Les journaux télévisés parlent presque peu des revendications lycéennes

0

L'Humanité

En ce moment

Direct en cours

L’essentiel

L’essentiel

14h10

« Manifestations, pillages : au cœur du chaos », « Dispositif policier massif », « Les commerçants sont-ils prêts à se défendre seuls ? »… Voilà les titres que l’on peut retrouver sur les chaînes de télévisions ce mercredi 21 octobre. De BFMTV à France Info en passant par France 2, chacun s’en donne à coeur joie pour parler de tout, sauf des revendications de la jeunesse. Et les violences policières ne sont quasiment pas un sujet. Les médias dominants préfèrent s’étendre sur les dégradations du mobilier urbain plutôt que de parler des mutilations d’enfants orchestrés par la police. Pourtant, depuis le début du mouvement lycéen, 36 enquêtes pour violences policières ont été ouvertes auprès de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN). Main arrachée, œil en moins, mâchoire cassée … La liste est longue.

Hier, la CGT de France Télévisions a comparé une émission de France 2 à « un clip de propagande ». Ce dimanche 18 octobre, la chaîne a en effet diffusé une émission spéciale intitulée « La France sous le choc ». Les sujets s’enchaînent, les mêmes images tournent en boucle sur des musiques anxiogènes : les casseurs, les poubelles en feu et l’épuisement des policiers sont filmés sans fin. Là encore, les revendications de la jeunesse sont à peine filmées. Dans le sujet « 24 h qui ont bouleversé le pays », sur quatre minutes de reportage, six secondes sont accordées à une lycéenne qui manifeste et 24 secondes seulement sont dédiées aux manifestations « pacifiques ». La CGT appelle l’équipe du journal télévisé à démissionner : « Le 20h week-end a choisi son camp » en choisissant de « desservir la cause des revendications légitimes portées par les lycéens et les citoyens ».

13h21

Près de trois heures après son entrée à Matignon, Sophie Binet fustige l’absence « prise en compte des revendications » syndicales. Sortie de la réunion entre le gouvernement et les centrales syndicales, la secrétaire générale de la CGT a fustigé un gouvernement qui n’a « annoncé aucune mesure ».

« Le problème n’est pas la colère qui s’exprime (mais) la politique qui la provoque », a-t-elle par ailleurs rappelé. La CGT appelle donc les membres du syndicat « à enfiler leurs gilets rouges pour que les jeunes puissent revendiquer leurs droits » samedi 24 octobre. Sophie Binet en a aussi profité pour confirmer l’appel de l’intersyndicale à une grève généralisée le 5 novembre prochain.

Grève du 5 novembre : « La victoire est à notre portée », revendique Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT

13h10

Selon Emmmanuel Macron, « il faut savoir raison garder ». « Tout ce que je vous ai dit et qui permet de retrouver le calme depuis lundi n’a pas besoin de l’état d’urgence, a-t-il déclaré devant la presse le mercredi 21 octobre depuis le Qatar. Mais évidemment, si la situation le justifiait, il pourrait être pris. Mais l’objectif que nous poursuivons, c’est un retour au calme par la fermeté et les mesures d’ordre. »

Interdiction de manifester, couvre-feux, état d’urgence… Après le 17 octobre, la dangereuse tentation autoritaire

12h55

Lors de sa venue à Marseille pour rencontrer le maire de la ville, Gérald Darmanin a fait état de 2 500 gardes à vue en France, dont 917 personnes déférées avec poursuite pour être jugées en comparution immédiate. Ce nombre « tout à fait impressionnant a doublé, voire triplé », se félicite le ministre de la Justice devant la presse.

Il poursuit : « Tous les dépôts des tribunaux sont pleins. La justice est rendue avec fermeté » avec 174 incarcérations prononcées. Le garde des Sceaux annonce aussi la mise en place d’un « circuit dédié d’exécution des peines (…) afin que les gens exécutent leurs peines dans six mois dans un an, dans deux ans, mais le plus rapidement » possible.

12h35
Pour approfondir

Après les violences du 17 octobre, le gouvernement multiplie les accusations contre l’ « ultragauche », La France insoumise et plus généralement le mouvement social dans son ensemble pour éviter d’interroger sa propre responsabilité. Quitte à mentir pour discréditer toute opposition.

Une analyse à retrouver dans vos kiosques à journaux aujourd’hui et sur le site de l’Humanité :

Répression, accusations contre LFI, instrumentalisation de la police : les mensonges d’État sur le 17 octobre

12h01

« Ce qu’il s’est passé samedi dernier dans plusieurs villes du pays est inacceptable », a déclaré à la presse Emmanuel Macron à Doha, au Qatar, à l’issue de sa tournée de trois jours dans le Golfe destinée notamment à sécuriser des approvisionnements en carburant. « J’ai constaté ce qui s’était passé, j’ai demandé des clarifications et j’ai donné une feuille de route. »

Le président de la République appelle à la plus grande « fermeté ». Pour lui, les gens qui veulent semer le désordre dans les centres-villes samedi prochain, seront interdits de le faire. « En démocratie, il n’y a rien qui justifie la violence », poursuit-il. Le chef de l’État a également annoncé une réunion avec les services de renseignement sur le week-end passé et l’anticipation de mobilisations.

Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.

Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que quatre nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.

L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche les boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.

Dans un communiqué, la CGT a dénoncé « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé·es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a estimé, mardi sur France Inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.

Pour en savoir plus :

Accueil

Articles les plus lus dans cette rubrique

Un accident au cours d’un vol d’entraînement, un mort et un disparu… Ce que l’on sait du crash de l’avion militaire près de Nancy

Prison ferme, incarcérations… Après le 17 octobre, une justice expéditive pour « faire peur » avant la prochaine manif

Le Conseil d’État annule les sanctions contre le brigadier-chef qui avait dénoncé le racisme dans la police

Articles les plus lus dans cette rubrique

Un accident au cours d’un vol d’entraînement, un mort et un disparu… Ce que l’on sait du crash de l’avion militaire près de Nancy

Prison ferme, incarcérations… Après le 17 octobre, une justice expéditive pour « faire peur » avant la prochaine manif

Le Conseil d’État annule les sanctions contre le brigadier-chef qui avait dénoncé le racisme dans la police

Nos Rubriques

Nos thèmes

Nos services

Fonte: L'Humanité

Deixe um comentário

O seu endereço de email não será publicado. Campos obrigatórios marcados com *