Incendie de la mairie de Limoges : le parquet requalifie les faits en « tentative de meurtre »

0

L'Humanité

En ce moment

Direct en cours

L’essentiel

L’essentiel

18h01

« On est forcément, nous, extrêmement déçu » de la réunion à Matignon avec le premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, regrettant que le rendez-vous jeudi après-midi avec les partis politiques ait été seulement consacré à la politique du maintien de l’ordre et non sur les réponses à la crise sociale.

« Il faut que le gouvernement apporte des réponses et traite les causes de ces manifestations et pas les symptômes », a plaidé le candidat du PCF à l’élection présidentielle, à la sortie de Matignon. « Nous n’avons eu aucune réponse sur les questions sociales, aucune réponse aux urgences sociales qui s’expriment dans le pays », a ajouté M. Roussel.

« La République, ce n’est pas le régime de la matraque » : Fabien Roussel présente ses propositions face aux « légitimes revendications » du 17 octobre

18h00

 « On sort de cette réunion encore plus inquiets qu’on n’y était rentrés », a réagi la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, à la sortie de l’Hôtel de Matignon, regrettant l’absence de réponse aux revendications sociales.

« J’ai le regret de vous annoncer qu’on ne se comprend plus », a déclaré la candidate à l’élection présidentielle, en regrettant aussi que la réunion ait été uniquement consacrée au maintien de l’ordre. « De qui se moque-t-on ? On a d’ailleurs eu un PowerPoint qui nous expliquait les trois piliers de la doctrine du maintien de l’ordre français. C’était assez lunaire », a-t-elle raconté.

17h48

Les interdictions se multiplient. Désormais, c’est la deuxième ville du pays qui est concernée. Toutes les manifestations sont interdites samedi à Marseille.

La ville phocéenne a été particulièrement touchée le 17 octobre, par les pillages et les dégradations : sa propre mairie centrale a été investie et vandalisée. De quoi déclencher la colère de l’édile, qui était allé jusqu’à remettre en cause les chiffres avancés par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône pour se dédouaner.

Celle-ci indiquait avoir eu affaire à près de 30 000 pilleurs pour justifier son incapacité à agir sur tous les fronts. « Je trouve cette défense assez ridicule. 30 000, c’est la moitié du stade Vélodrome », avait balayé Benoît Payan. Selon lui, « des policiers et des gradés de la préfecture parlent eux de 1 500 ».

Le lundi 19 octobre, au micro de France Inter, le maire de Marseille, Benoît Payan, a directement pointé la responsabilité du ministre de l’Intérieur : « Pourquoi un mouvement de repli des CRS a-t-il permis à des voyous de s’introduire dans ma mairie ? (…) Pourquoi les forces de l’ordre se sont-elles employées à tirer des lacrymogènes sur les manifestants et pas sur les pilleurs ? »

Violences du 17 octobre : police, casseurs, gouvernement… Qui sont les véritables incendiaires ?

17h34

La famille de l’homme de 59 ans décédé samedi 17 octobre à Paris réclame que les résultats de son autopsie soient communiqués « au plus vite » par le parquet, qui a ouvert une enquête en recherches des causes de la mort, a déclaré ce jeudi son avocat à l’AFP.

« Nous demandons ces résultats d’autopsie dès qu’elle aura été effectuée, pour connaître les causes de la mort », a insisté Me Youri Krassoulia, mandaté par la conjointe du défunt, un intermittent du spectacle « sans problème cardiaque ». « Personne ne nous tient au courant de ce qu’il se passe. Personne ne veut nous donner d’information plus précise », a-t-il déploré.

Une enquête pour « recherches des causes de la mort » a été ouverte par le parquet pour déterminer les circonstances de la mort de cet homme qui, selon les premières constatations rapportées par le ministère public, aurait succombé « des suites d’un probable malaise » près de République.

L’homme est décédé rue du Château-d’Eau, une artère qui part de la place de la République, l’un des épicentres des violences de samedi. Son corps a été transporté à l’institut médico-légal, avait précisé le parquet.

Ses proches cherchent désormais toutes informations ou témoignages, notamment des vidéos, qui ont pu être prises avant et au moment du décès, selon Me Krassoulia.

La préfecture de police, de son côté, a indiqué que samedi à 18h20 les sapeurs-pompiers avaient été sollicités pour un « homme de 59 ans inconscient sur la voie publique à l’angle de la rue de Lancry et du boulevard Magenta ».

