La loi « Casseurs-payeurs » débarque au Sénat
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09h50
Le chiffre est tombé. Six enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des violences commises par les autorités lors des 17 et 18 octobre, a appris l’Agence France-Presse auprès d’une source proche du dossier.
Parmi ces enquêtes, l’une concerne un jeune de 17 ans, Farès, qui a eu la main droite arrachée samedi à Saint-Étienne par une grenade de désencerclement. Pour l’heure, nul ne sait si le mineur mutilé a tenté de ramasser la grenade ou si elle a explosé près de lui. L’avocat de Farès a annoncé, ce lundi 19 octobre, le dépôt de deux plaintes. L’une contre l’auteur du tir, l’autre contre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour « complicité de violences aggravées, par instructions ». Le pénaliste lui reproche d’avoir réintroduit l’usage de grenades assourdissantes. « Sans cette décision, notre client aurait aujourd’hui ses deux mains, affirme l’avocat. Sa réautorisation constitue une instruction dont (Laurent Nuñez) doit répondre. »
Un adolescent de 17 ans a la main arrachée à Saint-Étienne : « La police a forcément vu la scène et nos appels à l’aide »
Une autre enquête porte sur une adolescente de 17 ans qui a perdu son œil gauche, samedi aussi à Mulhouse. Au total, dans le cadre du mouvement des lycéens, 36 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
09h46
Alors que les taux d’emprunt français ont atteint mardi 4,96 % à dix ans, Roland Lescure entend garantir coûte que coûte la trajectoire budgétaire du gouvernement. Le ministre de l’Économie a assuré mercredi sur RTL que la France aurait un budget début 2027, avec un déficit ramené sous les 5 % du PIB. « Soit les parlementaires nous y amènent, soit on les y amènera », a-t-il prévenu.
Pour y parvenir, l’exécutif prévoit 54 milliards d’euros d’économies et n’exclut ni le recours au 49.3 ni les ordonnances, présentés comme deux « glissières de sécurité ». Alors que les marchés s’inquiètent de la capacité du gouvernement à tenir sa trajectoire budgétaire, Roland Lescure assure ironiquement qu’il ne s’agirait « pas d’un passage en force, mais d’un passage par la raison ».
🎙️ “On activera les glissières” : Roland Lescure dessine sur RTL l’utilisation du 49.3 ou des ordonnances pour faire adopter le budget 2027@RolandLescure, ministre de l’Économie et des Finances, invité du 7h40 au micro de @c_landreau sur #RTLMatin pic.twitter.com/oJrDKIhzhZ
09h35
Pour approfondir
Pourquoi le fiasco sécuritaire de samedi 17 octobre est-il de la responsabilité totale du gouvernement ? Comment la répression policière est-elle devenue une réponse politique à la colère sociale ? L’institution policière dans son ensemble est-elle à réformer du sol au plafond ?
Pour répondre à ces questions, et à quelques autres : Sébastian Roché, sociologue, directeur de recherche au CNRS et auteur de La Police contre la rue chez Grasset, est au micro de Théo Bourrieau dans la matinale Twitch de l’Humanité ce mercredi 21 octobre :
17 octobre : le fiasco sécuritaire d’un gouvernement irresponsable – Entretien avec S. Roché
09h28
Persuadé que le mouvement s’essoufflerait avec le début des vacances scolaires, le ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a décidé de laisser quatorze compagnies de CRS au repos avant samedi 17 octobre, révèle le Canard enchaîné. Outre la permission donnée aux autorités pour enchaîner les violences, le locataire de Matignon n’avait donc pas anticipé le nombre de manifestants.
« Plus le gouvernement a peur, plus il va chercher à faire peur », analyse le sociologue Sebastian Roché
09h10
Invitée sur RTL ce mercredi 21 octobre, la secrétaire générale de la CGT appelle le gouvernement à « traiter les jeunes et les salariés aussi bien que les patrons ». Sophie Binet aura l’occasion d’en parler de vive-voix au Premier ministre, Sébastien Lecornu : elle doit le rencontrer ce matin à Matignon pour la première fois « depuis 13 mois ». « Il doit sortir de son bunker et a intérêt à répondre aux revendications », gronde-t-elle.
« Jamais les jeunes, les travailleurs et les travailleuses n’ont été aussi maltraités et méprisés qu’aujourd’hui », estime Sophie Binet, alors que 800 000 personnes sont descendues dans les rues samedi. Si la syndicaliste condamne les dégradations du 17 octobre, elle affirme qu’il est intolérable de répondre « à une mobilisation sociale par la répression ».
Couvre-feux et « pourquoi pas » l’intervention de l’armée, « acte II »… Ce qu’il faut retenir de cette journée du 19 octobre
Elle espère que Sébastien Lecornu entendra les demandes des jeunes, qui ne sont toujours pas conviés à Matignon, et des salariés : fin de Parcoursup, plus de moyens pour les lycées et les universités, augmentation des salaires et du Smic de 10 %… Ce n’est pas avec le budget prévu par le gouvernement pour 2027 que ces projets verront le jour. « Le gouvernement veut faire les poches des salariés », s’indigne Sophie Binet.
Pour l’heure, la CGT n’a pas encore confirmé sa présence à la mobilisation du samedi 24 octobre. La date du 5 novembre a cependant été retenue par l’intersyndicale.
08h55
L’extrême droite en rêve, Sébastien Lecornu le fait : punir les familles modestes en tapant dans leurs prestations sociales. Le projet de loi « Casseurs-payeurs » débute son parcours parlementaire ce mercredi 21 octobre au Sénat, quelques jours après les pillages et les dégradations survenus lors des manifestations du 17 octobre dans plusieurs villes de France. Ce texte envisage de faire contribuer financièrement les personnes appartenant aux groupes impliqués dans des dégradations, indépendamment de la preuve de leur contribution effective aux dommages.
Pour s’assurer que les casseurs paient, l’État souhaite, via cette loi, retenir l’argent sur leurs allocations familiales et leurs aides au logement. Par ailleurs, les revenus générés par la revente d’objets volés seront automatiquement déduits des aides sociales des pilleurs.
Dégradations après la victoire du PSG : Sébastien Lecornu s’en prend aux aides sociales
La veille, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu ce texte qu’il juge « indispensable ». « Il y a là l’occasion de faire œuvre utile avant cette élection présidentielle », a-t-il déclaré, en affirmant vouloir conduire le projet « à son terme ».
Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.
Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que quatre nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche les boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.
Dans un communiqué, la CGT a dénoncé « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé·es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a estimé, mardi sur France Inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.
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Fonte: L'Humanité