« Le tribunal médiatique existe, mais il ne condamne que les victimes » : rencontre avec Florence Porcel, à l’origine de l’affaire PPDA
Por Nadège Dubessay — L'Humanité
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Spécialisée dans l’astronomie, le spatial et les sciences de l’Univers, elle était reconnue pour sa vulgarisation scientifique. Ça, c’était avant 2021. Depuis, sa carrière a pris fin. Pourquoi ? Car elle a été la première femme à porter plainte contre Patrick Poivre d’Arvor pour viols aggravés. Elle revient sur son histoire et sur celle de 14 autres victimes dans un livre fort, très documenté et passionnant.
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Elle nous a donné rendez-vous dans un café parisien. Florence Porcel a la parole assurée, le regard franc. Dans son livre Parler ou se taire. Ce qu’il en coûte de s’attaquer à des hommes puissants (Hugo Doc), elle démontre de manière implacable le lourd tribut payé par les victimes de viols qui ont osé témoigner.
Au terme de trois ans d’enquête, vous donnez la parole à 13 femmes et un homme, qui ont dénoncé des personnalités publiques. Vous revenez également sur votre propre histoire. Comment allez-vous, alors que votre livre vient de sortir en librairie ?
Florence Porcel
autrice
Je m’expose, ainsi que 14 autres personnes qui m’ont fait confiance. J’ai cette pression de respecter leur parole et de ne pas représenter une violence de plus. Je ne suis pas journaliste et je suis concernée. Certaines personnes, qui ne veulent plus s’exprimer devant la presse, ont accepté de me parler pour ces raisons.
Il y a dans mon livre des paroles très rares, ce qui m’oblige doublement. Mais sa sortie, c’est aussi une libération. Je m’adresse au grand public, à ces gens qui semblent vivre dans un monde parallèle où les victimes portent plainte pour de l’argent. Je veux déconstruire ces idées reçues.
Comment avez-vous réussi à gagner la confiance des victimes ?
Quand on est dans ce genre d’affaire, on se connaît via des associations, les réseaux sociaux. Charlotte Arnould, la première à avoir déposé une plainte pour viols et agressions sexuelles en 2018 contre Gérard Depardieu, m’avait contactée très vite pour me soutenir après ma plainte, en 2021, contre Patrick Poivre d’Arvor pour viols aggravés.
J’ai aussi contacté beaucoup de personnes qui ont refusé. Ou qui étaient d’accord et ont changé d’avis. J’ai recherché un échantillon le plus divers possible pour être représentatif dans les positions géographiques, les âges, les classes sociales, les infractions dénoncées.
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Dans ce panel si divers, quel est le dénominateur commun ?
Ces 14 personnes si différentes me racontent la même histoire. À l’exception de Manon…
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Fonte: L'Humanité