Nous, parents, enseignant·es, citoyen·nes, refusons le confinement des enfants
Por Tribunes — L'Humanité
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En plein mouvement des lycéens qui dénoncent la dégradation de leurs conditions d’étude, des parents, enseignants et citoyens refusent le recours à l’enseignement à distance, qu’ils assimilent à une mise à l’écart de la jeunesse. Ils réclament l’arrêt des violences policières, l’écoute des revendications et la défense d’un enseignement fondé sur la présence et l’échange direct. Une pétition initiée par les membres du journal « L’âge de faire ».
Depuis le lundi 28 septembre, un peu partout en France, des lycéen· nes choisissent de ne pas aller en cours afin de manifester devant leurs établissements. Ils et elles dénoncent des conditions d’enseignement insupportables : effectifs à 35, voire plus de 40 élèves par classe ; manque de professeurs, de personnels AESH, d’infirmier· es scolaires, de conseiller· es d’orientation, de psychologues ; omniprésence de l’outil algorithmique de tri Parcoursup ; salles de cours vétustes, surchauffées l’été, glaciales l’hiver ; présence de cafards et de rats dans les bâtiments ; plafonds qui s’écroulent ; toilettes impraticables ; emplois du temps surchargés…
Les quartiers les moins favorisés économiquement semblent être les premiers touchés par cet état de délabrement ahurissant de notre système scolaire. Mais c’est l’ensemble du territoire, zones rurales comme zones urbaines, qui le subit, à divers degrés.
Nous, parents, enseignant· es, citoyen· nes préoccupé· es par le sort des enfants, constatons que le pouvoir en place refuse obstinément d’écouter les demandes pourtant légitimes exprimées par les lycéen· nes ; qu’au lieu d’ouvrir le dialogue, sa première et unique réponse a consisté à envoyer les forces de l’ordre pour tenter de mater, par la brutalité, un mouvement pourtant pacifiste dans son immense majorité ; que le pouvoir se rend ainsi directement responsable de l’état de tension dans lequel se trouve désormais le pays.
Nous apprenons que le gouvernement a décidé que certains cours se feraient « en distanciel ». Pour rappel, ces méthodes ont été expérimentées durant la période de l’épidémie de Covid afin de limiter les contacts entre les personnes.
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Il a depuis été démontré la piètre qualité de cet enseignement à distance et le fait qu’il accentuait encore les inégalités entre élèves – inégalités qui n’ont jamais été aussi criantes dans notre pays, selon la dernière étude Pisa réalisée par l’OCDE.
Au-delà, nous ne comprenons que trop bien le désir de la macronie d’en revenir à une sorte de confinement de notre jeunesse, dans un contexte fort différent de celui de l’épidémie de Covid. Cela lui permettrait de renvoyer chaque lycéen· ne chez lui· elle, seul· e devant son ordinateur ou sa tablette, isolé· e dans sa colère.
Nous refusons catégoriquement que le pouvoir masque ses responsabilités, qu’il s’exonère d’apporter des réponses aux revendications exprimées et qu’il poursuive du même coup son démantèlement de l’éducation nationale, le tout grâce au confinement de nos enfants.
Nous disons que notre jeunesse doit être écoutée et entendue.
Nous exigeons que cessent immédiatement les violences policières à leur encontre.
Nous affirmons qu’un enseignement digne de ce nom est le fruit d’échanges directs entre un· e enseignant· e et ses élèves, et que nous nous opposerons à toute tentative de normalisation de l’enseignement à distance par le truchement d’outils numériques.
Premiers signataires
Anaïs Giordano, enseignante, Syndicat Lutte de Classes
François Jarrige, historien
Yves Marry, co-fondateur de Lève les yeux
Fabien Lebrun, chercheur en sciences sociales
Matthieu Amiech, collectif Ecran total
Lisa Giachino, journaliste
Lucie Aubin, journaliste
Fabien Plastre, chargé de diffusion
Fabien Ginisty, journaliste
Nicolas Bérard, journaliste
Patrick Redon, dessinateur de presse
Rémi Carayol, journaliste
Vous pouvez signer cette pétition sur https://framapetitions.org/petition/user/Age-de-faire/nous-parents-enseignantes-citoyennes-refusons-le-confinement-de-nos-enfants
Anaïs Giordano, enseignante, Syndicat Lutte de Classes
François Jarrige, historien
Yves Marry, co-fondateur de Lève les yeux
Fabien Lebrun, chercheur en sciences sociales
Matthieu Amiech, collectif Ecran total
Lisa Giachino, journaliste
Lucie Aubin, journaliste
Fabien Plastre, chargé de diffusion
Fabien Ginisty, journaliste
Nicolas Bérard, journaliste
Patrick Redon, dessinateur de presse
Rémi Carayol, journaliste
Vous pouvez signer cette pétition sur https://framapetitions.org/petition/user/Age-de-faire/nous-parents-enseignantes-citoyennes-refusons-le-confinement-de-nos-enfants
Anaïs Giordano, enseignante, Syndicat Lutte de Classes
François Jarrige, historien
Yves Marry, co-fondateur de Lève les yeux
Fabien Lebrun, chercheur en sciences sociales
Matthieu Amiech, collectif Ecran total
Lisa Giachino, journaliste
Lucie Aubin, journaliste
Fabien Plastre, chargé de diffusion
Fabien Ginisty, journaliste
Nicolas Bérard, journaliste
Patrick Redon, dessinateur de presse
Rémi Carayol, journaliste
Vous pouvez signer cette pétition sur https://framapetitions.org/petition/user/Age-de-faire/nous-parents-enseignantes-citoyennes-refusons-le-confinement-de-nos-enfants
« C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. »
Tel était « Notre but », comme l’écrivait Jean Jaurès dans le premier éditorial de l’Humanité, le 18 avril 1904. 122 ans plus tard, il n’a pas changé.
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