Réchauffement climatique : « Notre métier n’est plus de construire le monde, mais de le réparer », confie l’architecte Philippe Madec

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Por Zubeyde CacanL'Humanité

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Architecte, urbaniste et pionnier du Mouvement de la frugalité heureuse et créative en architecture, Philippe Madec défend depuis plus de trente ans une architecture écoresponsable. Face à l’urgence climatique, il plaide pour réparer plutôt que construire, réhabiliter plutôt que démolir et replacer la bienveillance au cœur de la conception.

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« L’état de la Terre découle de notre exploitation vorace de la planète. » À travers plusieurs ouvrages, Philippe Madec livre un plaidoyer pour une architecture écoresponsable en rupture avec le modèle productiviste. Pour l’architecte et urbaniste, la crise écologique reste indissociable de notre système économique, à l’heure où le réchauffement climatique menace d’accentuer un « apartheid climatique », où les plus riches pourraient s’abriter de ses conséquences quand les plus vulnérables les subiraient de plein fouet. Figure du Mouvement pour une frugalité heureuse et créative, il défend une autre manière de concevoir nos villes : réparer avec bienveillance plutôt que construire à tout va.

Vous défendez depuis plus de trente ans une architecture écoresponsable. Comment définiriez-vous aujourd’hui votre vision de l’architecture et du rôle de l’architecte ?

Philippe Madec

Architecte

Le rôle de l’architecte est d’apporter du bonheur à tous intelligemment. Ce n’est pas qu’une formule : lorsque les gens viennent nous voir, ils expriment toujours la même attente. Ils veulent vivre dans des espaces sûrs, beaux, confortables et chaleureux, où les relations entre les habitants sont facilitées. Cette aspiration est aussi ancienne que l’humanité.

Au XX e  siècle, les architectes pensaient construire le monde de demain. Aujourd’hui, notre responsabilité est de réparer le monde déjà là. L’architecture reste une installation amie, avec une matière disposée à la bienveillance. Cet engagement-là est encore plus nécessaire de nos jours.

Dans Mieux avec moins, vous écrivez que les professionnels du bâtiment ne peuvent plus ignorer les conséquences de leurs actes. Pourtant nos villes, de l’école à l’hôpital en passant par les logements, comptent nombre de bouilloires thermiques. Comment expliquez-vous cette inertie ?

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