Trump juge que “l’islam” et “l’immigration” sont responsables du mouvement lycéen en France
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17h36
Aux abords de la place de la Nation, lieu de la fin de la manifestation, la situation reste très tendue à 17 h 30, notamment au début du boulevard Philippe-Auguste, où les jets de lacrymogènes font reculer les manifestants.
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Les mouvements de foule se multiplient, dans les nuées de lacrymogènes. Après cinq minutes de pause, les trois observateurs de lacrymogènes de la LDH repartent au cœur de la mêlée. « Tu as pu faire le compte du nombre de grenades GL 304 qui ont été lancées ? », lance l’un. « Il faudra qu’on vérifie avec les vidéos », répond une autre. « Ce qui est sûr, c’est qu’on a vu l’utilisation d une nouvelle arme, un bouclier avec des lumières stroboscopiques. C’est la première fois qu’on le voit en action », commente Axel, qui repère de loin les grades des policiers, ainsi que la nature de leur matériel.
17h25
17 heures, à Paris, alors que le cortège reprend sur le boulevard Voltaire, les fumées s’élèvent sur la place de la Nation, et des détonations résonnent. Lila, 17 ans, est aux côtés de ses professeurs, avec d’autres élèves du lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre.
En spécialité physique et mathématiques depuis le début de l’année, elle n’a pas eu de prof de physique. Manifester était pour elle une évidence et elle souhaitait “être avec ses professeurs, car il s’agit de la défenses de nos droits communs : avoir les conditions d’un enseignement digne de ce nom. On a décidé de manifester ensemble pour nous protéger.”
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Elle témoigne de ses conditions d’étude : “Je suis dans un lycée de banlieue, il est nouveau, sauf qu’ils l’ont tellement mal construit qu’il y a des fuites d’eau. Les conditions en été sont insupportables : il y a une professeur ici dans le cortège qui a fait un malaise en pleine canicule. La cantine est insalubre...”
La mobilisation la réconforte quelque peu : “Cette solidarité me fait chaud au cœur, on voit venir ces revendications de partout, ça me fait dire que ce ne sont pas des caprices.”
A ses côtés, son professeur de mathématique témoigne a son tour : “Nous avons des revendications qui sont liées à nos conditions de travail, qui rejoignent celles des lycéens. Concrètement, ça veut dire des manques de moyens, de personnels. Dans plus de la moitié des lycées qu’on a sondés, il manque une infirmière ou une assistante sociale. Il manque des enseignants dans la majorité des établissements. De même pour les AESH, pour accompagner les élèves en situation de handicap.“
17h02
Les ministres de l’Intérieur Laurent Nuñez et de l’Éducation nationale Édouard Geffray seront auditionnés ce mercredi 7 octobre par les députés à l’Assemblée nationale, au lendemain de l’acte III de l’exceptionnelle mobilisation lycéenne et étudiante.
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Édouard Geffray sera entendu à 10 h 00 « sur le blocage des lycées » en commission des Affaires culturelles et de l’Éducation. Laurent Nuñez sera lui auditionné à 15 h 00 par les députés membres de la commission des Lois « sur la gestion de l’ordre public suite aux mobilisations lycéennes et la protection des personnes face aux violences ».
16h57
Il est 16 h 30, Aline et Éloïse, respectivement 15 et 16 ans, sont enfin parvenus à redescendre le boulevard pour rejoindre la rue de Montreuil, où un filtrage a longtemps retenu la foule compressée. « On était bloquées en tête de cortège, là où ça a gazé », racontent-elles, les yeux encore rougis par les gaz lacrymogènes.
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Elles sont déçues de ne pas avoir pu aller jusqu’au bout, confient-elles, « mais malheureusement on s’y attendait. Nous, ça allait, mais il y a eu plusieurs malaises. On n’est pas là pour casser. On est juste là pour faire valoir nos droits et on veut juste du changement de la part de l’Éducation nationale », assurent-elles, déterminées malgré tout.
16h50
Entouré d’une nuée d’objectifs et de caméras, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est arrivé jusqu’à la place de la Nation. Mais à quelques mètres, les vapeurs de lacrymogènes provoquent des mouvements de foule. Les policiers chargent sur le début du boulevard Voltaire.
16h32
Retrouvez en vidéo le témoignage d’un de nos journalistes, agressé par un policier ce mardi aux abords de la place de la Nation.
“Il m’a attrapé à la gorge.” Un de nos journalistes a été agressé par un policier lors de la mobilisation lycéenne du 6 octobre à Paris.
➡️ https://t.co/8XLa3L6bni pic.twitter.com/dlykOG0YIO
Plusieurs centaines de milliers de personnes, lycéens mais aussi parents, professeurs et syndicalistes, manifestent ce mardi dans plusieurs villes de France. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France. Environ un quart des lycées du pays étaient bloqués ce mardi.
L’Union étudiante, la Fage et l’Union syndicale lycéenne appellent à une nouvelle mobilisation ce jeudi 8 octobre. « On va continuer à bloquer tant qu’il n’y a pas 10 milliards d’euros sur la table, prévient Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, première organisation étudiante. C’est le chiffrage qu’on a retenu pour les dix mesures d’urgence », publiées sur une plateforme commune aux lycéens et aux étudiants le 5 octobre.
Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.
Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.
La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.
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Fonte: L'Humanité