Bruno Retailleau joue la surenchère sécuritaire, accuse le pouvoir de « jouer petit bras » et appelle à « taper plus fort »
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Entretien
Multiplication des colères dans le pays, gestion violente du maintien de l’ordre, cadrage médiatique qui criminalise la gauche et la France Insoumise, projet de loi « casseur-payeur »… Découvrez notre entretien avec Fabien Gay, directeur du journal L’Humanité et sénateur PCF qui revient sur la journée du 17 octobre et la suite du mouvement social.
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11h33
Après les annonces d’un renforcement massif du dispositif policier pour le 24 octobre, Bruno Retailleau veut aller encore plus loin. Au micro de BFMTV, le candidat LR à la présidentielle accuse le pouvoir de « jouer petit bras » et réclame le recours à l’état d’urgence.
« Quand c’est de pire en pire, on tape du poing sur la table », lance l’ancien ministre de l’Intérieur, qui demande de donner aux préfets, policiers et gendarmes des « outils juridiques qui permettraient de taper plus fort ».
Alors que le gouvernement prévoit déjà 20 % de policiers et gendarmes supplémentaires samedi, ainsi que le déploiement d’unités d’élite, de militaires de Sentinelle et de blindés, Bruno Retailleau réclame encore un durcissement de la réponse. Pour lui, « il y a un rapport de force » entre « la République » et « les délinquants ». Il demande que « l’ordre républicain s’impose » et que « la chaîne pénale soit beaucoup, beaucoup, beaucoup plus sévère ».
11h16
La préfecture du Rhône a interdit « toute manifestation » à Lyon samedi 24 octobre.
11h10
Le Rassemblement national a réussi son coup de pression. Le parti d’extrême droite a demandé à la mairie de Grenoble d’annuler d’urgence la réunion publique de l’association Young Struggle, qui devait se tenir ce mercredi 21 octobre à la maison des associations.
Selon Le Dauphiné libéré, la municipalité divers gauche a obtempéré au grand désarroi de cette association affiliée au Parti communiste marxiste-léniniste turc. La raison ? L’affiche de cet événement, qui titrait « S’organiser pour la révolution », évoquerait « une incitation à la violence contre la police », selon la municipalité.
10h55
Un second suspect a été interpellé dans la Creuse dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges avec l’aide du Raid a annoncé la procureure de la République locale. Il est actuellement placé en garde à vue pour « destruction en bande organisée d’un bien par moyen dangereux pour les personnes ».
Le premier suspect interpellé a quant à lui vu sa détention prolongée de 48 heures. L’enquête a été ouverte pour « dégradation en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes » et « menaces de mort sur personnes dépositaires de l’autorité publique et chargées d’une mission de service public ».
Répression, accusations contre LFI, instrumentalisation de la police : les mensonges d’État sur le 17 octobre
10h47
Interrogé sur BFMTV sur les effectifs de policiers et gendarmes dépêchés à travers la France samedi 24 octobre, le ministre délégué auprès du ministère de l’intérieur, Jean-Didier Berger, a annoncé qu’ils seront « 20 % supérieurs ». Cette hausse sera accompagnée d’un recours aux unités d’élite de police et gendarmerie (BRI, RAID, GIGN), à l’armée via la force Sentinelle et à des blindés, comme l’avait annoncé mercredi le ministère de l’intérieur.
Laurent Nuñez doit donner le détail du déploiement dans la journée. Afin de contrer la mobilisation sociale – plutôt que d’en écouter les revendications –, les autorités ont prévu un dispositif de sécurité d’ampleur, dont des interdictions de manifester.
Interdiction de manifester, justice expéditive, couvre-feux… Vers un état d’urgence qui ne dit pas son nom
Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse malgré la rencontre avec les syndicats à Matignon mercredi.
Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que six nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.
L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche des boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.
Après trois heures de réunion à Matignon mercredi, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, à annoncer que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation » alors que le gouvernement n’a « aucune mesure », seulement « un budget dangereux pour les travailleurs ». L’intersyndicale dans son ensemble a réitéré son appel à une grève généralisée le 5 novembre prochain. « D’ici là, il est impératif qu’il y ait des réponses sociales aux attentes des travailleurs et des travailleuses », a prévenu Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre à laquelle la CGT a apporté son soutien tandis que certaines manifestations ont été interdites ce jeudi.
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Fonte: L'Humanité