Les Etats-Unis rapatrient leurs bombardiers de la base anglaise de Fairford, au cœur d’une enquête antiterroriste
Por Libération ., AFP . — Libération
Cette base militaire est notamment utilisée par l’US Air Force pour envoyer des appareils effectuer des frappes sur l’Iran. Six personnes ont été arrêtées après «un incident majeur» de sécurité fin septembre.
Le Pentagone prend ses précautions. Les Etats-Unis ont ordonné dimanche 4 octobre au soir le retrait de tous leurs bombardiers stratégiques B-1 de la base de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, théâtre d’un «incident majeur» de sécurité fin septembre. Les appareils «ont été redéployés vers leurs bases d’origine aux États-Unis», a déclaré le ministère américain de la Défense, dans un communiqué dépourvu de détails.
Ce retrait fait suite, selon plusieurs médias américains, à de nouvelles menaces visant le site militaire anglais, au cœur d’une enquête antiterroriste aux nombreuses zones d’ombre. A commencer par l’hypothétique implication d’un «acteur étranger», évoquée par le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio. Londres a aussi mis en avant des «indications claires» d’un rôle de l’Iran dans ce dossier, ce qu’a nié Téhéran. La base est utilisée par l’US Air Force pour faire décoller des avions impliqués dans le cadre de sa guerre au Moyen-Orient.
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Selon le New York Times et CNN, qui citent des responsables américains sous couvert de l’anonymat, le rapatriement de la douzaine d’appareils encore sur place jusqu’à ce week-end a été précipité par de nouvelles menaces jugées alarmantes.
Leur nature n’a pas été explicitée mais un responsable cité par CNN a évoqué une «menace réelle». Un autre a déclaré au New York Times que des «détails précis» avaient suscité «un sentiment d’urgence», au point selon le journal que certains avions ont décollé sans attendre le déploiement des appareils devant les ravitailler en vol.
Le 27 septembre, la police était intervenue près de la base de Fairford, après le signalement de «trois véhicules suspects». Un vaste périmètre avait été bouclé et des dizaines de foyers évacués autour de l’aérodrome. À l’intérieur des véhicules, la police avait dit n’avoir trouvé «aucun engin explosif», mais de l’essence «en quantité».
Au total, six hommes de 23 à 25 ans avaient été arrêtés en lien avec l’affaire : cinq Britanniques et un ressortissant britanno-iranien. Ils sont soupçonnés de «préparation d’un acte terroriste», mais ont tous été relâchés depuis sous contrôle judiciaire. Les cinq premiers ont depuis été libérés sous caution.
En juillet, les Gardiens de la Révolution avaient averti que toute base utilisée pour lancer des attaques contre la République islamique constituerait une «cible légitime», selon le quotidien Telegraph. Téhéran a pourtant nié «catégoriquement» toute implication dans les faits survenus fin septembre. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que les autorités de Londres font «fausse route», sans pour autant apporter d’éléments à décharge.
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Fonte: Libération