« Compte tenu des conditions de sécurité dégradées aux alentours, la victime a été déplacée au centre de secours de Château d’Eau où elle est décédée à 18 h 55 malgré les secours », avait déclaré cette source.

Une autre enquête a été ouverte sur un deuxième mort, dans la nuit du dimanche au lundi à Paris : il s’agit d’un homme de 48 ans, décédé rue Berger dans le quartier des Halles, des suites d’un malaise sur la voie publique malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, selon la préfecture de police.

Frapper au risque de tuer : la liquidation du « syndrome Oussekine » exigée dans le Figaro

17h31

Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard a fustigé jeudi, à sa sortie de Matignon, une réunion qui a « fait perdre » du temps au pays en raison, selon lui, du refus du premier ministre d’aborder les revendications sociales des manifestants.

Lors de cette réunion consacrée au maintien de l’ordre, Sébastien Lecornu « à aucun moment n’est rentré dans le débat précis sur les revendications des jeunes, sur les revendications du pays, sur la colère, sur la souffrance sociale », a dénoncé Manuel Bompard, en pointant une « stratégie qui consiste à perdre du temps ».

17h24

L’enquête sur l’incendie criminel de la mairie de Limoges le 17 octobre s’est accélérée aujourd’hui avec l’interpellation dans la Creuse d’un deuxième suspect, après un premier homme arrêté mardi en Haute-Vienne et soupçonné désormais de tentative de meurtre sur des policiers.

Le premier homme, âgé de 34 ans et arrêté mardi à Bussière-Boffy, sur la commune de Val-d’Issoire (Haute-Vienne), a été mis en cause pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique » et sa garde à vue a été prolongée de 48 heures, a annoncé la procureure de la République à Limoges, Émilie Abrantes, dans un communiqué de presse.

Selon le parquet, « l’analyse détaillée des éléments de cartographie et de chronologie des faits, l’exploitation des images provenant du drone utilisé par la police nationale et les auditions des 13 policiers municipaux présents au sein de la mairie de Limoges au moment des faits » ont conduit à étendre l’enquête à cette qualification.

Un homme de 66 ans a été interpellé ce jeudi 22 octobre à Gentioux-Pigerolles, sur le plateau de Millevaches en Creuse. Le parquet de Limoges a requalifié les faits en « tentative de meurtre » sur les policiers municipaux retranchés dans l’hôtel de ville. pic.twitter.com/HxB2FjiSwn

Jusqu’à présent, elle était ouverte pour « dégradation d’un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes » et « menaces de mort » sur les personnes présentes dans la mairie.

Le second suspect, âgé de 66 ans et arrêté avec l’appui de l’antenne du RAID de Bordeaux, est en garde à vue à ce stade pour l’incendie, a précisé la magistrate.

Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse malgré la rencontre avec les syndicats à Matignon mercredi.

Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que six nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.

L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche des boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.

Après trois heures de réunion à Matignon mercredi, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, à annoncer que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation » alors que le gouvernement n’a « aucune mesure », seulement « un budget dangereux pour les travailleurs ». L’intersyndicale dans son ensemble a réitéré son appel à une grève généralisée le 5 novembre prochain. « D’ici là, il est impératif qu’il y ait des réponses sociales aux attentes des travailleurs et des travailleuses », a prévenu Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre à laquelle la CGT a apporté son soutien tandis que certaines manifestations ont été interdites ce jeudi.

Pour en savoir plus :

Accueil

Articles les plus lus dans cette rubrique

« On va vous défoncer la gueule ! » : à Paris et Lille, l’extrême droite attaque des blocages étudiants

Prison ferme, incarcérations… Après le 17 octobre, une justice expéditive pour « faire peur » avant la prochaine manif

Affaire Garrido-Corbière : l’ex-chef de l’UDI Jean-Christophe Lagarde renvoyé devant le tribunal correctionnel pour escroquerie en bande organisée

Articles les plus lus dans cette rubrique

« On va vous défoncer la gueule ! » : à Paris et Lille, l’extrême droite attaque des blocages étudiants

Prison ferme, incarcérations… Après le 17 octobre, une justice expéditive pour « faire peur » avant la prochaine manif

Affaire Garrido-Corbière : l’ex-chef de l’UDI Jean-Christophe Lagarde renvoyé devant le tribunal correctionnel pour escroquerie en bande organisée

Nos Rubriques

Nos thèmes

Nos services

Fonte: L'Humanité

Deixe um comentário

O seu endereço de email não será publicado. Campos obrigatórios marcados com *