« Tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres » : à Orléans, un conseiller PCF insulté, poussé à terre et matraqué par un policier
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11h46
Les lycées de Montargis, En forêt et Jeannette Verdier, sont bloqués depuis ce matin. « Le coût de l’éducation se mesure en euros, celui de son abandon se mesure en génération », peut-on lire sur une pancarte. « Nos droits ne s’arrêtent pas à la porte du lycée », est-il marqué une autre. Les élèves sont descendus dans les rues ce vendredi 2 octobre pour crier leur colère, en particulier contre le Rassemblement national, à la tête de la municipalité depuis six mois.
11h35
« On n’a pas les mêmes chances que les lycéens de Paris ou du privé, c’est une injustice », lance Aïcha Sarr, en terminale à Suger (Saint-Denis). Pour la jeune fille interviewée par l’Humanité, il est intolérable qu’un adolescent de banlieue n’ait pas les mêmes chances sur Parcoursup qu’un élève parisien ou issu d’un lycée privé. « Nous n’avons pas tous grandi avec des parents qui nous lisent des livres, donc nos langages sont beaucoup moins élevés qu’ailleurs », témoigne-t-elle en faisant référence à ses cours de philosophie, où nombre de ses camarades se sent délaissé. Pour elle, Parcoursup devrait être abrogé.
Si les lycées se mobilisent, « ce n’est pas pour le plaisir, mais pour l’égalité des chances », poursuit la lycéenne avant d’interpeller Edouard Geffray. « Le ministre devrait venir voir nos conditions, souffle Aïcha Sarr. Nous demandons seulement minimum ».
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10h44
Les étudiants de Nanterre et de Saint-Denis bloquent actuellement leurs universités en soutien aux mobilisations des lycéens dans tout le pays et pour faire valoir leur exigence de moyens supplémentaires pour l’enseignement supérieur.
Parmi leurs revendications, les étudiants reprochaient au ministère de l’Éducation nationale son budget pour 2027. Celui-ci prévoyait, pour les étudiants non-boursiers, de faire payer 178 euros l’inscription en BTS, et 270 euros celle dans les classes préparatoires aux grandes écoles. « Nous retirons cette mesure », a finalement annoncé Édouard Geffray face à la colère des étudiants. Une première victoire qui en appelle d’autres.
🚨📢FAC : fermeture administrative de la fac de Nanterre pour aujourd’hui après un blocage partiel ce matin pic.twitter.com/miEAWonKmi
10h20
Présence de cafards, fenêtres cassées, système de ventilation et ascenseur en panne, professeurs non remplacés, nombre insuffisant d’AESH, pôle médico-social incomplet… Au collège Pierre de Geyter à Saint-Denis, les élèves de 3e et de 4e racontent à l’Humanité l’état déplorable de leur établissement.
Au regard de leurs problématiques locales similaires à celles des lycéens de banlieue, le personnel du collège soutient la mobilisation en cours et dénonce par la même occasion « la répression policière et judiciaire invraisemblable ciblant des personnes mineures ».
« Ils oublient que nous sommes des enfants » : en grève, les élèves du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, victimes de violences policières
10h00
« Écoutez-nous », « On n’a pas besoin d’être adultes pour défendre nos droits », « On essaye de sauver notre avenir » … À Gentilly, sur le parvis du lycée polyvalent Darius Milhaud, des lycéens du Val-de-Marne se sont rassemblés pour dénoncer leurs conditions d’études dégradées.
Venus du Kremlin-Bicêtre, de Villejuif ou d’Arcueil, ils s’unissent dans ce combat pour leur avenir. Le Parti communiste français est à leur côté pour les soutenir. Depuis hier, nombre d’élus de gauche discutent avec les jeunes les soutiennent dans cette démarche, tels que Pierre Garzon (PCF) et Fatah Aggoune (PCF), maires de Villejuif et de Gentilly.
09h50
Pour approfondir
La répression policière à l’œuvre contre le mouvement dans les lycées et les facs est-elle inédite ? Comment expliquer que la police soit si hostile aux mouvements de la jeunesse ? Quel est le but de cette stratégie de provocation du pouvoir macroniste ?
Les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés à se mobiliser ce vendredi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé l’interdiction de manifester autour des 400 établissements annoncés fermés en raison du lock-out orchestré par le gouvernement via des cours en distanciel soumis à des contrôles d’assiduité.
L’exécutif tente par tous les moyens, en particulier une violente répression policière, d’étouffer dans l’œuf le mouvement qui a encore pris de l’ampleur jeudi. Après les 338 établissements mobilisés mardi, les 356 mercredi, ce sont « 1 027 établissements », sur environ 3 700 lycées en France, qui « ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Parti d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Et aussi l’enseignement supérieur avec une quarantaine de sites concernés jeudi à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre… L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne ont appelé à converger et à une journée de manifestations communes le mardi 6 octobre.
Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Le ministre Laurent Nuñez dénonce en boucle « une violence débridée » et avance le chiffre de 300 policiers et gendarmes blessés tandis que les cas documentés de violences contre les élèves se multiplient avec déjà 3 enquêtes ouvertes par l’IGPN et la saisie du Défenseur des droits. 65 personnels de l’Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, a également recensé le ministère.
Les seules autres réponses apportées pour l’heure oscillent entre pseudo-concertation et le retrait d’une mesure annoncée seulement quelques heures plus tôt. Les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires prévus dans le budget 2027 présentés jeudi matin et dont la suppression a été annoncée au 20 heures par le ministre de l’Éducation. Surcharges des classes, profs non remplacés, établissements dégradés… autant de revendications que les élèves devraient remettre sur la table ce vendredi.
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Fonte: L'Humanité