Emprisonnement sans jugement, répression politique violente… Le président du Salvador se propose de nous offrir une leçon carcérale

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Por Cyprien Caddeo — L'Humanité

Le président du Salvador propose d’appliquer ses méthodes face aux manifestations et aux débordements de violence en France. À savoir des emprisonnements sans jugement et une répression politique massive au prétexte de la lutte contre la criminalité.

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Publié le 21 octobre 2026

Publié le 21 octobre 2026

Cyprien Caddeo

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93 000 personnes sont détenues au Salvador, dont 90 % n’ont pas eu le droit à un jugement. Ici dans le centre de confinement terroriste à Tecoluca, le 16 octobre dernier.
© Camilo Freedman/ZUMA Press/IMAGO

L’autoproclamé « dictateur le plus cool du monde » est friand de bons conseils. Dans une publication sur X, Nayib Bukele, président du Salvador, a suggéré à la France d’employer ses méthodes pour régler le problème des violences urbaines et, on l’imagine, du mouvement social.

« Nous avons surmonté en un an un problème cent fois plus grave, sans avoir les moyens dont dispose la France. La France pourrait y arriver en une semaine », estime celui qui dirige le petit pays d’Amérique centrale depuis 2019. Une déclaration accueillie avec gourmandise par de nombreux comptes d’extrême droite français.

Répression des opposants

Mais de quelles méthodes parle-t-on ? D’un état d’exception et d’emprisonnement massif sans jugement. Sur les 93 000 personnes détenues au Salvador dans le cadre de la « guerre contre les gangs et les narcotrafiquants » de Nayib Bukele, près de 90 % n’ont toujours pas été jugées, a signalé le parquet national, mardi 20 octobre.

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Avec 2 % de la population en prison, 470 morts documentées, 90 000 arrestations arbitraires selon Amnesty International et des dizaines de prisonniers politiques, les centres de détention du modèle sécuritaire de Bukele sont à la fois un espace de non droit, de propagande politique et d’opacité. | Source: © Carol Guzy/ZUMA-REA

« Je ne sais même pas si mon fils est vivant » : au Salvador avec les proches des disparus des prisons de Bukele


Si la politique ultra-répressive du dirigeant salvadorien a ramené le taux de criminalité à des niveaux historiquement bas, elle a aussi servi à embastiller des opposants politiques et des militants des droits humains. Selon l’organisation humanitaire Socorro Juridico (« aide juridique »), un tiers des personnes incarcérées dans le cadre de l’état d’exception de Nayib Bukele seraient innocentes.

Un bien beau modèle donc, pour ceux qui, chez nous, trouvent l’état de droit trop encombrant ou rêvent de voir l’armée déployer dans les banlieues françaises.

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Fonte: L'Humanité

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