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17h27
Alors que le mouvement de lycéens et des étudiants est entré dans une nouvelle phase, avec plus de 640 lycées et 30 universités bloqués ce 1er octobre, la CGT, la FSU et Solidaires ont dénoncé la répression de l’exécutif. “Ce qui se passe est très grave et dangereux”, assène sur France info Sophie Binet.
Pour la secrétaire générale de la CGT, “l’urgence, c’est d’ouvrir le dialogue avec les lycéens et les lycéennes mobilisés, au lieu d’envoyer les policiers devant les établissements scolaires”.
Si la cégétiste assure que “bien sûr, les violences (de lycéens, NDLR), desservent la mobilisation”, elle déclare “d’abord condamner la stratégie du gouvernement qui a conduit à ces violences”. Pour l’ex figure étudiante lors du CPE en 2006, ”on ne gère jamais une mobilisation de jeunesse comme cela. C’est totalement irresponsable”
« Il n’est pas censé lever son arme vers des lycéens » : à Clichy, les élèves du lycée René Auffray face aux violences policières
Dans la journée, le gouvernement avait annoncé la mise en place de frais d’inscription en BTS et classes préparatoires dans le cadre du budget pour 2027. “J’ai envie de demander, est-ce que M. Lecornu est un pyromane ?”, rétorque Sophie Binet.
De son côté, dans un communiqué, la FSU dit “se tenir aux côtés des lycéens mobilisés”. “Les violences doivent cesser, la jeunesse doit être protégée. Il y a urgence à permettre l’expression lycéenne et étudiante sans entrave et dans un cadre démocratique, pacifique, libre et serein”, insiste la principale organisation syndicale de l’Education nationale. Qui ajoute “qu’après la réussite de la grève du 29 septembre dans l’éducation et le début d’une mobilisation lycéenne et étudiante, la FSU met en débat la construction de nouvelles mobilisations dans l’éducation et l’enseignement supérieur.”
Pour Solidaires, “cette situation est le résultat des politiques menées depuis des années de destruction du service public d’enseignement”, comme “le manque de personnels, les bâtis insalubres, les classes non-chauffées ou surchauffées et Parcoursup”.
L’Union syndicale “alerte sur la dérive autoritaire et rappelle que les lycéens et lycéennes disposent de la liberté de réunion, d’association et de manifestation.” Et assure que “ces libertés doivent être garanties et protégées.”
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Après le succès de la journée de mobilisation dans la fonction publique, ce 29 septembre, qui a vu 300 000 personnes défiler dans les rues de l’hexagone, les organisations syndicales doivent définir les suites de la rentrée sociale dans les prochaines heures.
N.S.
17h15
Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a reproché à Matignon, qui a accusé plus tôt La France insoumise « et ses proxys de l’ultragauche » d’être « à l’origine » du mouvement de blocage des lycées, de « sombrer dans le complotisme ».
« J’appelle le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l’infantilisation des lycéens. Ce mouvement spontané est né d’une exaspération face à des conditions d’éducation absolument indignes (…) Il est temps que le Premier Ministre renonce à jouer la stratégie du pourrissement et de la provocation », a déclaré Manuel Bompard.
« Il n’est pas censé lever son arme vers des lycéens » : à Clichy, les élèves du lycée René Auffray face aux violences policières
15h43
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin réunira en visioconférence à 17h30 les 36 procureurs généraux pour « faire un point sur la fermeté de la réponse pénale ». Comprendre : adresser un message de fermeté aux juges quand comparaîtront des lycéens. Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées.
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15h39
Selon le député LFI Paul Vannier, un lycéen de 16 ans a été touché à l’œil par un tir policier à Argenteuil (Val-d’Oise) près du lycée Julie-Victoire Daubié, et transporté à l’hôpital.
« J’ai constaté, écrit-il dans un communiqué, à plusieurs reprises des comportements policiers irresponsables générant le désordre là où le calme était en passe de s’établir », et affirme saisir le procureur de la République. D’autres lycéens ces derniers jours ont été victimes de tirs de LBD.
15h17
À Orléans, un membre des « forces de l’ordre » a répondu par l’insulte et la matraque à un conseiller municipal communiste. Ce jeudi 1er octobre au matin, Jonathan Bruneau, élu local et métropolitain s’est rendu au lycée Voltaire, du quartier populaire de La Source, afin d’aider les élèves.
Avec des enseignants, « nous sommes allés discuter avec les policiers afin de protéger les gamins », témoigne à l’Humanité l’élu PCF, alors qu’il se rend à l’hôpital en vue de faire constater ses blessures. Un policier « m’a envoyé bouler. Je lui ai répondu qu’on ne pouvait pas parler de la sorte à un élu ».
Le policier l’a alors pris par le cou pour lui signifier « tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres », rapporte le conseiller municipal. Ce dernier a alors demandé à l’agent quel était son RIO, son numéro d’identification. Pour seule réponse, un doigt d’honneur.
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Plus tard, un petit feu se déclare, que l’élu et les enseignants tentent d’éteindre, sans y parvenir, faute d’avoir accès à l’extincteur de l’établissement scolaire. Les policiers chargent. « On s’est mis en ligne de défense et nous leur avons demandé pourquoi ils passaient », raconte l’élu.
Les policiers refusent de répondre, indiquant que de toute façon ils passeraient. Rien n’indiquait que c’était pour faire entrer les pompiers. Le policier cité plus haut frappe l’élu avec sa matraque qui tombe suite à une balayette. Il reçoit un coup au thorax et un autre dans le dos. « Les enseignants sont intervenus afin de m’évacuer ».
Comme ailleurs, à Orléans, les manifestants se plaignent « de classes surchargées, à 35 élèves par classe et réclament plus de professeurs et de moyens pour l’Éducation nationale », rapporte l’édile de 29 ans qui signale que certains « lycéens n’ont pas de professeur de français alors qu’ils passent le bac cette année ».
15h11
Au Havre ou à Poissy, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des syndicalistes de la CGT effectuant une chaîne humaine pour s’interposer entre lycéens et policiers.
Au Havre ou à Poissy, des vidéos montrent des syndicalistes de la CGT effectuant une chaîne humaine pour s’interposer entre lycéens et policiers.
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Les lycéens continuent d’occuper et de bloquer de plus en plus d’établissements, ce jeudi, pour réclamer de meilleures conditions d’enseignement, le remplacement des professeurs absents et dénoncer l’état de délabrement de certains locaux.
Le mouvement de mobilisation ne cesse de s’étendre. Parti d’Île-de-France le 28 septembre, il gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a même reconnu, mercredi que la protestation faisait tache d’huile : 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi.
Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Aucune réponse n’a été apportée aux demandes d’une jeunesse qui voit son avenir se dégrader.
Dans l’impasse, le gouvernement voit désormais les facultés rejoindre le mouvement social. Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus étaient bloqués ce matin à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre. Ils ont appelé à rejoindre le blocus des lysées afin de revendiquer des moyens également pour l’enseignement supérieur et lancer une nouvelle journée commune de manifestation pour le mardi 6 octobre.
Le ministère de l’Éducation nationale parle de « troubles inédits » et ne donnait mercredi que les chiffres des blessés : 85 élèves et 34 personnels – soit 119 personnes – depuis le début du mouvement. Pas un mot sur les violences policières dont de multiples témoignages attestent pourtant.
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Fonte: L'Humanité