« La censure veut que les prochaines générations n’aient pas accès à certaines idées » : au festival America, les romanciers décortiquent l’Amérique de Trump
Por Christophe Deroubaix — L'Humanité
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Nature du trumpisme, traces de l’esclavage et de la ségrégation mais aussi espoir de changement né à New York : durant le Festival America, des dizaines d’auteurs ont ausculté les entrailles de leur pays.
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Ils habitent tous trois le Mississippi, mais c’est dans la salle des mariages de l’hôtel de ville de Vincennes (Val-de-Marne) qu’ils se sont croisés pour la première fois. Aucune union à célébrer si ce n’est celle des lecteurs et des auteurs, principe matriciel du Festival America, qui organisait, du 24 au 27 septembre, sa douzième édition en cette année de 250 e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis.
Le Mississippi, c’est « cet endroit affreux mais qui suscite beaucoup de créativité, d’où le nombre des auteurs », selon la description d’Addie E. Citchens (les Révérentes, Bourgois).
Doyen d’un « panel » au titre emprunté au cinéma (Mississippi Burning, d’Alan Parker), John Grisham, dont les romans ont été portés plus qu’à leur tour sur grand écran, de la Firme à l’Affaire Pélican, a d’abord livré quelques souvenirs du « vieux Mississippi » : « Tout était ségrégué. Les écoles étaient totalement blanches, celles pour les Noirs se trouvaient de l’autre côté de la voie ferrée. À l’âge de 12 ans, je suis allé à un meeting du Ku Klux Klan, qui avait fait brûler une grande croix dans un champ. Quand j’ai eu 15 ans, la Cour suprême a décidé de déségréguer, mais les Noirs n’avaient pas le droit de vote. C’est seulement à l’université que j’ai commencé à côtoyer des Noirs et donc à me poser des questions. »
Oui, mais voilà, pour Addie E. Citchens, ce n’est pas vraiment de l’histoire ancienne : « Le changement, on le voit de manière très différente selon notre position sociale. Le Mississippi est toujours très ségrégué. Notre vote ne compte pas en raison du charcutage électoral. Notre situation n’a pas beaucoup changé. J’ai eu le bac en 1998 et mon bal de promo était toujours ségrégué. Pour moi, c’est toujours le bon vieux Mississippi », lâche l’autrice,…
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Fonte: L'Humanité