Mobilisations lycéennes : « On essaie de maintenir le dialogue », assure un proviseur
Por Stéphane Guérard — L'Humanité
En ce moment
En première ligne à l’Education nationale pour gérer les blocus, les chefs d’établissement constatent eux aussi un manque de personnels et de moyens dans les lycées. Gilles Auteroche, du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation national UNSA, expliquent comment ses collègues gèrent les blocus.
Offrir
Responsables de la sécurité dans leurs établissements scolaires, les principaux et proviseurs gèrent les situations de blocus de leurs collèges et lycées depuis une semaine. Selon le ministre Édouard Geffray, qui s’exprimait ce vendredi 2 octobre sur BFMTV, soixante-cinq personnels de l’éducation nationale, dont 40 proviseurs, ont été blessés depuis le début du mouvement lycéen. Secrétaire national du SNPDEN-UNSA, Gilles Auteroche déplore que ses collègues soient devenus « des cibles », ce qu’ils ne sont pas du tout en temps normal.
Quels sont les obligations et réflexes qu’un chef d’établissement doit suivre lors d’un blocus ?
Le premier réflexe est d’appeler le maire pour lui demander d’éloigner les poubelles afin d’éviter qu’elles soient enflammées et que leurs flammes n’atteignent des bâtiments. Réglementairement c’est ensuite très simple : l’article R421-12 du code de l’éducation lui donne l’autorité de suspendre les cours si la sécurité de l’établissement est engagée, sans avoir besoin de l’accord de sa hiérarchie. Pour une raison simple : le proviseur ou principal est responsable de son lycée ou collège. C’est en revanche au préfet que revient l’autorité de fermer.
Le chef d’établissement a bien sûr aussi obligation d’informer les autorités de tutelle, le maire, les professeurs, les élèves, leurs parents et l’ensemble de la communauté éducative. Quant aux forces de sécurité, c’est le maire qui exerce le pouvoir de police. Mais nous disposons d’un correspondant police ou gendarmerie. Ce dernier est souvent informé de la situation bien avant qu’on l’appelle.
Parvenez-vous à garder le dialogue avec vos élèves engagés dans les mobilisations ?
En temps normal, nous disposons du Conseil de vie lycéenne. Les représentants élus des élèves restent donc nos interlocuteurs, avec la limite qu’ils ne sont peut-être pas eux-mêmes engagés dans le mouvement. La difficulté est de disposer d’interlocuteurs dans les mobilisations. Les organisations syndicales lycéennes ont quasiment disparu des établissements. Des élèves peuvent s’en revendiquer, mais cela relève souvent de l’auto-proclamation….
Les mots-clés associés à cet article
Mobilisations lycéennes : « On essaie de maintenir le dialogue », assure un proviseur
Articles les plus lus dans cette rubrique
« Tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres » : à Orléans, un conseiller PCF insulté, poussé à terre et matraqué par un policier
Mouvement lycéen à Paris : ceux que la police charge et ceux qu’elle épargne
« C’est une même réalité que nous vivons » : pourquoi les universités rejoignent les mouvements lycéens
à lire aussi
La répression policière s’abat contre les lycéens : au moins 3 affaires dans les mains de l’IGPN
Société
Publié le 1 octobre 2026
De la classe au blocus : le réel de Camille, prof dans le 93
Société
Publié le 1 octobre 2026
« Il n’est pas censé lever son arme vers des lycéens » : à Clichy, les élèves du lycée René Auffray face aux violences policières
Société
Publié le 1 octobre 2026
Offrez un article
Avec un abonnement à l’Humanité, vous pouvez offrir 10 articles chaque mois
Vous êtes abonné-e ? Connectez-vous
Offrir
Nos Rubriques
Nos thèmes
Nos services
Fonte: L'Humanité