« La solidarité n’arme pas face à un feu » : dans le cortège parisien, les pompiers soutenus par des citoyens inquiets

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Por Scarlett Bain — L'Humanité

Les revendications de l’intersyndicale des pompiers professionnels ont résonné fort ce mardi 29 septembre dans les rues de Paris. À leurs côtés, ils ont pu compter sur les citoyens et citoyennes solidaires de leur lutte pour grossir les rangs.

Société

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Publié le 29 septembre 2026

Publié le 29 septembre 2026

Scarlett Bain

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Des civils ont grossi les rangs de la mobilisation des pompiers à Paris, ce 29 septembre.
© Thibaut Durand / ABACAPRESS.COM

Au milieu des uniformes noirs et rouges, des têtes casquées et du chambardement des pétards, ils étaient reconnaissables entre mille, les civils venus manifester aux côtés des pompiers. « Je leur ai dit de tirer moins de pétards, nous, nous ne sommes pas habitués comme eux à toutes ces explosions », dit en riant Exuki. Les mains sur les oreilles, elle admire le cortège au départ de la place d’Italie.

« Nous sommes dans une situation intenable au niveau climatique, au niveau social, au niveau politique. On ne va pas attendre que tout s’effondre, il faut qu’on reprenne la main et je remercie vraiment les pompiers d’être là en force. Ensemble, on va réussir à retourner la situation », prédit, confiante, la retraitée qui a ressorti son gilet jaune pour l’occasion.

Comme Exuki, ils étaient nombreux à choisir le départ de la manifestation de l’intersyndicale des pompiers pour converger ensuite vers celle de la fonction publique. Dans les rangs, Sophie et Régis échangent avec sérieux. Ils semblent se connaître, pourtant ils viennent de se rencontrer, leur combat commun les a rassemblés.

« On est là par solidarité avec les pompiers, il faut qu’ils obtiennent une réponse à leurs revendications, cela fait années que ça dure ! » tempête Sophie, consciente que le manque de moyens humains et matériels ne date pas d’hier. « Et ce gouvernement a fini de tout mettre à genoux, Emmanuel Macron est une catastrophe pour le pays », tance son nouveau compagnon de lutte à l’impeccable chemise rouge de circonstance. Ensemble, ils le revendiquent : « De l’argent il y en a, maintenant il faut le mettre dans nos services publics. »

« C’est au gouvernement maintenant d’être solidaire »

Ils continuent leur marche, « heureux » que la fusion s’opère entre les cortèges « pour défendre nos services publics mais aussi pour nos salaires. L’État n’a plus d’humanisme, l’argent a pris le dessus sur tout sauf pour nous, les trois quarts des Français sont dans le rouge à la fin du mois », ne décolère pas Sophie. Contre le gel du point d’indice les cheminots de Perpignan (Pyrénées-Orientales) avaient aussi choisi de battre le pavé avec les soldats du feu : « Nous menons le même combat », constate simplement Eugène, un autocollant CGT cheminots plaqué sur le torse.

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« Certains collègues enchaînent quinze interventions dans une garde de vingt-quatre heures. Cela crée une perte de sens au travail et de la fatigue », constate Peter Gurruchaga, sapeur-pompier professionnel et représentant CGT des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). | Source: © Istock

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Les saluts et les regards reconnaissants entre les hommes en uniforme et leurs soutiens s’affichent avec sincérité tout au long du parcours. « Je suis arrivé depuis la Drôme, précise un pompier. Cet été, dans le Diois, nous avons connu des incendies hors de contrôle et les Canadairs, réquisitionnés sur d’autres fronts, ont trop tardé à arriver », témoigne l’homme qui, pour la première fois en vingt et un ans de carrière, participe à une manifestation nationale. « Sur place, la solidarité des habitants était fantastique ça, a réchauffé nos cœurs mais ça n’arme pas face à un feu. C’est au gouvernement maintenant d’être solidaire avec nous, en nous donnant les moyens de remplir nos missions. »

Le long du boulevard de l’Hôpital, certains habitants se dressent par leurs fenêtres pour applaudir le cortège. Un spectacle qui réjouit Aminata et son amie Alisson, toutes deux âgées de 17 ans. « C’est incompréhensible que les pompiers aient besoin de manifester. Ce sont eux qui nous protègent tous les jours mais eux personne ne prend soin d’eux, moi ça me scandalise ! », analyse simplement Aminata, qui rappelle que le combat pour la dignité et pour la considération est aussi en ce moment mené par de nombreux lycéens. Arrivés place de la Bastille, les pompiers ont reçu une ovation. L’intersyndicale, elle, était au ministère de l’Intérieur pour obtenir enfin des réponses à la hauteur de leurs besoins.

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Fonte: L'Humanité

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