À Assas, des militants d’extrême droite ont violemment tenté de briser le blocus
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11h32
Sur le parvis de l’université de Nanterre, des « sans-fac » ont rejoint les étudiants mobilisés. Quyaine, 24 ans, s’est retrouvé sans master : « Je me répétais que c’était de ma faute, que je n’avais pas assez révisé. En discutant avec des membres du collectif sans-fac, je me suis rendu compte que Mon Master comme Parcoursup sont hyper sélectifs. »
À ses côtés, Héloïse, 35 ans et mère de deux enfants, espérait une reconversion professionnelle. En vain, à cause de Parcoursup. « Je me suis retrouvée sur des listes d’attente partout. Je n’ai eu aucune proposition. » Elle dénonce « un tri social » : « Nous, sans-fac, on vient tous des mêmes endroits. On est soit issus de l’immigration, soit on vient des banlieues. Moi, je viens du 93. »
Gabriella, lycéenne à Jeanne-d’Albret, à Saint-Germain-en-Laye, est elle aussi venue se mobiliser à Nanterre. « Cette convergence des luttes doit perdurer après les vacances scolaires. Leurs combats, c’est juste la suite logique des nôtres, c’est la même galère. » Elle souligne l’aide concrète des étudiants : « Ils nous prêtent des salles, nous impriment des tracts, nous filent du matériel. Ils nous apprennent à nous structurer et à manifester efficacement. »
Les étudiants face à la machine à trier de Parcoursup et mon Master
11h23
Des affrontements ont éclaté vers 7 heures ce mardi matin au centre Assas, à Paris, autour du blocus de l’établissement. Selon plusieurs vidéos filmées sur place, un groupe d’individus, pour la plupart cagoulés et vêtus de noir, a tenté de forcer le blocage et lancé des projectiles en direction des étudiants mobilisés.
Certains de ces individus sont présentés comme proches du GUD, groupuscule d’extrême droite. À ce stade, leur éventuelle affiliation à l’organisation n’a toutefois pas pu être confirmée de manière indépendante.
Le blocus a depuis été levé. Dans un mail adressé aux étudiants, la présidence de l’université a indiqué que les cours se dérouleraient à distance ce mardi.
Tensions et affrontements devant la faculté d’Assas: un étudiant blessé ce matin après des tirs de projectiles pic.twitter.com/JlkSj7Fva8
11h09
« Le monde entier regarde ce que vous faites. » Présente ce mardi matin devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, Greta Thunberg a salué un mouvement qui, selon elle, dépasse les frontières françaises. « Les jeunes du monde entier, en particulier en France, sont un exemple et montrent ce que les jeunes du monde entier devraient faire », a déclaré l’activiste écologiste. « On est derrière vous, on vous soutient. »
Elle a surtout appelé les différentes mobilisations à converger : « Tous les mouvements doivent maintenant s’unir, qu’il s’agisse de ce mouvement étudiant, du mouvement des travailleurs, du mouvement pour les droits des migrants, du mouvement pour le climat. » Pour Greta Thunberg, tous font face au « même ennemi : ce système extrêmement destructeur ».
Un appel à la convergence qui trouvera-t-il un écho dès samedi 17 octobre, alors que les lycéens espèrent faire la jonction avec la mobilisation contre la vie chère ?
Greta Thunberg à Saint-Denis (93) en soutien aux lycéens : “Vous vous attendiez à quoi de la part des jeunes ? Évidemment que nous allons nous révolter, évidemment qu’on va se soulever !”
➡️ https://t.co/HA1QTA6PHt pic.twitter.com/tcR5rBksJ2
10h55
Deux départs distincts de manifestation sont annoncés ce mardi à Paris. Le cortège étudiant et lycéen soutenu par l’intersyndicale doit s’élancer à 14 heures de la place d’Italie, en direction des Invalides, à proximité de Matignon et du ministère de l’Éducation nationale.
En parallèle, un autre appel invite les lycéens et étudiants à partir de l’Hôtel de Ville pour rejoindre Matignon. Cette manifestation, non déclarée, circule notamment sur les réseaux sociaux. Ce second parcours est défendu par une partie des étudiants mobilisés, qui souhaitent « garder la main sur le mouvement ».
10h39
Devant Tolbiac, une quinzaine d’étudiants sont regroupés derrière une rangée de poubelles. La faculté reste ouverte et des vigiles se tiennent devant les grilles pour filtrer les entrées, mais les bâtiments semblent presque totalement vides. « Plus ça va, plus on a du mal à mobiliser pour le blocus », reconnaît une étudiante installée devant l’établissement. « En revanche, les gens viennent aux manifestations », nuance un autre.
La décision de l’intersyndicale d’organiser le départ de la manifestation place d’Italie ne fait toutefois pas l’unanimité. « C’est quand même dommage, on aimerait que les lycéens et les étudiants gardent la main sur le mouvement. Il avait été décidé en AG intersyndicale, jeudi soir à la Bourse du travail, que le départ se ferait à partir de l’Hôtel de Ville », explique Marcello. Un autre étudiant regrette, lui, « les mensonges » autour de l’interdiction de cette manifestation dans le centre de Paris.
10h31
Le soleil se lève à peine au lycée Romain-Rolland et le calme apparent tranche avec la répression que subit le mouvement lycéen. Une nouvelle fois, les jeunes de cet établissement d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) se sont mobilisés pour exiger des conditions d’études décentes. « Est-ce qu’il est normal que des terminales n’aient pas de professeur de physique, alors que cette matière est leur spécialité pour le bac ? », fait mine de s’interroger Antoine.
Ce lycéen en terminale est pleinement inscrit dans la mobilisation depuis le 1er octobre. Ici, le mouvement se nourrit d’abord de l’état du bâti. « Durant les vagues de canicule, nous nous sommes rendu compte qu’une trentaine de fenêtres ne pouvaient pas s’ouvrir, relate-t-il. On étouffe l’été et on se les gèle en hiver. »
Faut-il poursuivre la mobilisation en convergeant vers la manifestation parisienne ? Une partie des jeunes préfère rester à Ivry-sur-Seine. « Ces jeunes veulent que les villes viennent manifester, pour une fois, dans les banlieues. Ils ont raison », assure Sylvain.
Les organisations lycéennes et étudiantes, pas convaincues par « les miettes » lâchées par le gouvernement, appellent ce mardi à un acte V de la mobilisation lancée en septembre pour obtenir des conditions d’études dignes. Fin de Parcoursup, des horaires à rallonges, des bâtiments insalubres, des profs non remplacés… un plan en 10 mesures et à 10 milliards d’euros a été mis sur la table notamment par l’Union syndicale des lycéens et l’Union étudiante.
L’exécutif a tenté d’apaiser la colère avec l’annonce de l’arrivée de 3 000 remplaçants en quelques jours – en réalité des enseignants en attente d’affectation depuis la rentrée – et renvoyer la présentation du reste de son « plan d’urgence » à la fin du mois d’octobre, misant sur les vacances scolaires pour éteindre le mouvement tout en communiquant abondamment sur une décrue de la mobilisation qui a compté plus de 450 000 personnes dans les rues mardi dernier. Malgré une violente répression et la multiplication des violences policières, les élèves, eux, sont déterminés à ne rien lâcher et sont de nouveau soutenus par l’intersyndicale de l’Éducation.
Cette nouvelle journée intervient également alors que l’Assemblée nationale s’apprête à débuter en séance l’examen du budget 2027 pour lequel Sébastien Lecornu a annoncé quelque 54 milliards d’austérité.
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Fonte: L'Humanité