de la guerre au Moyen-Orient, permettant à l’Arabie saoudite de contourner le détroit d’Ormuz pour exporter son pétrole.

Un président sortant au-dessus de la mêlée de la campagne

Emmanuel Macron n’a donc pas voulu plus se mouiller sur le sujet des aides à l’achat de carburant, appuyant seulement les maigres décisions annoncées par le gouvernement plus tôt dans la semaine. Il n’a pas non plus annoncé de baisse des taxes, comme une partie du champ politique le réclame, sans toutefois l’exclure si l’envolée des tarifs se poursuivait.

Une telle décision ne serait d’après lui « pas la décision la plus vertueuse » car ces taxes « servent à financer les dépenses de l’État ». La faute aux finances publiques dégradées par sa politique économique ? En tout cas, il ne regrette « pas du tout le « quoi qu’il en coûte »», c’est-à-dire les aides publiques mises en place lors de la pandémie de Covid qui ont alourdi la dette de la France.

Pour lui, les dépenses des « dix dernières années » se décomposent en « un tiers pour protéger les Français des crises », « un tiers pour préparer la France à l’avenir », et « un tiers parce qu’on n’a pas assez réformé le modèle social ».

« Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier » : traduisez, ce que j’ai fait moi était bien, c’est ce que vous m’avez empêché de faire qui nous coûte. Enfin, à quelques mois de l’élection présidentielle, et alors que la campagne bat déjà son plein, le futur ex-président n’a pas voulu préciser s’il prendrait parti à un moment donné avant le scrutin.

Avant de partir, une dernière chose…

Contrairement à 90% des médias français aujourd’hui, l’Humanité ne dépend ni de grands groupes ni de milliardaires. Cela signifie que :

  • nous vous apportons des informations impartiales, sans compromis . Mais aussi que
  • nous n’avons pas les moyens financiers dont bénéficient les autres médias .

L’information indépendante et de qualité a un coût. Payez-le.
Je veux en savoir plus

Lisez la suite de cet article

et débloquez tous les contenus

Je m’abonne

Les mots-clés associés à cet article

carburants
Emmanuel Macron
Guerre en Ukraine


Accueil


Politique


carburants

Carburants, tensions avec la Russie… Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron

Fonte: L'Humanité

Deixe um comentário

O seu endereço de email não será publicado. Campos obrigatórios marcados com *