Au lycée Baggio de Lille, la volonté d’organiser un « mouvement de long terme »

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12h23

À Lille, Luna et Esther, 15 ans, en seconde au lycée Louis-Pasteur, racontent leurs premiers pas militants. « On n’a pas le droit de vote. Parfois, on a l’impression qu’on ne sert un peu à rien, mais là, on s’est vraiment senties utiles. » Elles se mobilisent aussi par solidarité avec les établissements moins favorisés : « Si même nous, les conditions ne sont pas incroyables, en banlieue, c’est n’importe quoi. »

Déjà intéressées par la politique, elles viennent d’adhérer au Mouvement jeunes communistes de France, découvert par des connaissances et en manifestation. La mobilisation a précipité leur engagement : « On a demandé à adhérer parce qu’on aimait bien le mouvement », racontent-elles, évoquant aussi le fait de se sentir bien avec les autres militants.

Pour Esther, cet engagement se fait malgré l’interdiction de sa mère. Punie de sorties, elle part au blocus vers 6 heures, avant que celle-ci se lève, et rentre vers 11 heures, une fois sa mère au travail. « Elle ne pense pas à regarder ma localisation parce qu’elle pense vraiment que je dors. » Son père, chez qui elle passe une partie de la semaine, la soutient. Malgré les sanctions, elle continue : « Pour moi, c’est important. […] C’est ta vie qui est en jeu, tes conditions de vie. »

12h15
Témoignage

« Les médias se concentrent sur des poubelles, sur des feux commis par la minorité des gens. » Nous avons rencontré ce matin les lycéens du lycée Suger à Saint-Denis (93).

“Les médias se concentrent sur des poubelles, sur des feux commis par la minorité des gens.” Les lycéens sont une nouvelle fois mobilisés ce 8 octobre, nous étions ce matin au lycée Suger à Saint-Denis (93).

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12h09

À Lille, Esteban et Noam, étudiants en BTS au lycée Baggio, un des établissements les plus populaires de la ville, cherchent à structurer le mouvement après une première semaine marquée par la casse. Depuis mardi, ils ont lancé un compte Instagram pour organiser les blocus et appeler à une mobilisation pacifique. « Il n’y a eu aucun débordement » ce matin. Leur objectif : « organiser un vrai mouvement qui tiendrait sur le long terme, parce qu’on ne sera pas indéfiniment à Baggio ».

Ils relient la violence à la précarité et aux difficultés familiales d’une partie des élèves, qui « savent qu’ils partent désavantagés ». « Ils ne connaissent que la violence depuis tout jeunes, donc c’est totalement compréhensible qu’à notre âge, pour se faire entendre, ils utilisent la violence », explique l’un d’eux. Ils veulent « les sensibiliser et leur montrer qu’on peut faire ça de façon pacifiste ».

À cette colère sociale s’ajoute celle suscitée par la répression : « Toutes les bavures policières qui ressortent, bien sûr que ça fait monter la haine. » En toile de fond, des conditions d’études dégradées : « En physique-chimie, on n’a pas encore eu cours depuis le début de l’année. »

11h57
Témoignage

« Je ne comprends pas pourquoi ils nous disent de ne pas nous révolter alors qu’au programme on a que des gens qui se révoltent, Rimbaud, La Boétie… » nous dit Niouma en Terminale au lycée Paul Eluard de Saint-Denis.

Les lycéens sont une nouvelle fois mobilisés ce 8 octobre. Ils prennent aujourd’hui la parole dans ce direct.

“Je ne comprends pas pourquoi ils nous disent de ne pas nous révolter alors qu’au programme on a que des gens qui se révoltent, Rimbaud, La Boétie… ” Les lycéens sont une nouvelle fois mobilisés ce 8 octobre.

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11h43

Le Ministère de l’Éducation nationale a évalué à 375 établissements scolaires (sur 3 700) ceux où les cours sont « totalement ou partiellement suspendus » ce jeudi 8 octobre. Soit 224 fermés totalement et 151 qui ont rouvert « partiellement ». C’est une baisse de 30 % par rapport à la veille, selon les services de rue de Grenelle.

Des rassemblements devraient se tenir devant les préfectures d’Île-de-France entre midi et 14 heures, à l’initiative de l’Union étudiante.

Mercredi soir, le premier ministre a prononcé une allocution où il n’a annoncé aucune mesure concrète pour tenter de répondre aux revendications des lycéens.

Trois organisations lycéennes (Union syndicale lycéenne, Renouveau lycéen et Lycéens !) seront reçues à 15 heures au Ministère de l’Éducation nationale.

Concernant la doctrine de maintien de l’ordre, le gouvernement reste dans le déni. Maud Brégeon, porte-parole de l’exécutif a estimé sur France info qu’il n’y a pas « un armement disproportionné en France » et comparé la main arrachée d’un lycéen à Lens aux « plus de 700 policiers et gendarmes blessés » depuis la mi-septembre. Devant la commission des Lois, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a jugé mercredi « excessif de parler de répression policière ».

Loin d’avoir été convaincus par l’allocution télévisée de Sébastien Lecornu, les lycéens et étudiants ont appelé à un acte IV de la mobilisation ce jeudi 8 octobre. Leurs revendications – classes surchargées, profs non remplacés, bâtiments dégradés… – n’ayant reçu aucune réponse concrète du gouvernement qui s’acharne en outre à nier les violences policières que subissent les élèves depuis le début du mouvement.

Plusieurs syndicats de l’Éducation nationale – le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud – appellent également à une journée de grève et de manifestations jeudi 8 octobre, en soutien à la mobilisation des lycéens tandis qu’une pétition contre les armes mutilantes atteint déjà plusieurs dizaines de milliers de signatures.

Après les manifestations historiques de mardi qui ont réuni 450 000 personnes à travers la France, l’Humanité ouvre en grand ses colonnes aux jeunes mobilisés tout au long de la journée. Lycéen.nes et étudiant.es vous pouvez nous envoyer vos témoignages ici : mediation@humanite.fr.

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Fonte: L'Humanité

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