Acte V du mouvement lycéen : suivez la mobilisation en direct
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10h31
Le soleil se lève à peine au lycée Romain-Rolland et le calme apparent tranche avec la répression que subit le mouvement lycéen. Une nouvelle fois, les jeunes de cet établissement d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) se sont mobilisés pour exiger des conditions d’études décentes. « Est-ce qu’il est normal que des terminales n’aient pas de professeur de physique, alors que cette matière est leur spécialité pour le bac ? », fait mine de s’interroger Antoine.
Ce lycéen en terminale est pleinement inscrit dans la mobilisation depuis le 1er octobre. Ici, le mouvement se nourrit d’abord de l’état du bâti. « Durant les vagues de canicule, nous nous sommes rendu compte qu’une trentaine de fenêtres ne pouvaient pas s’ouvrir, relate-t-il. On étouffe l’été et on se les gèle en hiver. »
Au milieu d’une centaine de jeunes, depuis son ordinateur, un lycéen partage ses sons de rap et de zouk. Les quelques voitures qui passent klaxonnent pour apporter leur soutien. Esteban, jeune étudiant de la JC, est venu prêter main-forte. « Après mon bac, Parcoursup m’a affecté en licence de droit à Soissons, alors qu’il y a des facultés en région parisienne. Cette formation était dans mes derniers vœux. J’ai eu l’information courant août, j’étais dégoûté », mesure-t-il.
Dans le Val-de-Marne, une bonne partie des lycées susceptibles de se mobiliser ont, encore une fois, été fermés administrativement. La veille, lundi 12 octobre, huit camionnettes de CRS ont déferlé devant un lycée professionnel d’Ivry-sur-Seine. « C’est grave si une poubelle brûle », ironise Sylvain, un parent d’élève de la FCPE venu observer le blocus. À ses côtés, sa compagne Lucie complète : « Je suis admirative du niveau de conscience politique dans cette jeunesse. Le gouvernement n’écoute pas leurs revendications et les jeunes ne sont pas dupes. Si l’exécutif mise sur les vacances scolaires pour que le mouvement s’essouffle, il fait fausse route. »
Faut-il poursuivre la mobilisation en convergeant vers la manifestation parisienne ? Une partie des jeunes préfère rester à Ivry-sur-Seine. « Ces jeunes veulent que les villes viennent manifester, pour une fois, dans les banlieues. Ils ont raison », assure Sylvain.
En retrait, des professeurs de l’établissement se tiennent prêts à escorter ceux qui veulent se rendre place d’Italie, le lieu de rendez-vous fixé par l’intersyndicale. « Leurs revendications sont légitimes. Ce lycée a été conçu pour 800 élèves, ils sont désormais plus de 1 100, note Robin, professeur d’anglais. Les sanitaires ne suivent pas la fréquentation de l’établissement, d’autant que certains sont défectueux. Ce qui implique de nombreux retards ou des lycéens qui ne peuvent faire leurs besoins. »
10h22
L’activiste écologiste Greta Thunberg est présente ce mardi matin devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, où la mobilisation lycéenne avait débuté, pour apporter son soutien aux élèves mobilisés à l’occasion du cinquième acte du mouvement.
Greta Thunberg est présente ce mardi 13 octobre au lycée Paul-Éluard à Saint-Denis (93) en soutien aux lycéens. pic.twitter.com/6zT1ZkjJx6
10h08
« Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher », prévient l’Union étudiante sur X, alors que les organisations lycéennes et étudiantes réclament toujours d’être reçues par le premier ministre Sébastien Lecornu. L’Union syndicale des lycéens exige notamment la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.
Le gouvernement assure pourtant commencer à apporter des « solutions très concrètes ». Édouard Geffray met en avant les 86 000 contributions recueillies sur sa plateforme de concertation et le recrutement d’une centaine de personnes supplémentaires pour assurer les remplacements. L’exécutif promet également le déploiement en urgence de 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements les plus en difficulté.
13 OCTOBRE : PLACE D’ITALIE > INVALIDES
Manifestation de la jeunesse, ils ne nous écoutent pas, on va les chercher. pic.twitter.com/IMGB641TnH
09h28
Alors que débute ce mardi 13 octobre le cinquième acte du mouvement des lycéens, quelque 200 établissements « devraient être […] fermés », a annoncé le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, au micro de France Inter. Le ministre estime que la mobilisation est « plutôt sur une décrue par rapport aux semaines précédentes ». Reste désormais à connaître l’ampleur réelle de la mobilisation, dont les premiers chiffres sont attendus dans la journée.
Alors que la semaine s’annonce sous haute tension policière, le mouvement lycéen se structure
Les organisations lycéennes et étudiantes, pas convaincues par « les miettes » lâchées par le gouvernement, appellent ce mardi à un acte V de la mobilisation lancée en septembre pour obtenir des conditions d’études dignes. Fin de Parcoursup, des horaires à rallonges, des bâtiments insalubres, des profs non remplacés… un plan en 10 mesures et à 10 milliards d’euros a été mis sur la table notamment par l’Union syndicale des lycéens et l’Union étudiante.
L’exécutif a tenté d’apaiser la colère avec l’annonce de l’arrivée de 3 000 remplaçants en quelques jours – en réalité des enseignants en attente d’affectation depuis la rentrée – et renvoyer la présentation du reste de son « plan d’urgence » à la fin du mois d’octobre, misant sur les vacances scolaires pour éteindre le mouvement tout en communiquant abondamment sur une décrue de la mobilisation qui a compté plus de 450 000 personnes dans les rues mardi dernier. Malgré une violente répression et la multiplication des violences policières, les élèves, eux, sont déterminés à ne rien lâcher et sont de nouveau soutenus par l’intersyndicale de l’Éducation.
Cette nouvelle journée intervient également alors que l’Assemblée nationale s’apprête à débuter en séance l’examen du budget 2027 pour lequel Sébastien Lecornu a annoncé quelque 54 milliards d’austérité.
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Fonte: L'Humanité