« On a besoin de moyens, on nous envoie des cow-boys » : après les affrontements à Saint-Pierre-des-Corps, retour dans un quartier abandonné par l’État

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Por Anthony Cortes — L'Humanité

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Après les affrontements survenus à la Rabaterie dans la nuit du 19 au 20 septembre, entre des jeunes et les forces de l’ordre à la suite d’une violente collision entre une voiture de police et un jeune à moto, c’est tout un quartier qui déplore son abandon total de la part des pouvoirs publics.

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Leur repère, c’est un bout de bitume. Ils sont trois. Mouss, Hakim et « Lolo », la petite vingtaine, assis sur un muret qui délimite le parking du centre commercial de la Rabaterie. Ou plutôt ce qu’il en reste. Derrière eux, au pied des tours de ce quartier populaire de Saint-Pierre-des-Corps, limitrophe de Tours (Indre-et-Loire), la plupart des grilles des commerces sont baissées ; elles n’ouvrent plus depuis longtemps.

« Boucherie, pizzeria, taxiphone, discount, médecin, cardiologue, coiffure, électroménager, optique », lit-on sur la façade. Des vestiges. À la suite, tagué, on peut aussi lire « point de deal », accompagné d’une flèche. « Ça, ça tourne bien par contre », se marre Mouss.

Du menton, il désigne la zone du Grand Mail, à une centaine de mètres. Face à lui, Lolo ne dit pas un mot. Il prend une gorgée dans la canette qu’ils partagent, enfourche sa moto de cross, revient. À leurs pieds, du goudron noirci, brûlé. Les traces d’une nuit d’affrontements. C’était il y a trois semaines.

« Le Far West ! » s’exclame une mère de famille pour décrire cette nuit du 19 au 20 septembre. Elle traîne son chariot de courses derrière un arrêt de bus dont il ne reste que la structure, réajuste son voile, et se souvient : « Ça pétait de partout, des voitures brûlaient, la police fonçait dans le tas, les jeunes couraient partout… » Dix policiers ont été blessés.

À l’origine de cette flambée, un « accident » ou une « agression », selon le point de vue : quelques heures plus tôt, sur ce même parking, le deux-roues d’Adjel,…

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