Près d’une université sur deux touchée par la mobilisation ce mardi

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19h38

Environ 40 % des établissements de l’enseignement supérieur publics ont été touchés ce mardi 6 octobre, journée de forte de mobilisation des lycéens et étudiants, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Ce chiffre prend en compte les établissements publics qui ont été bloqués, bloqués partiellement, fermés administrativement ou occupés, indique le ministère.

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Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, doit recevoir ce mercredi 7 octobre les organisations professionnelles puis les organisations étudiantes, d’après le ministère et les syndicats. « On veut des garanties réelles sur les dix mesures qu’on a présentées », a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante.

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Parmi les dix mesures, figurent notamment la fin de la « sélection via Parcoursup et Mon Master » et la « création de 250.000 places dans l’enseignement supérieur », « une refonte des rythmes scolaires », « revenir sur la réforme du bac », « l’embauche massive de personnels éducatifs, de santé, d’accompagnement et d’orientation » pour avoir une infirmière scolaire pour 500 élèves.

L’Union Syndicale Lycéenne (USL), Solidaires étudiant·es, l’Unef et la Fage ont signé cette pétition.

19h22

Deux des observateurs de la Ligue des Droits de l’homme, qui suivaient le cortège parisien pour documenter violences et usages de la police, ont été touchés, selon nos informations, par un tir de grenade GL. Projetés au sol par la douleur, ils n’arrivaient pas à se relever et ont été entourés par des manifestants, afin de les protéger.

« Ils vont mieux, mais sont très secoués, nous confie Mathilde. On a arrêté la mission d’observation immédiatement, parce qu’on ne peut pas observer correctement en étant blessé. »

19h15

À Rouen, pendant que les camions klaxonnent depuis le pont, les lycéens lèvent le poing. Après une semaine passée émaillée de casses et de violences policières ayant entraîné plus de 33 interpellations, Brune élève au lycée Corneille, se réjouit que la manifestation soit pacifique. « Je suis dans un lycée du centre-ville plutôt privilégié, reconnaît-elle, mais nous avons comme les autres la pression de Parcoursup ».

Marina, prof de sociologie à l’université, syndiquée à la FSU, qui a participé le matin même au blocage de ce lycée, remarque que l’université prolonge ce sentiment d’avenir précaire : « Non seulement la sélection est plus forte pour y entrer, mais le manque de moyens est tout aussi important que dans le secondaire » déplore-t-elle.

La manifestation a réuni plus de 4 000 personnes. Les nombreux lycéens étaient mêlés aux parents, aux profs, mais aussi aux militants syndicaux, pour dénoncer à la fois la répression policière et l’immobilisme coupable du gouvernement.

« Lundi, en voulant aller bloquer un établissement, j’ai été ciblée au faciès et fouillée par la police. On m’a touché les parties intimes », explique une élève du lycée Jeanne d’Arc encore choquée. « Ça me rassure de savoir que des adultes nous protègent aujourd’hui ». Sa camarade, Rachel, embraie : « C’est malheureux de devoir hausser le ton pour que Macron nous entende, mais on ne peut pas continuer à travailler en étant jusqu’à 37 personnes par classe… »

En voyant la rue noire de monde, Reynald Ponty, représentant syndical CGT chez Renault Cléon, en charge du service d’ordre, se souvient des mobilisations monstres de son adolescence contre la loi Devaquet (visant à réformer les universités en 1986-NDLR) : « Aujourd’hui, on a du mal à faire sortir les ouvriers alors que nos conditions de travail n’ont jamais été aussi dégradées. C’est beau de voir cette jeunesse qui se soulève, on espère que ça va redynamiser tout le monde. »

19h11

L’Union régionale Île-de-France (URIF) CGT fait savoir à l’Humanité qu’un militant, membre du service d’ordre de la manifestation parisienne, a été touché à l’arcade sourcilière, suite à un tir de grenade de désencerclement.

« Le cortège syndical a subi plusieurs provocations. Les policiers ont notamment tenté de couper le carré de tête de la manifestation lycéenne et étudiante, note Vincent Gautheron, secrétaire général de l’Urif CGT. Peut-être ont-ils été gênés par la forte mobilisation des organisations syndicales qui ont contribué à la réussite de ce 6 octobre ».

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Dans la manifestation parisienne, des militants syndicaux venus principalement de la CGT, mais aussi de la FSU, CFDT et Solidaires ont formé une chaîne humaine autour des cortèges d’organisation de jeunesse. Derrière la banderole de tête, aucune violence n’était à signaler.

18h41

Le policier auteur du tir de lance-grenade qui a fracturé la mâchoire d’Eden, 14 ans, à Saint-Ouen-l’Aumône la semaine dernière en marge du mouvement lycéen, a été mis en examen ce mardi 6 octobre pour violences, a indiqué le procureur de Pontoise.

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Une information judiciaire pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », a été ouverte, passible en théorie de 15 ans de réclusion criminelle.

18h37

Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale pour dénoncer « une réponse sécuritaire totalement disproportionnée ». Les 30 000 premiers signataires y demandent « l’interdiction des gestes d’immobilisation à risque d’asphyxie : plaquage ventral (maintien au sol sur le ventre avec compression thoracique), clés d’étranglement (prises au cou bloquant la respiration ou la circulation sanguine), pliage corporel (compression du buste vers les genoux) ».

Ils réclament également « le retrait des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement » et « les pistolets à impulsion électrique (Taser) ».

Le lien de la pétition : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-7231.

Plusieurs centaines de milliers de personnes, lycéens mais aussi parents, professeurs et syndicalistes, ont manifesté ce mardi dans plusieurs villes de France. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France. Environ un quart des lycées du pays étaient bloqués ce mardi.

L’Union étudiante, la Fage et l’Union syndicale lycéenne appellent à une nouvelle mobilisation ce jeudi 8 octobre. « On va continuer à bloquer tant qu’il n’y a pas 10 milliards d’euros sur la table, prévient Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, première organisation étudiante. C’est le chiffrage qu’on a retenu pour les dix mesures d’urgence », publiées sur une plateforme commune aux lycéens et aux étudiants le 5 octobre.

Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.

Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.

La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.

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Fonte: L'Humanité

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