À Bordeaux, la police « charge sans sommation avec tir de gaz lacrymogène »

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10h55

L’Union syndicale lycéenne affirme que 1 800 lycées sont bloqués ce matin, par « des manifestations ou fermés d’office par l’Education nationale ». Sur Instagram, l’USL poursuit : « Nos camarades ont recensé 90 % de facs bloquées. La lutte continue jusqu’à la victoire ».

10h40
C’est un scandale

Le ministre de l’Intérieur assure sur France Inter que les interventions des policiers s’effectuent dans « la plus grande proportionnalité » depuis le début du mouvement lycéen, alors que dix enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. « J’assume de dire que, quand il y a des troubles, il doit y avoir une intervention », ajoute Laurent Nuñez.

Par rapport aux adolescents blessés gravement, le ministre estime qu’ils « se provoquent dans des contextes que l’on n’a pas le droit d’ignorer ». Il ajoute : « Je n’ai pas à présenter des excuses » aux lycéens blessés lors des interventions policières, « il y a des enquêtes judiciaires en cours, on verra si les responsabilités sont confirmées ou pas ».

10h31

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réuni pour la seconde fois ce matin, à 9 heures, l’ensemble des procureurs généraux en visioconférence. Tous ont réalisé un point sur la mobilisation nationale des lycéens et étudiants.

Et l’ex-ministre de l’Intérieur est resté fidèle à son logiciel répressif, remerciant « les procureurs généraux et à travers eux, l’ensemble des procureurs et des parquetiers pour la mise en œuvre de sa politique pénale, en particulier la fermeté de la réponse pénale et l’engagement de la responsabilité civile des parents de mineurs délinquants ».

Le ministre de la Justice a prévu « d’écrire à l’ensemble des présidents de région pour les informer qu’ils peuvent se constituer partie civile en cas de dégradations de bien, comme Valérie Pécresse l’a initié à la région Île-de-France », précise son entourage.

Des lycéens qui perdent des mains et des yeux, plus de 5 000 arrestations… À quoi joue la police et pourquoi Laurent Nunez ne réagit pas

10h30

La police bordelaise ne semble pas prête à simplement encadrer les mobilisations. Selon Sud Ouest, le blocage du lycée Montaigne, rue Sainte-Catherine, est le théâtre de violences commises par les policiers de la Compagnie départementale d’intervention.

Des professeurs ont ainsi été bousculés. « Ils ont foncé sur nos banderoles », rapporte l’un d’eux au quotidien local. D’autres policiers ont intimé aux professeurs d’« arrêter de faire de la morale » et ont lancé : « Je suis content que vous ne soyez pas la prof de ma fille. »

Une professeure d’histoire interrogée par Sud Ouest explique qu’un lycéen « a voulu déplacer une poubelle pour bloquer l’entrée du lycée », à la suite quoi les policiers « l’ont coursé » puis arrêté. « Il y a eu une charge sans sommation avec tir de gaz lacrymogène », alerte-t-elle. Quatre jeunes mobilisés ont été interpellés.

10h19
Pour approfondir

« Si tu te fais agresser par trois blédards qui veulent te violer et qu’on te gaze avec, tu vas dire quoi ? ». Après les images de l’adolescent à la main arrachée et de celui touché à l’œil, celles d’un policier tenant des propos sexistes et racistes, lors d’un rassemblement lycéen à Perpignan ce lundi 5 octobre, ont été publiées sur les réseaux. L’homme s’en prend à une enseignante et une adolescente. Sur son uniforme, le policier arbore fièrement des emblèmes identitaires et néonazis. Une enquête a été ouverte.

« Si tu te fais agresser par trois blédards qui veulent te violer et qu’on te gaze avec, tu vas dire quoi ? » : un policier de Perpignan agresse une lycéenne et une enseignante

10h08

« Nos colères doivent se faire entendre, d’une même voix pour peser dans les négociations du budget », lance le secrétaire national du Parti communiste français sur LCI.

Pour répondre aux aspirations des Français concernant les salaires, les factures ou les moyens alloués aux services publics et à l’éducation, un budget à la hauteur des revendications est nécessaire. Or, pour l’heure, « ce budget est marqué du sceau de l’austérité », poursuit Fabien Roussel.

J’appelle à une convergence des luttes.

Salarié·es et jeunes, ensemble.

Nos colères doivent se faire entendre, d’une même voix pour peser dans les négociations du budget. pic.twitter.com/FjLTH4KlMT

Les lycéens sont de nouveau appelés à se mobiliser ce mardi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France.

Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.

Depuis la semaine dernière, le mouvement ne s’arrête pas. 589 lycées étaient perturbés, ce lundi 5 octobre, selon le décompte du Ministère de l’Éducation nationale.

Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.

La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.

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Fonte: L'Humanité

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