Sur le remplacement des enseignants absents, le gouvernement promet un plan imminent dans “quelques heures ou quelques jours”
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13h19
Le parquet de Dunkerque a ouvert une enquête préliminaire pour « mise en danger d’autrui », annonce le Monde. La justice a été saisie en réaction à des vidéos où l’on voit un 4×4 de la police foncer, lundi 5 octobre, sur des manifestants dans les rues de Dunkerque. Les faits se sont déroulés à quelques centaines de mètres de deux lycées où des blocages ont lieu depuis plusieurs jours. L’enquête a été confiée à une cellule de déontologie de la police locale.
« On veut le bac, pas la BAC » : un professeur analyse les mots du mouvement lycéen sur les maux de l’école
13h02
Karelle, du collectif « Œil au beurre noire » présente l’initiative Food et Médical Truck.
“On fait le tour des lycées qui bloquent pour apporter un soutien aux lycéens.” Karelle, du collectif « Œil au beurre noire » présente l’initiative Food et Médical Truck.
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12h53
En déplacement à Reims, le ministre de l’Éducation nationale promet la présentation d’un « plan d’urgence » imminent pour remplacer les enseignants absents.
Après avoir rencontré des élèves du lycée professionnel Raymond-Kopa, Edouard Geffray a précisé « j’aurai l’occasion de détailler des données précises d’ici probablement quelques heures ou quelques jours ».
A propos de sa rencontre avec les trois principales organisations lycéennes dans l’après-midi, le ministre a déclaré qu’il comptait notamment « leur expliquer ce [qui a été] fait sur la question des remplacements ».
12h30
Témoignage
Ils ne peuvent pas toujours participer aux mobilisations, mais refusent de rester silencieux. Au lycée Joffre de Montpellier, des étudiants des classes préparatoires, soumis à une obligation d’assiduité qui limite leur participation aux actions, ont décidé de prendre la plume pour exprimer leur solidarité avec le mouvement lycéen et étudiant qui traverse le pays.
Voici le contenu de leur lettre ouverte.
« Aujourd’hui, au nom des étudiant.e.s des classes préparatoires du lycée Joffre, nous souhaitons affirmer notre soutien aux lycéen.ne.s et étudiant.e.s de France. Nous appuyons leur mobilisation historique par son ampleur exceptionnelle et par sa détermination qui porte des revendications intemporelles, justes et légitimes méritant l’intérêt le plus vif de la Nation.
En effet, ce mouvement majeur nous concerne directement et nous oblige. Bien que l’exigence de nos différents cursus nous impose une présence assidue en cours et de fait rende difficile notre participation active aux actions menées, nous tenions à remercier les membres et organisateur.trice.s des blocus du lycée. Nous leur sommes reconnaissant.e.s de comprendre notre situation, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises, en aménageant l’accès pour permettre aux préparationnaires et aux professeur.e.s concerné.e.s de rejoindre sereinement leurs lieux d’étude. Par ce message, nous tenions à associer nos voix à celles de nos camarades, tout en saluant l’engagement des professeur.e.s et personnels mobilisé.e.s dans le pays.
Nous constatons avec gravité la dégradation globale des conditions d’apprentissage et la baisse continue du niveau scolaire des petites classes jusqu’aux études supérieures, conséquences directes d’une mauvaise gestion des moyens et d’une perte de vision à long terme pour notre jeunesse. Si le budget par élève en France est supérieur de 28 % à la moyenne de l’OCDE, force est de constater l’inefficacité dramatique de l’allocation de ces ressources. Nous dénonçons le manque de professeur.e.s et de personnels éducatifs, les emplois du temps surchargés, le délabrement des locaux qui sont mal isolés, ce qui se ressent d’autant plus avec le changement climatique : ils sont souvent suffocants en périodes de canicule ou glacials en hiver. À cela s’ajoutent des classes surchargées et le manque chronique de matériel qui entravent un travail serein, condition d’un apprentissage de qualité.
Ces dysfonctionnements alimentent une perte de repères chez les jeunes, trop souvent réduits à vivre au jour le jour sans perspective claire. Face à cela, nous refusons un appauvrissement de l’apprentissage, mais prônons plutôt la voie de l’excellence, de la rigueur et de l’émancipation pour tous qui donne goût à l’apprentissage approfondi et offre une réelle valeur aux diplômes. Cette ambition doit s’accompagner d’une valorisation continue des filières technologiques et professionnelles, et d’un cadre fondé sur le respect mutuel. Garantir l’inclusivité, c’est offrir à chacun les moyens de sa réussite et de son ascension sociale.
L’orientation est le pilier majeur sans lequel cette réussite n’est rien. Si Parcoursup constitue un outil créé pour garantir une certaine égalité des chances, il se révèle injuste face à la réalité du nombre important de dossiers et d’une sélectivité de plus en plus forte dans des filières touchées par le manque de moyens que nous avons cité précédemment. Sans une politique volontariste d’orientation et d’équité territoriale, la promesse d’une éducation égalitaire s’effrite.
