Les étudiants de Paris Cité organisent des universités populaires

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11h40

Se mettre en grève ne rime pas forcément avec absence de cours. Ce mardi 20 octobre, sur le parvis du campus Saint-Germain-des-Prés, les étudiants de Paris Cité démarrent leurs universités populaires. Devant les barricades, des bâches ont été installées en hauteur en guise de toit pour braver la pluie.

Une petite cantine populaire pour les élèves mobilisée a aussi été mise en place. « C’est notre troisième semaine de blocus, raconte un étudiant à l’Humanité. Ce n’est jamais arrivé dans notre campus, même pas en mai 1968 ».

11h29

Alors que les universités publiques sont étranglées financièrement, 80 présidents et directeurs d’établissements réclament un milliard d’euros supplémentaire dès 2027 pour enrayer la crise, avant une « programmation pluriannuelle ambitieuse ». 

Pour dégager ces moyens, ils proposent notamment de réformer le crédit d’impôt recherche, qui coûte près de 8 milliards d’euros par an à l’État, et de supprimer les aides publiques à l’apprentissage versées à l’enseignement privé lucratif. En 2025, plus de 80 % des universités avaient dû voter un budget déficitaire.

Budget de l’enseignement supérieur : « C’est une casse organisée de notre service public », dénonce le docteur en science politique Nicolas Tardits

11h27

La conférence des présidents de l’Assemblée nationale (qui réunit tous les présidents de groupes, en premier lieu, mais aussi les présidents de commissions…) a validé ce mardi matin, sur la proposition de la présidente Yaël Braun-Pivet, la constitution d’une commission d’enquête sur les événements des derniers jours.

Concrètement, c’est la commission des lois qui va se transformer en commission d’enquête parlementaire, comme ç’avait été le cas lors de l’affaire Benalla en 2018. Les travaux de cette commission avaient alors été brusquement interrompus par la présidente macroniste de celle-ci : une certaine… Yaël Braun-Pivet. La France insoumise indique avoir demandé que les oppositions soient représentées par deux rapporteurs, tandis que la « majorité » aura la présidence et un rapporteur.

À l’heure qu’il est, on ne sait pas encore très bien si la commission d’enquête ne va s’occuper que des événements des 17 et 18 octobre ou si elle va remonter jusqu’au début du mouvement lycéen.

Interrogée sur la possibilité que les travaux de cette commission ne se transforment en procès de LFI, vu les attaques venues de la droite et de l’extrême droite ces derniers jours, Mathilde Panot s’est dite sereine. « Laurent Wauquiez avait déjà essayé de monter une commission pour faire notre procès. Le résultat a été une audition de Jean-Luc Mélenchon qui a fait des dizaines de millions de vues. Ils peuvent retenter, ça ne donnera absolument rien. »

11h20
Pour approfondir

Ce dimanche 18 octobre dans la soirée, un élu de Saint-Denis, Landry Ngang, a été ciblé par des tirs de gaz lacrymogène alors qu’il tentait de contribuer à l’apaisement entre CRS et adolescents. « Je suis adjoint au maire », a-t-il crié à de nombreuses reprises. Impossible de ne pas l’entendre, même sous un casque.

Pourtant, un CRS s’est approché, l’a poussé avant d’asperger son visage de gaz lacrymogène à moins d’un mètre de lui. L’adjoint chargé des finances est rentré chez lui, trempé. La scène a été filmée et postée sur les réseaux sociaux. « Je n’en resterai pas là, je vais porter plainte, a annoncé Landry Ngang via une publication Facebook. Ces comportements doivent être sanctionnés. Ne défendez pas l’indéfendable. »

Un peu après 19h, je me suis rendu sur la place des Tilleuls à Saint-Denis pour observer l’opération de police qui faisait suite à la dégradation du magasin Snipes.

J’ai vu deux véhicules de police percuter délibérément des jeunes, j’ai donc décidé de rester observer la suite de… pic.twitter.com/YDfc4BVaIv

Sur les réseaux sociaux, tout en condamnant les pillages et les dégradations dans sa ville, le maire Bally Bagayoko « demande aux autorités préfectorales des explications précises sur ces agissements » et rappelle que « les élus doivent pouvoir contribuer à la désescalade sans être exposés à des comportements hostiles ou disproportionnés. » Car « rien ne saurait justifier qu’ils soient pris à partie dans l’exercice de leur mandat ».

La suite de l’article est à retrouver sur le site de l’Humanité :

Élu gazé, enfants percutés par une voiture de police… À Saint-Denis, les CRS attisent la colère

11h00

Paris Cité, Sciences Po, École du Louvre, Sorbonne… Depuis ce lundi 19 octobre, les blocages se multiplient à travers la France afin de maintenir la flamme des mobilisations du samedi 17 octobre. Face à une réponse répressive du gouvernement, les étudiants comptent bien continuer de soutenir le mouvement lycéen et de dénoncer les violences policières.

10h58

D’après les dernières révélations de Mediapart, le gouvernement chercherait à imputer à LFI la responsabilité des violences du 17 octobre. « On nous demande d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux », affirme un commissaire du renseignement territorial. Selon lui, « l’ultragauche est minoritaire » parmi les auteurs des violences.

Un constat qui contredit directement le récit porté par l’exécutif, qui accuse depuis samedi « l’ultragauche » et LFI d’avoir organisé les troubles. Invitée de TF1 lundi matin, la procureure de Paris, Laure Beccuau, affirmait elle-même ne pouvoir « absolument pas confirmer » que leurs auteurs soient des personnes politisées à l’ultragauche. Avant même le 17 octobre, une note de la préfecture de police décrivait par ailleurs un mouvement lycéen « particulièrement éclaté et spontané », difficile à contrôler.

Le gouvernement accusé d’avoir menti pour relier la gauche aux dégradations du 17 octobre

Depuis le 17 octobre qui a réuni 800 000 manifestants partout en France et la vague de violences et de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux est mise en œuvre tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.

Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que 4 nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.

Dans un communiqué, la CGT a dénoncé hier « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé· es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a également estimé, ce mardi sur France inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.

Pour en savoir plus :

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Fonte: L'Humanité

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