Manif d’ultradroite à Lyon en plein couvre-feu : le préfet saisit finalement la justice
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17h43
Un nouveau couvre-feu a été instauré à Paris, autour de la place de la République et des Halles, de mardi 23H00 jusqu’à mercredi 06H00, selon un arrêté de la préfecture de police.
Un autre arrêté interdit « tout rassemblement non déclaré » de mardi 20H00 à mercredi 06H00 dans certains secteurs de Paris.
A la demande de la préfecture de police, certaines stations de métro sont également fermées, dès 22h00, précise la RATP : République, Châtelet-les Halles et les Halles. « Les trains circulent sans marquer l’arrêt et les correspondances ne sont pas assurées », explique la régie.
17h31
Il s’est d’abord dit « furieux » de la récupération par l’ultradroite lyonnaise du défilé, autorisé, en soutien aux commerçants victimes de pillages, dans le centre-ville lundi soir. Le préfet du Rhône va désormais saisir la justice après des « propos islamophobes et xénophobes » tenus lorsqu’une partie des manifestants, issus des rangs de l’ultradroite, a poursuivi de son côté dans les rues de Lyon.
La préfecture du Rhône avait annoncé peu de temps auparavant l’interdiction des manifestations de 18H00 à 21H00 dans l’hypercentre et l’instauration d’un couvre-feu de 21H00 jusqu’à 06H00 mardi. « Au moment de la dispersion, des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l’ultradroite se sont alors constitués en groupe après s’être mêlés de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer », rapportait ensuite la préfecture.
Selon une vidéo diffusée par le site Lyon Capitale, le cortège d’ultradroite a marché un bref moment en scandant notamment « La rue, la France nous appartient » ou encore « La racaille en prison ». Une autre vidéo sur les réseaux sociaux montre la tête du groupe tenant une banderole « Anticasseurs Lyon » et « Doucet démission » (du nom du maire écologiste Grégory Doucet), avec un drapeau tricolore barré d’une croix celtique, symbole de groupuscules d’ultradroite.
Le groupe est ensuite sorti du périmètre du couvre-feu, et s’est dispersé vers 21H juste en dehors de la zone interdite, selon les éléments de la préfecture. « Le préfet du Rhône a réagi vigoureusement » et « engagera une action judiciaire (…) justement pour condamner, dénoncer et réprimer ce qui a été cette manifestation nauséabonde dans les rues de Lyon », a déclaré Laurent Nuñez à l’Assemblée.
De son côté, Grégory Doucet a redemandé au préfet « d’appliquer le plus rigoureusement les règles de l’État de droit », et avoir « sollicité le ministre de l’Intérieur pour qu’il garantisse l’ordre républicain ».
16h37
Ce dimanche 18 octobre, France 2 a diffusé une émission spéciale intitulée « La France sous le choc ». Les sujets s’enchaînent, les mêmes images tournent en boucle sur des musiques anxiogènes : les casseurs, les poubelles en feu et l’épuisement des policiers sont filmés sans fin. Dans un communiqué publié ce mardi 20 octobre, la CGT de France Télévisions compare cette émission à « un clip de propagande ».
Les revendications de la jeunesse sont à peine filmées. Dans le sujet « 24 h qui ont bouleversé le pays », sur quatre minutes de reportage, six secondes sont accordées à une lycéenne qui manifeste et 24 secondes sont dédiées aux manifestations « pacifiques ».
Dans un communiqué publié ce lundi 19 octobre, la CFDT de France Télévisions gronde aussi. Le syndicat dénonce « les choix éditoriaux, les angles des sujets et les commandes qui ont pu leur être passées » et pointe le manque de preuves, de contradiction et surtout le manque de contexte de la part des journalistes. Car, après avoir filmé la peur, le chaos et la violence, la caméra se tourne, sans transition, vers Jean-Luc Mélenchon qui se réjouit de la mobilisation de la jeunesse. La CGT du groupe audiovisuel dénonce « un procédé grossier et malhonnête » puisqu’il laisse sous-entendre que La France insoumise serait à l’origine des violences.
La CGT appelle l’équipe du journal télévisé à démissionner : « Le 20h week-end a choisi son camp » en choisissant de « desservir la cause des revendications légitimes portées par les lycéens et les citoyens ».
16h23
Les forces militaires de la mission Sentinelle, mais aussi des unités telles que la BRI, le GIGN, le RAID, et les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère samedi prochain, a précisé le ministre de l’Intérieur.
Ces unités pour certaines spécialisées dans le grand banditisme ou le terrorisme auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique », afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ».
Le déploiement de ce type d’unités avait déjà eu lieu en juillet 2023 déclenché par la mort de Nahel Merzouk, ou lors de l’Acte 19 des gilets jaunes.
16h14
La préfecture de police de Paris a pris plusieurs arrêtés ce mardi, dont l’un interdit « le port d’équipements de protection dans un rayon de 100 mètres autour des lycées et des établissements d’enseignement supérieur », dans toute l’agglomération parisienne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne).
Les autres arrêtés interdisent le transport de carburant et de gaz inflammable dans des récipients individuels jusqu’à jeudi compris, ainsi que l’acquisition et la détention d’articles pyrotechniques.
Un adolescent de 17 ans perd une main à Saint-Etienne : « La police a forcément vu la scène et nos appels à l’aide »
16h05
Sur X, la préfecture de police de la capitale annonce lancer une plateforme où chacun peut transmettre « toutes vos images aux services de police afin de les aider à identifier et interpeller rapidement les auteurs » de violences, de dégradations ou de pillages ces derniers jours.
Depuis le 17 octobre qui a réuni 800 000 manifestants partout en France et la vague de violences et de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux est mise en œuvre tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.
Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que 4 nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
Dans un communiqué, la CGT a dénoncé hier « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé· es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a également estimé, ce mardi sur France inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.
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Fonte: L'Humanité