Plus que de la solidarité envers nos camarades, nous portons ces revendications car elles nous concernaient hier, nous concernent aujourd’hui et nous concerneront encore dans les années à venir, si vous ne décidez pas de prendre au sérieux les aspirations légitimes de la jeunesse française et de prendre des mesures suffisantes. En effet une grande partie d’entre nous est issue de différents établissements à travers le pays qui rencontraient ces problématiques et l’établissement dans lequel nous étudions actuellement fait face à certains problèmes comme la vétusté de certains locaux. De plus, beaucoup d’entre nous souhaitent continuer leurs études ou travailler dans l’enseignement et la fonction publique. Nous continuerons donc à faire face à un système défaillant si les seules mesures mises en place sont insuffisantes.
Nous appelons également à l’arrêt immédiat de la répression policière. Les consignes du gouvernement, l’obéissance aveugle des forces de l’ordre et la violence disproportionnée ne sont pas une réponse digne d’une démocratie.
Si nous sommes l’avenir du pays, il est essentiel que nous soyons écoutés par ceux qui le dirigent pour bâtir notre avenir. Comment pouvez-vous réprimer dans la violence des jeunes qui ne demandent qu’à être écoutés pour construire un meilleur système éducatif ? Comment pouvez-vous ignorer les appels de plusieurs milliers d’élèves qui n’étudient pas dans des conditions favorables ? Comment pouvez-vous critiquer l’abstention ou déplorer le manque d’engagement des jeunes tout en déployant autant d’efforts pour faire taire sa voix quand elle s’exprime ?
L’instruction digne, égalitaire et émancipatrice des enfants de la République, de ses futurs citoyens qui portent en eux les promesses de demain, est la condition sine qua non d’une Nation renforcée, avec dans ses rangs des citoyen.ne.s entendu.e.s, éclairé.e.s et conscient.e.s de leurs pouvoirs individuels.
C’est pourquoi nous vous encourageons, lycéen.ne.s et étudiant.e.s de Joffre, de Montpellier et de France, à poursuivre ce mouvement aussi longtemps qu’il le faudra, tout comme nous vous invitons enseignant.e.s et personnels du primaire, du secondaire et du supérieur à les rejoindre. Nous souhaitons le meilleur pour l’Éducation Nationale.
Nous vous confions ces mots, qui ne sont pas une diatribe mais une adresse à l’État et plus largement au peuple, avec l’espoir qu’ils seront reçus à la hauteur de l’urgence qui les dicte. Ils portent en eux l’exigence de notre génération qui appelle de ses vœux une véritable écoute. À défaut, sachez que notre mobilisation est un serment : celui de ne s’arrêter que lorsque nous aurons obtenu une réponse à la hauteur !
Les classes préparatoires du lycée Joffre à Montpellier »
12h23
À Lille, Luna et Esther, 15 ans, en seconde au lycée Louis-Pasteur, racontent leurs premiers pas militants. « On n’a pas le droit de vote. Parfois, on a l’impression qu’on ne sert un peu à rien, mais là, on s’est vraiment senties utiles. » Elles se mobilisent aussi par solidarité avec les établissements moins favorisés : « Si même nous, les conditions ne sont pas incroyables, en banlieue, c’est n’importe quoi. »
Déjà intéressées par la politique, elles viennent d’adhérer au Mouvement jeunes communistes de France, découvert par des connaissances et en manifestation. La mobilisation a précipité leur engagement : « On a demandé à adhérer parce qu’on aimait bien le mouvement », racontent-elles, évoquant aussi le fait de se sentir bien avec les autres militants.
Pour Esther, cet engagement se fait malgré l’interdiction de sa mère. Punie de sorties, elle part au blocus vers 6 heures, avant que celle-ci se lève, et rentre vers 11 heures, une fois sa mère au travail. « Elle ne pense pas à regarder ma localisation parce qu’elle pense vraiment que je dors. » Son père, chez qui elle passe une partie de la semaine, la soutient. Malgré les sanctions, elle continue : « Pour moi, c’est important. […] C’est ta vie qui est en jeu, tes conditions de vie. »
12h15
Témoignage
« Les médias se concentrent sur des poubelles, sur des feux commis par la minorité des gens. », Nous avons rencontré ce matin les lycéens du lycée Suger à Saint-Denis (93).
“Les médias se concentrent sur des poubelles, sur des feux commis par la minorité des gens.” Les lycéens sont une nouvelle fois mobilisés ce 8 octobre, nous étions ce matin au lycée Suger à Saint-Denis (93).
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Loin d’avoir été convaincus par l’allocution télévisée de Sébastien Lecornu, les lycéens et étudiants ont appelé à un acte IV de la mobilisation ce jeudi 8 octobre. Leurs revendications – classes surchargées, profs non remplacés, bâtiments dégradés… – n’ayant reçu aucune réponse concrète du gouvernement qui s’acharne en outre à nier les violences policières que subissent les élèves depuis le début du mouvement.
Plusieurs syndicats de l’Éducation nationale – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – appellent également à une journée de grève et de manifestations jeudi 8 octobre, en soutien à la mobilisation des lycéens tandis qu’une pétition contre les armes mutilantes atteint déjà plusieurs dizaines de milliers de signatures.
Après les manifestations historiques de mardi qui ont réuni 450 000 personnes à travers la France, l’Humanité ouvre en grand ses colonnes aux jeunes mobilisés tout au long de la journée. Lycéen.nes et étudiant.es vous pouvez nous envoyer vos témoignages ici : mediation@humanite.fr.
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Fonte: L'Humanité