Antisémitisme de Bardella : Mediapart dégaine les preuves
Por Gaël De Santis — L'Humanité
Le média d’investigation Mediapart explique comment il a établi que les conversations antisémites de Jordan Bardella sont authentiques.
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Publié le 1 octobre 2026
Publié le 1 octobre 2026
Gaël De Santis
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© Blondet Eliot/ABACA
L’argument avancé par Jordan Bardella, celui d’une « tentative de déstabilisation » de la campagne présidentielle de sa championne Marine Le Pen ne tient pas. Lundi 28 septembre, le site d’information en ligne Mediapart avait exhumé des propos de jeunesse de celui qui est devenu président du Rassemblement national selon lesquels « le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ».
D’autres citations corroboraient la vision antisémite de celui qui se prépare à devenir le premier ministre de Marine Le Pen si elle remporte la course à l’Élysée. Alexandre Berteau et Antton Rouget publient ce jeudi 1er octobre les preuves de leurs affirmations.
Les conversations en question « ont eu lieu sur l’application Facebook Messenger », explique le journal d’investigation. Dans les conversations, Jordan Bardella cherche à convaincre ses interlocuteurs. Des captures d’écran montrent qu’il reprend bien l’argument antisémite selon lequel les banques sont « détenus par les juifs », faute d’orthographe comprise, qu’il vante les analystes « justes » d’Alain Soral, l’un des propagateurs de l’antisémitisme contemporain.
Une opération contrôlée par huissier
Preuve que ces conversations sont bien réelles, l’interlocuteur a obtenu de Meta, la plateforme qui gère Facebook Messenger, « le téléchargement de ses conversations de l’année 2013 ». Une opération contrôlée par huissier. Les éléments contenus dans la conversation correspondent pleinement à la biographie de Jordan Bardella.
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S’agissant d’autres échanges à caractère antisémite, tenus par courriel, Mediapart a pu vérifier que Jordan Bardella était bien le détenteur de deux adresses électroniques en question, puisqu’il les avait utilisées dans le cadre de ses activités de dirigeant du Front national. Là aussi, les conversations illustrent une proximité avec la pensée d’Alain Soral.
Réagissant aux révélations de Mediapart, Ian Brossat, porte-parole du PCF, estime que « le président du Rassemblement national est bel et bien l’héritier de Jean-Marie Le Pen », qui s’était illustré par plusieurs sorties antisémites et révisionnistes. « Marine Le Pen savait-elle qu’elle promouvait depuis des années l’auteur de tels écrits antisémites ? », s’interroge Clémence Guetté, coprésidente de l’Institut La Boétie et députée LFI.
Interrogé sur BFM TV le 5 novembre 2023, pour savoir si le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, était antisémite, Jordan Bardella, avait répondu « je ne le crois pas ». Peut-être ne se croyait-il pas antisémite lui-même.
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Fonte: L'Humanité