L’intersyndicale de l’Éducation nationale appelle à la mobilisation, « y compris par la grève »

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Por Gaël De Santis — L'Humanité

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17h24

Lors d’une conférence de presse organisée devant le ministère de l’Education nationale suite à la rencontre avec le ministre de l’Education, Edouard Geffray, les responsables d’organisations lycéennes ont appelé à poursuivre le mouvement, faute de “mesures concrètes”, ont-ils dénoncé.

Le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, appelle à “continuer la mobilisation, à continuer les manifestations, et à rejoindre le mouvement de l’acte 3 mardi”, journée de grande manifestation nationale, à laquelle la CGT et Solidaires vont se joindre.

Pour Louis Letoublon, vice-président du mouvement Les Lycéens, “On doit mener un travail de fond auprès du ministre et en même temps poursuivre la mobilisation dans les lycées, afin de continuer à avoir un rapport de force, c’est comme ça que marche un conflit social.”

Pas de profs, établissements insalubres : pourquoi les lycéens se révoltent ?

Nathanaël Combary, le président du conseil d’administration de Renouveau lycéen, a tenu à clarifier : “On se désolidarise des violences urbaines, ce sont des gens qui ne sont pas là pour porter nos revendications.”

Les deux represéntants lycéens demandent que “le ministre puisse répondre à nos questions et au mécontentement, sur les moyens humains, le manque de professeurs, une rénovation du bâti scolaire en passant par des moyens donnés aux collectivités locales”. Mais ils pointent un budget où “le gouvernement prévoit de supprimer cinq milliards pour les collectivités locales”.

17h14

On comprend pourquoi le gouvernement voudrait réduire la mobilisation des lycéens à de seules “émeutes”. Selon un sondage réalisé par Odoxa pour Backbone et Le Figaro, 62 % des personnes interrogées estiment que le mouvement est “justifié”, contre 38 % donc “non justifié”.

Dans le détail par appartenance politique, les sympathisants de gauche sont sans surprise en pointe dans le soutien au mouvement : 91 % de “justifié” pour les personnes se disant proches de la France insoumise, 80 % pour les écologistes, 66 % (seulement) pour le PS.

Mobilisations lycéennes : « Regardez le 93 comme on est beaux ! On n’a pas de gaz, pas de mortier, mais une jeunesse éveillée, fière d’être banlieusarde »

A droite, petite surprise : les sympathisants macronistes et Rassemblement national ont sensiblement le même pourcentage de “justifié”, et il est – de peu – majoritaire : 55 % pour Renaissance, 54 % pour le RN. La seule tranche qui pensent majoritairement que la mobilisation n’est “pas justifiée” est celle des sympathisants LR, avec seulement 41 % pour et 59 % contre. Pas sûr que nos collègues du Figaro ne mettent ce sondage en avant…

16h58

L’équipe enseignante du lycée Mozart, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) dénoncent, dans un long communiqué, les provocations policières qui ont fait dégénérer la situation, alors que les élèves organisaient un blocus à 8 heures du matin, dans un “climat calme et festif, en présence de parents d’élèves, élus et syndicalistes“.

Mais vers 9 h 30, « à deux pas du lycée, un élève a été percuté intentionnellement par un agent de la police municipale à moto, puis frappé au sol, devant de nombreux témoins. » Les agents de la police nationale, présents sur les lieux, ont “interpellé le jeune, gazé et matraqué les témoins de la scène”.

Contre la révolte lycéenne et étudiante, une répression insoutenable

Ce qui a bien entendu “déclenché une vague de colère et des affrontements avec les forces de l’ordre pendant près d’une heure et demie aux abords de l’établissement”.

L’affaire ne s’arrête pas là : “Vers midi, les élèves ont voulu se rassembler pacifiquement devant le lycée, mais une violente charge de CRS est venue les disperser à coup de matraque et de gaz.” Les enseignants venus pour protéger les éleèves “ont été matraqués et invectivés par les forces de l’ordre”.

Une illustration terrible de la seule réponse du gouvernement et “une escalade répressive (qui) est la même que dans de nombreux autres lycées”, pointent les enseignants.

