Arrestation à Metz : pas d’agression sexuelle selon le procureur, l’enquête se poursuit

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18h41

Le policier auteur du tir de lance-grenade qui a fracturé la mâchoire d’Eden, 14 ans, à Saint-Ouen-l’Aumône la semaine dernière en marge du mouvement lycéen, a été mis en examen mardi pour violences, a indiqué le procureur de Pontoise. Une information judiciaire pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », a été ouverte, passible en théorie de 15 ans de réclusion criminelle.

18h37

Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale contre « une réponse sécuritaire totalement disproportionnée ». Les quelque 8.000 premiers signataires y demandent « l’interdiction des gestes d’immobilisation à risque d’asphyxie : plaquage ventral (maintien au sol sur le ventre avec compression thoracique), clés d’étranglement (prises au cou bloquant la respiration ou la circulation sanguine), pliage corporel (compression du buste vers les genoux) ».
Ils réclament également « le retrait des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement » et « les pistolets à impulsion électrique (Taser) ».

18h28

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Une adolescente de 14 ans a été interpellée à Metz ce lundi 5 octobre. Le policier procédant à son arrestation semble caresser les cheveux et la poitrine de l’élève.

L’IGPN, saisie le jour même, a interrogé la jeune fille. Celle-ci a « réfuté tout acte de violence et tout acte d’agression sexuelle sur sa personne dans le cadre de son interpellation », selon le parquet. Son représentant légal, présent à ses côtés, n’a pas souhaité porter plainte.

Mobilisation lycéenne : l’IGPN saisie pour « suspicion d’agression sexuelle » après la vidéo d’un policier touchant les seins d’une enfant de 14 ans

L’enquête, qui « porte sur les conditions de l’interpellation de la jeune fille et est destinée à établir l’existence ou non d’actes relevant d’une agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans », est cependant toujours en cours.

Le fonctionnaire mis en cause a quant à lui déposé plainte pour diffamation. Les investigations « se poursuivent » également pour « identifier l’auteur de la diffusion de la vidéo », a affirmé le procureur de la République David Touvet.

17h48

Réaction plutôt inattendue sur le mouvement de la jeunesse française : celle de Donald Trump. Le président états-unien a jugé, sur son réseau Truth social, que « Ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s’agit pas des écoles, il s’agit de l’islam qui veut s’emparer d’un pays autrefois grand ! », a-t-il écrit. Encore une brillante analyse – hélas parfois partagée en France – du milliardaire méchu…

17h36

Aux abords de la place de la Nation, lieu de la fin de la manifestation, la situation reste très tendue à 17 h 30, notamment au début du boulevard Philippe-Auguste, où les jets de lacrymogènes font reculer les manifestants.

« Une dérive globale de l’État de droit » : la LDH et les syndicats condamnent la répression inédite qui s’abat sur le mouvement lycéen

Les mouvements de foule se multiplient, dans les nuées de lacrymogènes. Après cinq minutes de pause, les trois observateurs de lacrymogènes de la LDH repartent au cœur de la mêlée. « Tu as pu faire le compte du nombre de grenades GL 304 qui ont été lancées ? », lance l’un. « Il faudra qu’on vérifie avec les vidéos », répond une autre. « Ce qui est sûr, c’est qu’on a vu l’utilisation d une nouvelle arme, un bouclier avec des lumières stroboscopiques. C’est la première fois qu’on le voit en action », commente Axel, qui repère de loin les grades des policiers, ainsi que la nature de leur matériel.

17h25

17 heures, à Paris, alors que le cortège reprend sur le boulevard Voltaire, les fumées s’élèvent sur la place de la Nation, et des détonations résonnent. Lila, 17 ans, est aux côtés de ses professeurs, avec d’autres élèves du lycée Darius Milhaud du Kremlin-Bicêtre.

En spécialité physique et mathématiques depuis le début de l’année, elle n’a pas eu de prof de physique. Manifester était pour elle une évidence et elle souhaitait “être avec ses professeurs, car il s’agit de la défenses de nos droits communs : avoir les conditions d’un enseignement digne de ce nom. On a décidé de manifester ensemble pour nous protéger.”

Pas de profs, établissements insalubres : pourquoi les lycéens se révoltent ?

Elle témoigne de ses conditions d’étude : “Je suis dans un lycée de banlieue, il est nouveau, sauf qu’ils l’ont tellement mal construit qu’il y a des fuites d’eau. Les conditions en été sont insupportables : il y a une professeur ici dans le cortège qui a fait un malaise en pleine canicule. La cantine est insalubre...”

La mobilisation la réconforte quelque peu : “Cette solidarité me fait chaud au cœur, on voit venir ces revendications de partout, ça me fait dire que ce ne sont pas des caprices.”

A ses côtés, son professeur de mathématique témoigne a son tour : “Nous avons des revendications qui sont liées à nos conditions de travail, qui rejoignent celles des lycéens. Concrètement, ça veut dire des manques de moyens, de personnels. Dans plus de la moitié des lycées qu’on a sondés, il manque une infirmière ou une assistante sociale. Il manque des enseignants dans la majorité des établissements. De même pour les AESH, pour accompagner les élèves en situation de handicap.“

Plusieurs centaines de milliers de personnes, lycéens mais aussi parents, professeurs et syndicalistes, ont manifesté ce mardi dans plusieurs villes de France. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France. Environ un quart des lycées du pays étaient bloqués ce mardi.

L’Union étudiante, la Fage et l’Union syndicale lycéenne appellent à une nouvelle mobilisation ce jeudi 8 octobre. « On va continuer à bloquer tant qu’il n’y a pas 10 milliards d’euros sur la table, prévient Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, première organisation étudiante. C’est le chiffrage qu’on a retenu pour les dix mesures d’urgence », publiées sur une plateforme commune aux lycéens et aux étudiants le 5 octobre.

Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.

Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.

La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.

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Fonte: L'Humanité

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