Contraceptifs à base de désogestrel : 1,6 million de Françaises vont recevoir un courrier sur un risque de méningiome
Por La rédaction — L'Humanité
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonce ce jeudi 17 septembre que plus d’un million de femmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel vont recevoir un courrier les informant d’un risque de développer un méningiome. L’agence du médicament juge toutefois ce risque « faible ».
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Publié le 10 septembre 2026
Publié le 10 septembre 2026

La rédaction
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©Michel GAILLARD/REA
Quelque 1,6 million de femmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel (Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette…) vont recevoir un courrier nominatif les informant d’un risque accru de développer un méningiome, annonce ce jeudi 10 septembre l’agence du médicament, jugeant toutefois ce risque « faible ».
En cas de « maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre ou du langage, perte de mémoire, ou épilepsie nouvelle ou aggravée », les femmes concernées doivent consulter leur médecin, indique le courrier de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Une imagerie cérébrale (IRM) pourra alors être réalisée.
Ces symptômes peuvent être dus à l’apparition d’un méningiome, une tumeur qui se développe à partir des méninges -les membranes entourant le cerveau – et qui peut causer de lourdes séquelles (vision troublée, perte auditive, d’odorat, céphalées, pertes de mémoire, crises d’épilepsie…).
Un risque inscrit dans les notices des contraceptifs depuis juillet
Toutefois, le risque pour ces femmes de développer un méningiome est très inférieur à celui lié à la prise d’Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera, des progestatifs (substance hormonale semblable à la progestérone) pour lesquels une surveillance par imagerie cérébrale est systématiquement préconisée.
« Ce risque (de méningiome, ndlr) est faible, sans commune mesure avec celui de l’Androcur, qui était multiplié par 20 au bout de cinq ans », a souligné le Dr Isabelle Yoldjian, directrice médicale de l’autorité sanitaire, lors d’un point presse. Dans le cas du désogestrel, une femme sur 67 000 l’ayant pris développe un méningiome lié à ce contraceptif, et une sur 17 000 à partir de cinq ans de traitement, selon une étude du groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare publiée en 2024.
Ce risque accru – supérieur à celui des femmes n’en ayant pas pris – est multiplié par deux au bout de sept ans de prise, mais disparaît un an après l’arrêt du contraceptif. Il concerne en particulier les femmes de plus de 45 ans et celles ayant pris auparavant un progestatif considéré comme à risque pendant plus d’un an.
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De leur côté, 90 000 médecins ayant prescrit une contraception à base de désogestrel seul (dosage 75 microgrammes) recevront eux aussi un courrier. L’ANSM préconise toutefois de ne pas interrompre sa contraception sans avis médical – pour ne pas risquer une grossesse non désirée – mais d’aborder ce sujet avec son médecin, sa gynécologue ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation de routine.
Saisie par l’agence française du médicament, l’Agence européenne des médicaments a décidé en juillet d’inscrire ce risque dans les notices de contraceptifs. L’ANSM met aussi en ligne une « foire aux questions » (ansm.sante.fr), et rappelle que toute contraception doit être réévaluée chaque année « avec son médecin ou sa sage-femme », selon ses besoins et son état de santé.
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Fonte: L'Humanité