La police entrave le droit parlementaire d’un élu communiste
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14h30
C’est un scandale
Ce jeudi 1er octobre, le sénateur communiste Pascal Savoldelli s’est vu refuser son droit de visite parlementaire auprès d’un lycéen de 15 ans placé en garde à vue au commissariat de Vitry-sur-Seine.
L’article 719 du Code de procédure pénale est pourtant clair : les parlementaires peuvent visiter, sans autorisation préalable, les lieux de privation de liberté, y compris les lieux de garde à vue. Or, pendant plusieurs heures, Pascal Savoldelli s’est « heurté à des refus de communication d’informations malgré (ses) appels répétés au commissariat de Vitry-sur-Seine », écrit le sénateur sur Facebook. Pendant ce temps, les amis et la famille de l’adolescent, membre des Jeunes Communistes (MJCF), sont restés sans nouvelles. Sa mère, inquiète pour sa santé en raison de ses problèmes respiratoires, demandait à pouvoir lui transmettre de la Ventoline.
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Après de nombreux appels, le communiste s’est rendu sur place. Sauf qu’après une heure d’attente à Vitry-sur-Seine, le Commissariat lui annonce que le jeune homme est en réalité à Villejuif. « Pas une seule fois, cette information ne m’avait été transmise lors des différents échanges téléphoniques, y compris lorsque j’ai annoncé me rendre à Vitry-sur-Seine, me faisant diriger sciemment dans un commissariat où les travaux en cours sur le bâti ne permettent pas de pouvoir recevoir des gardes à vue », écrit Pascal Savoldelli.
Une fois à Villejuif, le sénateur communiste a enfin pu rencontrer le jeune mineur, qui n’avait pas vu de médecin depuis le début de sa garde à vue à 11 heures, malgré sa demande. Il a finalement pu en programmer une à 23 heures.
Pascal Savoldelli a alors écrit au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour demander des explications.
A-T-ON VOULU ENTRAVER MON DROIT DE VISITE PARLEMENTAIRE ?
Suite à la garde à vue d’un Jeune Communiste de Vitry âgé de 15 ans, je demande des explications au Ministre de l’Intérieur. pic.twitter.com/fL8MAiLg05
14h00
Manque de personnels, bâti vétuste, trop d’élèves par classe, manque d’enseignants, emplois du temps intenables, poursuite d’études entravée… Face au triste constat d’un service public d’Éducation à l’os, le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU soutiennent les revendications des lycéens et appellent à la grève le 6 octobre au même titre que la CGT, FO et Solidaires.
« Les revendications des élèves témoignent des conditions d’études déplorables en raison des choix budgétaires et politiques imposés par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron, écrivent le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU dans un communiqué. Les élèves mobilisés veulent aussi l’égalité et l’émancipation par la connaissance et l’esprit critique, conscients que les réformes macronistes ont tourné le dos aux principes de l’Ecole de la République ».
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Parce que les élèves réclament plus d’égalité et de justice sociale, le gouvernement fait le choix de répondre par la force et la répression policière. « C’est inacceptable ! Cette répression doit cesser », poursuivent les syndicats qui estiment que la réponse disproportionnée de la police abîme davantage la confiance de la jeunesse envers les institutions. « C’est donc aussi la confiance dans la démocratie qui est abîmée. Ce gouvernement et le Président de la République en sont comptables. » Pour les syndicats, le gouvernement doit apporter des réponses budgétaires rapides, la « seule voie de la sortie de crise ».
13h50
C’est un scandale
Le Rassemblement national n’a que faire de la jeunesse et de ses revendications. « J’ai toujours été contre le “droit de grève” des lycéens, crache Jean-Philippe Tanguy au micro du média en ligne Sur le Terrain. Ils ne travaillent pas et ils bénéficient d’un service public ». Le député d’extrême droite assure que ces mobilisations manquent de respect aux études gratuites françaises. Pour lui, bloquer un lycée est inutile : les jeunes devraient parler à leurs élus, « faire des pétitions, des vidéos sur les réseaux sociaux, réaliser des happenings…»
Les blocus sont inutiles ? Comme le rappelle si bien l’Institut national de l’audiovisuel (INA) dans une vidéo d’archives publiée le 30 septembre, en 1990, les lycéens étaient dans la rue. Locaux vétustes, manque de surveillants, de professeurs et de moyens : parti de Seine-Saint-Denis, leur mouvement avait gagné toute la France et obtenu 4,5 milliards de francs de l’État.
