« Ce gamin n’a plus d’avenir » : les communistes de Lens manifestent en soutien au garçon de 15 ans dont la main est arrachée
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11h51
Reportage
Un cortège d’étudiants encadré par le syndicat de l’Union étudiante s’est élancé, à 10 h 50, de la place de la Sorbonne en direction de la place du Panthéon, en scandant « solidarité avec les lycéens réprimés ». Les participants revendiquent un meilleur financement de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, alors que « de l’argent, il y en a dans les caisses du patronat ».
Présent hier à la Sorbonne Nouvelle alors que les CRS sont entrés dans l’enceinte de l’amphithéâtre où se tenait une assemblée générale, Martin estime que, « tous les jours, la police et la politique gouvernementale violent les droits » des étudiants.
Responsable d’ateliers à l’École nationale des arts décoratifs, Nadine, la quarantaine, a rejoint le cortège « en solidarité avec les lycéens et les étudiants qui souffrent de la casse et de l’austérité imposée », elle qui travaille dans une « école d’élite où nous ne souffrons pas d’un manque de moyens ».
11h13
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé, dans une lettre ouverte consultée par Le Parisien ce matin, l’ouverture des mairies d’arrondissement pour faciliter la mobilisation des lycéens et étudiants. « À Paris, nous ouvrirons les mairies pour que vous puissiez vous réunir, débattre et organiser démocratiquement votre mouvement », déclare l’élu.
« Les maisons du peuple, que sont les mairies d’arrondissement, vous seront donc ouvertes, a-t-il confirmé. On ne peut pas déplorer l’absence d’organisation de cette jeunesse qui lutte et dans le même temps fermer les lycées et les lieux où les Assemblées générales se tiennent. »
L’édile socialiste en a profité pour ajouter que « Paris sera toujours le soutien de celles et ceux qui réclament les moyens de leur émancipation ». Selon les informations du Parisien, l’objectif est de pouvoir concrétiser l’initiative « dès ce soir ou demain ».
« Le gouvernement laisse pourrir la situation en mettant en danger les lycéens », dénonce Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes Communistes
11h05
Le chef des députés socialistes à l’Assemblée, Boris Vallaud, vient d’annoncer sur RMC que son groupe va déposer une proposition de loi contre l’utilisation d’armes mutilantes ou de « pratiques brutales » lors de manifestations impliquant des mineurs. La police ne doit plus avoir recours à « l’utilisation de grenades de désencerclement, de LBD ou de pratiques brutales comme l’étranglement », explique le socialiste.
Un drame de plus, un drame de trop. On ne répond pas à des revendications lycéennes en lançant des grenades !
Le Ministre de l’Intérieur doit s’expliquer devant la représentation nationale sur les consignes données à ses équipes sur le terrain.
Les @socialistesAN demandent son… https://t.co/CNecSP4fR7
10h55
L’Union syndicale lycéenne affirme que 1 800 lycées sont bloqués ce matin, par « des manifestations ou fermés d’office par l’Éducation nationale ». Sur Instagram, l’USL poursuit : « Nos camarades ont recensé 90 % de facs bloquées. La lutte continue jusqu’à la victoire ».
1800 lycées a l’arrêt : l’acte III est une journée noire historique
L’USL recense aujourd’hui 1800 lycées bloqués, sujets à des manifestations ou fermés d’office par l’Education nationale. Le niveau de la mobilisation atteint un nouveau record.
Notre communiqué : pic.twitter.com/Jb1WLu4rtk
10h40
C’est un scandale
Le ministre de l’Intérieur assure sur France Inter que les interventions des policiers s’effectuent dans « la plus grande proportionnalité » depuis le début du mouvement lycéen, alors que dix enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. « J’assume de dire que, quand il y a des troubles, il doit y avoir une intervention », ajoute Laurent Nuñez.
Par rapport aux adolescents blessés gravement, le ministre estime qu’ils « se provoquent dans des contextes que l’on n’a pas le droit d’ignorer ». Il ajoute : « Je n’ai pas à présenter des excuses » aux lycéens blessés lors des interventions policières, « il y a des enquêtes judiciaires en cours, on verra si les responsabilités sont confirmées ou pas ».
Des lycéens qui perdent des mains et des yeux, plus de 5 000 arrestations… À quoi joue la police et pourquoi Laurent Nunez ne réagit pas
10h31
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réuni pour la seconde fois ce matin, à 9 heures, l’ensemble des procureurs généraux en visioconférence. Tous ont réalisé un point sur la mobilisation nationale des lycéens et étudiants.
Et l’ex-ministre de l’Intérieur est resté fidèle à son logiciel répressif, remerciant « les procureurs généraux et à travers eux, l’ensemble des procureurs et des parquetiers pour la mise en œuvre de sa politique pénale, en particulier la fermeté de la réponse pénale et l’engagement de la responsabilité civile des parents de mineurs délinquants ».
Le ministre de la Justice a prévu « d’écrire à l’ensemble des présidents de région pour les informer qu’ils peuvent se constituer partie civile en cas de dégradations de bien, comme Valérie Pécresse l’a initié à la région Île-de-France », précise son entourage.
Des lycéens qui perdent des mains et des yeux, plus de 5 000 arrestations… À quoi joue la police et pourquoi Laurent Nunez ne réagit pas
Les lycéens sont de nouveau appelés à se mobiliser ce mardi pour défendre leur droit à une éducation de qualité malgré les manœuvres du gouvernement. Partie d’Île-de-France le 28 septembre, la mobilisation gagne toute la France.
Les principales revendications portent sur la question des moyens humains pour faire face aux classes surchargées et au non-remplacement des professeurs absents et celle de la qualité du bâti. Certains établissements peinent à fonctionner en période de canicule ou sont froids l’hiver. Les lycéens réclament également l’abrogation de Parcoursup, outil de sélection d’entrée à l’université particulièrement opaque et discriminant socialement.
Depuis la semaine dernière, le mouvement ne s’arrête pas. 589 lycées étaient perturbés, ce lundi 5 octobre, selon le décompte du Ministère de l’Éducation nationale.
Le gouvernement a fait fermer de nombreux lycées pour tenter d’enrayer le mouvement et invite les enseignants à organiser des cours en distanciel – comme du temps de l’épidémie de Covid -, soumis à un contrôle de l’assiduité.
La question de la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement Lecornu est posée. Lundi à Lens, un lycéen a perdu sa main, arrachée par une grenade de désencerclement. Un autre a perdu un œil le 30 septembre, à Tours, après qu’un policier a fait usage de LBD.
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Fonte: L'Humanité