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15h57

Après Paris, Lyon s’y met aussi. Pour la troisième nuit consécutive, le préfet du Rhône renouvelle le couvre-feu et l’interdiction des rassemblements sur une partie de la presqu’île de Lyon. Les attroupements et manifestations sont interdits ce mercredi 21 octobre de 16 heures à 23 heures. Le couvre-feu s’appliquera de 23 heures à 6 heures jeudi. Des dérogations sont prévues, notamment pour les déplacements professionnels, médicaux ou familiaux.

15h53

La stratégie est la même, encore et encore. Lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat ce mercredi 21 octobre, le premier ministre dénonce une nouvelle fois « un agenda de déstabilisation mené par l’extrême gauche radicale et l’ultragauche qui cherchent à intervenir et à polluer l’élection présidentielle peut-être en préemptant déjà les résultats des sondages annoncés ». Sébastien Lecornu n’a pas daigné apporter des preuves pour étayer ses accusations.

Depuis le début du mouvement lycéen, le gouvernement n’a eu de cesse de pointer le rôle de cette « ultragauche » dans les débordements. Le 28 septembre, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, menaçait : « La participation d’élus LFI à ces mouvements est irresponsable. »

Répression, accusations contre LFI, instrumentalisation de la police : les mensonges d’État sur le 17 octobre

Pourtant, du côté de la justice, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a assuré qu’elle ne pouvait « absolument pas confirmer en l’état de (ses) informations » que les auteurs de violences de ce week-end seraient « des personnes politisées vers l’ultragauche ». Mediapart a dans la foulée publié, ce mardi 20 octobre, une enquête dans laquelle plusieurs policiers remettent en cause le poids de l’ultragauche dans les saccages et accusent même le pouvoir politique d’avoir donné des consignes de cibler le parti de Jean-Luc Mélenchon. « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT (renseignement territorial – NDLR), forcément on a des décisions politiques », s’émeut un commissaire du RT dans un SMS daté du dimanche 18 octobre.

15h42

Sébastien Lecornu continue de réfuter le rôle du gouvernement dans les événements du 17 octobre. Face aux députés, le premier ministre a de nouveau attaqué un « agenda de déstabilisation » mené par « l’extrême gauche radicale et l’ultragauche », qui chercheraient à « intervenir et polluer l’élection présidentielle peut-être en préemptant déjà les résultats des sondages annoncés ».

« Ne pas voir, avec une forme de naïveté ou d’incompréhension, que les modes opératoires de samedi dernier sont à ce point graves que le Parquet national antiterroriste se pose en situation d’observateur, que la Sous-direction antiterroriste est saisie et que la première personne interpellée pour l’incendie de Limoges est fichée S pour ultragauche radicale, franchement, pour ne pas le voir, il faut ne pas vouloir, a-t-il assuré. Et pour quelles raisons ? »

Le chef du gouvernement a néanmoins eu plus de mal à reconnaître les informations de Mediapart sur la surveillance politique et les mensonges visant à discréditer la France insoumise (LFI) dont le gouvernement serait l’auteur. « (Des accusations) relayées par la France insoumise, qui sous-entend que la police de la République fait du renseignement politique, a-t-il préféré répondre. C’est faux »

Le mensonge du pouvoir macroniste pour jeter le discrédit sur le mouvement social et l’opposition

15h32

Présent à l’Assemblée nationale pour la séance de questions au gouvernement, le premier ministre a annoncé l’ouverture de « cinq chantiers » pour répondre aux revendications du mouvement lycéen. Sébastien Lecornu a précisé que ceux-ci feront l’objet d’annonces « très rapides », entre la fin de la semaine et lundi.

Ces « cinq chantiers » porteront sur l’explosion des effectifs dans les classes, le remplacement des enseignants absents, la démocratie lycéenne – qualifiée de « chantier clé » -, l’état des bâtiments scolaires et l’orientation vers les études supérieures, dont la plateforme tant décriée Parcoursup. « Tout cela est concret, et nous allons avancer avec beaucoup de sérieux, loin d’effets d’annonce », a assuré le chef du gouvernement.

« L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation » : les syndicats remontés après leur rencontre inutile avec Sébastien Lecornu

15h15

Jamais deux sans trois. Le couvre-feu est reconduit ce mercredi 21 octobre à Paris de 23 heures à 6 heures sur la place de la République et au quartier des Halles, d’après un nouvel arrêté préfectoral. De plus, les rassemblements non déclarés sont interdits entre 20 heures et 6 heures du matin dans les secteurs autour des principaux sites institutionnels (Élysée, ministère de l’Intérieur, Assemblée nationale…), gares et places de la capitale.

Couvre-feux : villes, horaires, personnes concernées…comment ça marche ?

15h05

Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé que, dès ce lundi 26 octobre au matin, l’ensemble de la communauté éducative, ainsi que les régions et les lycées vont se réunir pour « présenter une première série de décisions sur les questions des classes chargées au lycée, du remplacement, de la poursuite d’étude et de Parcoursup ».

« Je crois que la responsabilité nous oblige à ne pas mentir aux gens, lance Édouard Geffray à la presse ce mercredi 21 octobre. On ne va pas faire de fausses promesses ». Il précise que les autres sujets – tels que les emplois du temps ou les modalités de contrôle continu, seront traités plus tard. Ces mesures prendront la forme d’amendements gouvernementaux au projet de loi de finances 2027.

Depuis la mobilisation du 17 octobre, qui a réuni 800 000 manifestants partout en France, et la vague de pillages dans son sillage, le gouvernement a choisi de réagir sur le seul terrain sécuritaire, poussé par les surenchères du reste de la droite et de l’extrême droite. Dans la foulée de l’allocution d’Emmanuel Macron dimanche soir, une panoplie de mesures – allant de la prolongation des gardes à vue aux couvre-feux – est mise en œuvre, tandis que les revendications sociales du mouvement restent sans réponse.

Le ministre de l’Intérieur, dont la responsabilité est mise en cause notamment par la gauche, est toujours en poste après le refus du chef de l’État d’accepter sa démission. Une plainte a été déposée contre lui pour « complicité de violences aggravées, par instructions » par le jeune dont la main a été arrachée, samedi à Saint-Étienne, tandis que quatre nouvelles enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN.

L’exécutif n’hésite pas non plus à manier le mensonge pour tenter de faire de la France insoumise et de la gauche les boucs émissaires, et ainsi se dédouaner de toutes responsabilités dans les violences survenues en marge des manifestations et mettre les revendications sous l’éteignoir.

Dans un communiqué, la CGT a dénoncé « la stratégie du chaos déployée par le gouvernement » et invite les manifestants à garder « le cap sur nos mobilisations » et à rester « mobilisé·es jusqu’à leur satisfaction », notamment lors de la journée de grève du 5 novembre prochain. « Là, on paye cash dix ans de verticalité. Il faut pouvoir avoir les vraies réponses sociales », a estimé, mardi sur France Inter, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, dont le syndicat appelle également au 5 novembre. De leurs côtés, Gilets jaunes et organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation dès ce samedi 24 octobre.

À Paris, pour la troisième nuit consécutive, le couvre-feu est reconduit ce mercredi 21 octobre de 23 heures à 6 heures sur la place de la République et au quartier des Halles. Les rassemblements non déclarés sont interdits entre 20 heures et 6 heures du matin dans les secteurs autour des principaux sites institutionnels (Élysée, ministère de l’Intérieur, Assemblée nationale…), gares et places de la capitale. À Lyon, il sera en vigueur jusqu’à jeudi.

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Fonte: L'Humanité

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