En Gironde, les six premiers mois du RN à la tête de Saint-Savin divisent les habitants : «On enfonce leurs idées dans la tête des gens»
Por Eva Fonteneau — Libération
«Libé» ausculte les premiers pas de nouveaux maires six mois après leurs débuts. Fin de la gratuité de la cantine, hausse des indemnités des élus, retrait des drapeaux européens… Les décisions de la nouvelle équipe municipale d’extrême droite suscitent colère et inquiétude chez certains, quand d’autres «ne voient pas la différence» ou saluent une commune «plus propre».
Il y a ceux pour qui «rien ne semble avoir changé». Ceux qui applaudissent ou s’en «contrefichent comme de l’an 40». Et ceux qui, plus ou moins «inquiets», voient le changement s’immiscer «insidieusement» dans leur quotidien. Le 15 mars, Frédérique Joint est élue dès le premier tour des élections municipales (51,37 % des suffrages) sous la bannière du Rassemblement national, à Saint-Savin, dans le Blayais, un territoire rural entre vignes et forêts, au bord de l’estuaire de la Gironde. Sur ces terres minées par la crise viticole, un taux de chômage élevé et l’érosion des services publics, le parti d’extrême droite laboure le terrain méthodiquement depuis une décennie. Pour la première fois de l’histoire du département, il s’est emparé de deux communes. Saint-Savin, ancien bastion socialiste, est l’une d’entre elles. Six mois plus tard, la nouvelle gestion est déjà vigoureusement pointée du doigt par l’opposition et questionnée par une partie des habitants.
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Fonte: Libération