16h37

Les académies de Nice et Bordeaux ont annoncé des rencontres avec des représentants lycéens mobilisés, ont annoncé les rectorats sur leur compte X. A Nice, le recteur Emmanuel Roux a réuni des lycéens pour échanger sur les emplois du temps, l’état des bâtiments scolaires, l’orientation et le dialogue au sein des établissements. Les conseils de la vie lycéenne doivent être réunis dès lundi. Le rectorat précise par ailleurs que les cours ont été assurés à distance vendredi dans une vingtaine de lycées de l’académie.

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A Bordeaux, la préfète de région Sophie Brocas, le recteur Jean-Marc Huart et le vice-président du conseil régional Jean-Louis Nembrini ont rencontré des élus lycéens afin d’entendre leurs préoccupations.

16h18
Témoignage

Beaucoup de lycéens se sont rassemblés autour du lycée Jacques-Decour, dans le IXe arrondissement parisien, venus des établissements voisins, notamment de Jules-Ferry, dont le blocus a été levé ce matin, et de Chaptal.

Ava, 14 ans, était au blocus de Jules-Ferry : « Ils ont commencé à nous gazer ce matin à Ferry, donc on est venus soutenir Decour, parce que les lycées sont vraiment dans un état minable. Moi, il y a un policier qui m’a mis une balayette alors que je ne faisais que courir. Ils m’ont aussi pris mes affaires, mon sac à dos. »

Joëlle 70 ans, habite le quartier. Elle soutient les lycéens : « Les jeunes ont des choses à demander. Ils sont pacifistes. Il n’y a aucune raison qu’on casse les gamins. Moi, ça me rend malade. »

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15h21

“Toutes et tous concernés !” Dans un communiqué, la CGT appelle les salariés à se joindre aux manifestations prévues le 6 octobre, qu’il s’agisse de soutien au mouvement lycéen et étudiant, mais aussi de la grève des salariés de l’énergie également prévue ce jour-là.

“Comme elle le fait déjà devant les établissements, la CGT sera aux côtés des lycéen.nes, étudiat.es et personnels de l’éducation mobilisés”, indique le syndicat. Concrètement, la confédération appelle ses organisations à “mettre à leur disposition (lycéens et étudiants, NDLR) les moyens nécessaires pour s’organiser, notamment en ouvrant les bourses du travail et les maisons du peuple”.

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La CGT revient également sur “le choix de la violence fait par le gouvernement”, dénonçant une “violente répression d’une ampleur sans précédent”, et appelle les autorités à “y mettre un terme immédiat”.

Les lycéens et les étudiants sont de nouveau appelés à se mobiliser ce vendredi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé l’interdiction de manifester autour des 400 établissements annoncés fermés en raison du lock-out orchestré par le gouvernement via des cours en distanciel soumis à des contrôles d’assiduité.

L’exécutif tente par tous les moyens, en particulier une violente répression policière, d’étouffer dans l’œuf le mouvement qui a encore pris de l’ampleur jeudi. Après les 338 établissements mobilisés mardi, les 356 mercredi, ce sont « 1 027 établissements », sur environ 3 700 lycées en France, qui « ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Parti d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France désormais avec Marseille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Rennes… Et aussi l’enseignement supérieur avec une quarantaine de sites concernés jeudi à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers ou encore Nanterre… L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne ont appelé à converger et à une journée de manifestations communes le mardi 6 octobre.

Face à un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le pouvoir a décidé de jouer la répression et la désinformation, pour casser la mobilisation. Le ministre Laurent Nuñez dénonce en boucle « une violence débridée » et avance le chiffre de 300 policiers et gendarmes blessés tandis que les cas documentés de violences contre les élèves se multiplient avec déjà 3 enquêtes ouvertes par l’IGPN et la saisie du Défenseur des droits. 65 personnels de l’Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, a également recensé le ministère.

Les seules autres réponses apportées pour l’heure oscillent entre pseudo-concertation et le retrait d’une mesure annoncée seulement quelques heures plus tôt. Les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires prévus dans le budget 2027 présentés jeudi matin et dont la suppression a été annoncée au 20 heures par le ministre de l’Éducation. Surcharges des classes, profs non remplacés, établissements dégradés… autant de revendications que les élèves devraient remettre sur la table ce vendredi.

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Fonte: L'Humanité

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