En 1990, les lycéens étaient dans la rue.
Locaux vétustes, manque de surveillants, de professeurs et de moyens : parti de Seine-Saint-Denis, leur mouvement avait gagné toute la France et obtenu 4,5 milliards de francs de l’État.
⏪Retour sur six semaines de mobilisation. pic.twitter.com/aX3CqdHYet
13h22
« Cessons de réprimer la jeunesse pour la faire taire », appelle ce vendredi 2 octobre le syndicat de la magistrature dans un communiqué que l’Humanité a pu consulter. Le gouvernement doit cesser sa réponse brutale au mouvement social des lycéens et écouter « leur colère face à l’état de délabrement du service public de l’éducation, qui les frappe de plein fouet et entrave leur avenir ».
Le syndicat de la magistrature dénonce le « gazage des élèves, les interpellations brutales et l’utilisation d’armes sublétales mutilantes comme les LBD ou les grenades explosives ». Il rappelle que 119 élèves ont été blessés et que l’IGPN a été saisi à de nombreuses reprises. « Aucune stratégie d’apaisement et de désescalade n’est avancée par le ministre de l’Intérieur », gronde le syndicat.
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Le ministère de la Justice a publié mardi dernier une dépêche ministérielle enjoignant les procureurs « à faire preuve de la plus grande fermeté » dans les cas de « participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou dégradations, ou de participation à une manifestation en étant porteur d’une arme ». Pour le syndicat de la magistrature, le ministère enjoint les parquets à faire primer le tout-répressif. « Il n’est à aucun moment envisagé, comme l’imposent la Constitution, les traités internationaux et la loi, de privilégier des réponses éducatives face aux infractions constatées », poursuit le communiqué.
13h02
Des photos et vidéos de syndicalistes protégeant les lycéens fusent sur les réseaux sociaux depuis le début des mobilisations. Hier, la CGT du Havre et de Poissy a effectué une chaîne humaine pour s’interposer entre élèves et policiers. Aujourd’hui, elle est aux côtés des élèves d’Hélène Boucher à Paris. À Bordeaux, la FO escorte les jeunes en manifestation ou aux alentours de leurs établissements comme au lycée de Barp.
12h47
Le mouvement lycéen et universitaire continue de prendre de l’ampleur. Le ministère de l’Éducation nationale vient d’annoncer que 564 établissements « ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée ».
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Les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés à se mobiliser ce vendredi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé l’interdiction de manifester autour des 400 établissements annoncés fermés en raison du lock-out orchestré par le gouvernement via des cours en distanciel soumis à des contrôles d’assiduité.
L’exécutif tente par tous les moyens, en particulier une violente répression policière, d’étouffer dans l’œuf le mouvement qui a encore pris de l’ampleur jeudi. Après les 338 établissements mobilisés mardi, les 356 mercredi, ce sont « 1 027 établissements », sur environ 3 700 lycées en France, qui « ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Parti d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Et aussi l’enseignement supérieur avec une quarantaine de sites concernés jeudi à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre… L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne ont appelé à converger et à une journée de manifestations communes le mardi 6 octobre.
Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Le ministre Laurent Nuñez dénonce en boucle « une violence débridée » et avance le chiffre de 300 policiers et gendarmes blessés tandis que les cas documentés de violences contre les élèves se multiplient avec déjà 3 enquêtes ouvertes par l’IGPN et la saisie du Défenseur des droits. 65 personnels de l’Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, a également recensé le ministère.
Les seules autres réponses apportées pour l’heure oscillent entre pseudo-concertation et le retrait d’une mesure annoncée seulement quelques heures plus tôt. Les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires prévus dans le budget 2027 présentés jeudi matin et dont la suppression a été annoncée au 20 heures par le ministre de l’Éducation. Surcharges des classes, profs non remplacés, établissements dégradés… autant de revendications que les élèves devraient remettre sur la table ce vendredi.
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Fonte: L'Humanité