Contrôleur général des lieux de privation de liberté : Macron propose Pierre Coppey… ancien président de Vinci Autoroutes
Por Lisa Guillemin — L'Humanité
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Emmanuel Macron propose l’ancien président de Vinci Autoroutes, Pierre Coppey, pour succéder à Dominique Simonnot comme contrôleur général des lieux de privation de liberté. À charge pour lui de tenir tête au pouvoir qui l’aura nommé.
Emmanuel Macron a ses habitudes de recrutement. Pour succéder à Dominique Simonnot au poste de contrôleur général des lieux de privation de liberté, il propose Pierre Coppey, ancien président de Vinci Autoroutes. Pour demander des comptes à l’État, un grand patron, donc.
En 2023, un rapport de l’Inspection générale des finances révélé par Le Canard enchaîné estimait la rentabilité des concessionnaires à environ 12 %, bien au-delà des prévisions de la privatisation. Coppey récusait les « superprofits » : seulement « des profits très élevés », expliquait-il, comme le rapportait l’hebdomadaire.
Hier, il défendait les milliards des autoroutes privatisées. Demain, s’il est nommé, il devra défendre les droits de détenus à qui manquent jusqu’à la place pour dormir.
Pierre Coppey préside aussi Aurore, une association qui accompagne notamment d’anciens détenus. Cet engagement l’a familiarisé avec la réinsertion. Sa nouvelle fonction exigera aussi de tenir tête au gouvernement.
Dominique Simonnot avait l’art de déranger. Cellules surpeuplées, matelas au sol, défaut d’accès aux soins : elle documentait ce que les ministres auraient préféré ne pas avoir à expliquer. Elle leur retirait au moins une excuse, celle de ne pas savoir.
Les commissions des Lois du parlement doit encore auditionner le candidat. Emmanuel Macron lui propose un poste pour six ans. Il faudra surtout vérifier qu’il est prêt à lui déplaire dès le premier jour.
« C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. »
Tel était « Notre but », comme l’écrivait Jean Jaurès dans le premier éditorial de l’Humanité, le 18 avril 1904. 122 ans plus tard, il n’a pas changé.
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Fonte: L'Humanité