La mobilisation s’amplifie, plus de 200 actions décomptées dans des lycées

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12h08

La secrétaire générale de la CGT a estimé, ce matin du BFMTV, à apaiser les tensions : “J’appelle à cesser d’envoyer des policiers devant les lycées”, a déclaré Sophie Binet. Elle a également dénoncé des “violences policières” commises hier devant des lycées bloqués. “Ce qu’ils demandent, ce sont des tables, des chaises, des enseignants, et on leur répond en leur envoyant des forces de l’ordre“, a-t-elle ajouté.

« Nous refusons que la violence d’état soit la seule réponse » : en Seine-Saint-Denis, des professeurs racontent la répression policière contre leurs élèves

11h59

Trois organisations syndicales – le Snes-FSU pour le secondaire, le Snuepp-FSU pour les personnels des lycées professionnels et le Snep-FSU, pour les professeurs d’EPS – apportent leur soutien aux lycéens mobilisés. Face à des conditions d’études indignes, les syndicats dénoncent, dans un communiqué, les « interventions violentes sans discernement, de la police devant plusieurs établissements, qui ont parfois conduit des élèves en garde à vue. Cette violence contre la jeunesse est inacceptable, elle doit cesser ! »

Santé mentale à l’école : le grand flou autour des nouveaux référents

11h40

Comme prévu, la mobilisation est conséquente dans l’Éducation nationale, ce 29 septembre. Dans le primaire, le Snuipp-FSU revendique 40 % d’enseignants grévistes. S’agissant du secondaire, le Snes-FSU assure que 38 % des professeurs de collèges et lycées sont grévistes. « Dans toutes les académies, l’immense majorité des établissements est mobilisée. Il y a plus de 40 % de grévistes dans les académies de Lyon et Créteil. Dans plusieurs académies, des vies scolaires sont fermées », assure le syndicat majoritaire.

L’Éducation nationale a été mise à mal durant ces 10 dernières années par Emmanuel Macron. Preuve en est le déclin illustré par l’enquête internationale Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui confirme le déclin éducatif français. Les résultats des 6 500 élèves de 15 ans qui ont participé à l’enquête 2025 sont « les plus bas jamais mesurés par Pisa » en science, mathématique et compréhension de l’écrit, selon l’OCDE.

« Nous pouvons évidemment lier ces résultats avec la casse de l’éducation, c’est incontestable, mesure Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU. Les classes surchargées sont devenues la norme. Cela a un effet immédiat sur l’apprentissage des élèves. » Selon le Snes-FSU, il manquait au moins un enseignant dans 53 % des collèges et lycées, lors de la rentrée 2026.

Grève du 29 septembre : avant de quitter l’Élysée, Emmanuel Macron laisse les services publics délabrés

11h35
Pour approfondir

Usage de gaz lacrymogène, placage au sol de lycéens, jet de grenade… Les images de la violente répression d’État sur les parvis des établissements bloqués en Île-de-France circulent sur les réseaux sociaux. Le gouvernement, lui, ne dénonce que les dégradations causées par les élèves et accuse les Insoumis de « surenchère irresponsable ».

Au total, sur les 180 établissements concernés par des blocages, 164 interpellations ont eu lieu. 12 policiers ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur, et huit personnels enseignants, dont trois chefs d’établissement. Une douzaine de lycéens ont été blessés.

Gregory Thuizat et d’autres professeurs ont été témoins d’une réponse policière « absolument disproportionnée », alors que « des élèves étaient réunis pacifiquement pour faire entendre leurs revendications, ils ont été gazés par des policiers sur le parvis de l’établissement ». Ils reviennent sur cet épisode auprès de l’Humanité :

« Nous refusons que la violence d’état soit la seule réponse » : en Seine-Saint-Denis, des professeurs racontent la répression policière contre leurs élèves

11h30

Les lycéens maintiennent la pression malgré les entraves de la police. À Marseille, les organisations lycéennes revendiquaient cinq établissements bloqués vers 10 heures, après la levée d’un blocage dans un lycée du 7e arrondissement plus tôt dans la matinée. À Bordeaux, plusieurs centaines de lycéens ont bloqué l’entrée du lycée Magendie.

À Lyon et dans son agglomération, plusieurs établissements étaient perturbés, avec des tensions signalées devant certains lycées et des cours annulés à Villeurbanne. Dans le département du Nord, il y a eu « quatre interpellations depuis ce matin et douze lycées concernés par les perturbations », a indiqué la préfecture à l’Agence France-Presse (AFP) en milieu de matinée, sans plus de détails à ce stade.

La colère des lycéens va-t-elle être l’étincelle ?

11h03
EXCLUSIF

Le mouvement des jeunes communistes (MJCF) assure avoir bloqué une cinquantaine de lycées, à son initiative, dans le cadre de la mobilisation du 29 septembre. « La situation est explosive, et ce mouvement exceptionnel le démontre. La jeunesse ne s’est jamais autant mobilisée depuis la réforme des retraites, en 2023 », assure Bastien Bonnargent.

Le mouvement de jeunesse a notamment bloqué des établissements dans les Bouches-du-Rhône, les Hautes-Pyrénées, la Somme, l’Indre-et-Loire, l’Hérault ou la Vienne. « La colère se cristallise autour du manque de moyens alors que plus de la moitié des établissements manquent de professeurs. L’abrogation de Parcoursup est une priorité », mesure le secrétaire général du MJCF.

En Île-de-France, le mouvement est déployé à Saint-Denis, Aubervilliers, Champigny-sur-Marne, Montreui ou encore Massy. En plus des blocages à son initiative, le MJCF est mobilisé « dans l’ensemble de ses fédérations », aux côtés d’autres organisations de jeunesse et des lycéens, soit dans 84 départements.

Salaires gelés, manque de personnels et de financements… Les services publics sont au bord de l’asphyxie et les fonctionnaires sont dans la rue, ce mardi 29 septembre, pour obtenir les moyens d’exercer dignement leur métier et de fournir un service de qualité aux usagers. Alors que le gouvernement prévoit une nouvelle cure d’austérité à 54 milliards d’euros pour le prochain budget, dont la copie doit être détaillée par Sébastien Lecornu jeudi en Conseil des ministres, l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA) des trois fonctions publiques appelle à la mobilisation. Un mouvement qui s’annonce important, avec 174 manifestations recensées à travers la France.

Les lycéens appellent également à manifester aux côtés de leurs professeurs. Malgré la répression assumée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, auxquels des élèves d’Île-de-France ont eu à faire face ces derniers jours, de nouveaux établissements seront bloqués dès ce début de matinée alors que l’Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à généraliser le mouvement. Et pour cause : tous personnels confondus, ce sont plus des deux tiers (69 %) des lycées et collèges où tous les postes n’étaient pas pourvus.

En grève depuis le 8 septembre et installés dans un camp de la colère sur le Champ-de-Mars depuis trois jours, les pompiers se joindront également aux cortèges de la journée. Manque d’effectifs, insuffisance d’équipements, perte de sens du métier mettent le système de secours français sous pression, martèlent-ils après un été dévastateur entre canicules, sécheresses et incendies.

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Fonte: L'Humanité

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