En Colombie, l’extrême droite taxe l’avortement de « monstruosité » : des centaines de femmes dans la rue pour protéger leur droit
Por Caroline Constant — L'Humanité
Alors que le nouveau gouvernement d’extrême droite remet en cause l’avortement, les femmes colombiennes ont manifesté ce lundi 28 septembre pour conserver leur droit constitutionnel à mettre fin à une grossesse.
2min
Publié le 29 septembre 2026
Publié le 29 septembre 2026

Caroline Constant
Écouter cet article
–
réservé aux abonné·e·s


© Isabella Bobadilla / IMAGO / StringersHub
Elles ont mis sur leurs cheveux, autour de leur cou ou de leur poignet des foulards vert, symbole de leur lutte pour le droit à l’avortement légal et sûr, lors de la journée mondiale qui célèbre ce droit. Ce lundi 28 septembre, des centaines de femmes colombiennes ont manifesté dans la capitale Bogota, en scandant « mon utérus, ma décision ».
Leur rassemblement vise directement le nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella. Pro-vie, le dirigeant d’extrême droite, en fonction depuis le 7 août dernier, a taxé l’avortement de « monstruosité » et s’est proposé de réviser la constitution qui l’autorise.
Selon la presse colombienne, les manifestantes ont réalisé un espace, appelé « Le Mur des Libérations » où étaient proposées des informations juridiques sur les droits des femmes, un soutien psychologique et où l’art a été promu comme « forme de résistance ».
Le droit à l’avortement menacé par l’extrême droite
La Colombie, pays très catholique, a inscrit, le 21 février 2022, l’avortement dans sa Constitution, sans aucune restriction jusqu’à 24 semaines de grossesse : c’est une des lois les plus libérales d’Amérique latine en la matière. Après ce délai, les femmes ont toujours le droit d’avorter, si la grossesse entamée est issue d’un viol, si la santé de la mère est en jeu, ou si le pronostic vital du fœtus est engagé.
Sur le même thème

« Massacres » et « crimes contre l’humanité » : Alvaro Uribe sera-t-il bientôt rattrapé par la justice colombienne ?
La mesure a été portée et entérinée par le gouvernement de gauche précédent, dirigé par Gustavo Petro. Elle est remise en cause par Abelardo de la Espriella, avocat milliardaire et trumpiste.
Selon un rapport de l’ONG féministe Mesa por la Vida y la Salud de las Mujeres (Table pour la vie et la santé des femmes), entre février 2022 et février 2025, l’organisation a soutenu 1 569 cas de femmes confrontées à des obstacles à l’accès à l’avortement, dont 420 à Bogota.
Face aux violences sexistes et aux inégalités, l’information est une force
Ce que le patriarcat voudrait banaliser, invisibiliser ou réprimer, nous tenons à le documenter : les violences sexistes et sexuelles, les inégalités de salaire, les droits attaqués, les luttes féministes. Les vies bouleversées et les résistances collectives.
Ce journalisme demande du temps, des moyens, de l’écoute et de la rigueur. À l’Humanité, nous voulons le porter avec constance et détermination.
Aidez-nous à faire entendre ces voix. Soutenez l’égalité.
Lisez la suite de cet article
et débloquez tous les contenus
Les mots-clés associés à cet article
Abelardo de la Espriella
anti-avortement
avortement
Colombie
gustavo petro
Accueil
Monde
Abelardo de la Espriella
En Colombie, l’extrême droite taxe l’avortement de « monstruosité » : des centaines de femmes dans la rue pour protéger leur droit
Fonte: L'Humanité