«L’esprit critique» théâtre: enterrer les morts, réparer les vivants
Por Joseph Confavreux — Mediapart
Dimanche 27 septembre
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L’esprit critique
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Le podcast culturel de « Mediapart » discute de « The Other Place, After Antigone », d’Alexander Zeldin ; « Je meurs de ne pas mourir », texte de Paco Bezerra mis en scène par Aurélia Lüscher ; et « Mon frère », signé par le metteur en scène François Gremaud.
27 septembre 2026 à 10h18
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Une réinterprétation du mythe d’Antigone, une relecture jubilatoire et non conventionnelle des écrits et de la vie de Thérèse d’Avila, et une déclaration d’amour d’un entendant à un sourd.
On évoque trois spectacles dans « L’esprit critique ». D’abord The Other Place, After Antigone, de l’auteur et metteur en scène britannique Alexander Zeldin, actuellement représenté au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt. Ensuite, Je meurs de ne pas mourir, de la metteuse en scène Aurélia Lüscher, qui a été créée au Théâtre de la Bastille. Et enfin, Mon frère, écrit et mis en scène par François Grémaud, actuellement visible au Théâtre du Rond-Point avant une large tournée en France et en Suisse.
Créée au National Theater de Londres, la pièce The Other Place, After Antigone du metteur en scène britannique Alexander Zeldin est donnée en ce moment au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt dans le cadre du Festival d’automne.
Comme son titre l’indique, derrière l’histoire de deux sœurs, Annie et Issy – qui se retrouvent à l’occasion de l’anniversaire de la mort de leur père suicidé autour de l’urne contenant ses cendres –, se rejoue en réalité un conflit éternel, celui du mythe d’Antigone, fille d’Œdipe décidée à enterrer son frère contre l’avis de son oncle Créon, roi de Thèbes.
Ici, l’oncle est prénommé Chris, il porte des baskets et souhaite disperser les cendres de son frère pour « aller de l’avant » maintenant que le temps a passé, que la maison familiale a été refaite avec une grande baie vitrée donnant sur le jardin et que l’urne n’y aurait plus sa place. Ce qui n’est pas du tout l’avis d’Annie, revenue après de longs mois d’absence et de longues années de silence.
The Other Place, After Antigone sera visible prochainement au Luxembourg et à Genève.
Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) est un seule en scène confié à la comédienne Estelle Meyer, mis en scène par Aurélia Lüscher et donné au Théâtre de la Bastille à Paris.
Le texte, signé du dramaturge espagnol Paco Bezerra, se fonde sur certains écrits de Thérèse d’Avila, sainte patronne espagnole ayant vécu au XVI e siècle et qui fut la première femme proclamée docteure de l’Église. Mais l’auteur imagine que celle-ci, ressuscitée avant l’heure, récupère ses reliques dispersées aux quatre coins du monde, et se met à arpenter les marges de la société espagnole contemporaine.
Alors qu’il devait être montré dans un des principaux théâtres de Madrid, il a été déprogrammé, officiellement pour des raisons budgétaires, mais sans doute aussi sous la pression de l’extrême droite, choquée de la vision que le texte donne de la sainte espagnole.
Des lectures ont été organisées et un mouvement de solidarité s’est déployé (de nombreuses personnalités du monde culturel espagnol, dont Javier Bardem et Pedro Almodóvar ont signé une lettre ouverte de soutien), mais la pièce n’a encore jamais été programmée en Espagne.
Ce qui ajoute à l’intérêt de la voir aujourd’hui, dans une traduction de Clarice Plasteig aux Solitaires intempestifs en parallèle du travail d’Aurélia Lüscher et Estelle Meyer.
Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse), signé Aurélia Lüscher et joué par Estelle Meyer, sera visible en novembre à Marseille et en mars 2027 à Châtillon, Orléans et Saran.
Sur une scène épurée et dans un cadre sans décor, deux hommes d’une petite cinquantaine d’années, habillés de la même façon et qui se ressemblent étrangement. L’un parle, l’autre pas. L’un s’appelle François, l’autre s’appelle Christian. L’un est metteur en scène, l’autre n’est pas comédien mais est néanmoins l’interprète, en langue des signes, de cette pièce écrite spécialement pour lui et en partie par lui.
La pièce s’intitule Mon frère et est signée du metteur en scène François Grémaud, qui explique que cette création est venue « d’un désir ancien, mais longtemps contenu : celui de donner la parole – la vraie, la pleine – à Christian », son frère sourd de naissance.
Elle tisse trois histoires parallèles : celle de Christian, qui passe par des hauts et pas mal de bas ; celle de la langue des signes ; et celle, mise en abyme, de la création du spectacle.
Après avoir été montrée au Festival d’Avignon cet été, Mon frère est visible en ce moment au Théâtre du Rond-Point à Paris, avant une vaste tournée qui mènera les deux frères à Marseille, Neuchâtel, Besançon, Brest, Fribourg, Toulouse, Saint-Ouen, Malakoff, Bordeaux, Dunkerque ou encore Genève.
Avec :
« L’esprit critique » est un podcast enregistré par les équipes de Gong et réalisé par Corentin Dubois.
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Fonte: Mediapart