Comment l’accord migratoire entre Paris et Londres a causé la disparition de plusieurs centaines d’exilés dont des enfants isolés
Por La rédaction — L'Humanité
Plusieurs centaines d’exilés ont disparu suite à leur renvoi en France par les autorités britanniques, annoncent plusieurs ONG, dont Médecins sans frontières. Au moins 41 mineurs sont concernés, alors que l’accord négocié entre Londres et Paris en 2025 reste en vigueur au moins jusqu’au mois d’octobre.
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Publié le 12 septembre 2026
Publié le 12 septembre 2026

La rédaction
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© Gareth Fuller/PA Wire
Loin d’être « révolutionnaire », comme vanté par l’ex-premier ministre britannique Keir Starmer aux côtés du président français en juillet 2025, l’accord sur le renvoi des exilés qui traversent la Manche perpétue la ligne politique des années précédentes : répressive et catastrophique d’un point de vue humanitaire.
Environ 1 400 demandeurs d’asile arrivés par de petites embarcations au Royaume-Uni, sur un total de 32 000 personnes, ont été renvoyés en France depuis septembre 2025. Plusieurs centaines d’entre eux ont depuis disparu. Des responsables politiques français ont annoncé au Guardian que seulement 200 personnes renvoyées de force dans l’Hexagone étaient encore en contact avec les autorités locales.
Au moins 41 enfants et jeunes disparus
Les autres sont entrés dans la clandestinité à travers l’Europe. Plusieurs dizaines de personnes rapatriées ont expliqué au journal britannique avoir fui « l’hostilité des autorités françaises, des pressions exercées pour qu’elles retournent dans leur pays d’origine où elles estiment ne pas être en sécurité, ou de la menace d’être renvoyées de force dans d’autres pays européens, comme la Bulgarie, qu’elles ont traversés lors de leur périple ».
L’étendue du phénomène – causé par la politique migratoire répressive en vigueur – a été exposée lors d’une réunion au Parlement britannique, par des représentants d’organisations non gouvernementales (ONG) travaillant sur le terrain. Une liste d’au moins 41 enfants et jeunes disparus a aussi été révélée.
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« Nous soutenons de nombreux enfants détenus dans le cadre de ce dispositif et nous nous efforçons d’obtenir leur libération, a confirmé la directrice du réseau Humans For Rights, Maddie Harris. Cependant, au moins 41 enfants ont été transférés du Royaume-Uni vers la France et on ignore actuellement où ils se trouvent. »
La grande majorité de ces mineurs ont subi de graves violences et des actes d’exploitation et sont désormais sans protection quelque part en Europe. Les enfants non accompagnés ne peuvent pourtant pas être retenus dans des centres de rétention administrative pour adultes et sont, en théorie, exclus de l’accord franco-britannique.
Un état « profondément préoccupant »
« C’est catégoriquement faux, a réfuté le ministère de l’Intérieur britannique auprès du Guardian. Personne n’a été renvoyé en France lorsque son âge est contesté. » Londres affirme même que « des évaluations de l’âge sont effectuées afin de préserver l’intégrité de nos frontières, tout en veillant à ce que les personnes réellement âgées de moins de 18 ans reçoivent le soutien approprié ».
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Un récit démonté par Nihal Osman, coordinateur de programme pour Médecins sans frontières, dont l’intervention au Parlement britannique était centrée sur l’état « profondément préoccupant » observé chez de nombreux exilés. Une majorité d’entre eux présentent ainsi de graves symptômes psychologiques « tels que des flashbacks, une anxiété aiguë, des automutilations, des pensées suicidaires et une dépression nerveuse ».
Alex Sobel, président de la commission parlementaire mixte des droits de l’Homme locale, a quant à lui partagé sa « profonde préoccupation ». L’élu dénonce notamment le renforcement de la sécurité à la frontière française pour empêcher les demandeurs d’asile de traverser la Manche vers le Royaume-Uni. « La police française fait des choses qu’il serait inacceptable que la police britannique fasse », a-t-il déclaré. En l’état actuel, l’accord signé par Keir Starmer et Emmanuel Macron arrive à échéance le 1er octobre prochain.
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Fonte: L'Humanité